73e anniversaire de la libération de la ville d’Evreux et annonce de la construction d’une statue du Général

73e anniversaire de la libération de la ville d’Evreux et annonce de la construction d’une statue du Général

À l’occasion du 73e anniversaire de la libération de la ville d’Evreux, le président de la Fondation Charles de Gaulle Jacques Godfrain était présent le dimanche 20 août 2017 à Evreux à l’invitation de son maire Guy Lefrand afin d’annoncer un projet commun de construction d’une statue à l’effigie du général de Gaulle.

« Alors que la place du général de Gaulle sera entièrement rénovée dans le cadre de l’aménagement du centre-ville, nous souhaitons que cet espace important d’Evreux – avec la mairie, le théâtre, le Beffroi et la Médiathèque – mette en lumière l’Histoire de notre ville » a déclaré Guy Lefrand, maire d’Evreux. « Nous voulons pérenniser la mémoire de l’action du Général au service de la Normandie, alors que les communes et les habitants de notre région furent durement éprouvés pendant la Libération. C’est aussi la raison pour laquelle nous faisons cette annonce aujourd’hui aux côtés de la Fondation – que je tiens à remercier tout particulièrement. »

Guy Lefrand
Maire d’Evreux
Président d’Evreux Portes de Normandie

 

 

 

« Le général de Gaulle a incarné la France. Édifier une statue à son image, c’est non seulement faire rayonner la ville d’Evreux mais aussi la France. Ce sont ces édifices qui donnent force et sens à notre ambition pour la nation aujourd’hui. Le Chef de la France libre prend toute sa place dans la mémoire de nos compatriotes, à la fois référence et point d’ancrage. Au nom de la Fondation Charles de Gaulle, je remercie l’initiative de la ville d’Evreux et celle de son maire, Guy Lefrand, qui offrira un signe visible de la place éminente de Charles de Gaulle dans notre mémoire communale et nationale. Puisse cette statue être le souvenir des heures historiques où Evreux a retrouvé sa liberté. »

 

Jacques Godfrain
Président de la Fondation Charles de Gaulle
Ancien ministre

 

 

 

LA STATUE À L’EFFIGIE DU GÉNÉRAL DE GAULLE
L’œuvre sera installée sur la place de l’hôtel de ville d’Evreux, qui porte le nom du général de Gaulle depuis 1944, l’année de sa visite officielle dans la cité ébroïcienne. Parallèlement au lancement de la collecte de fonds, un appel à candidatures sera lancé pour la conception et la réalisation de la statue par un artiste. Le général de Gaulle sera représenté en uniforme militaire.

 

 

UNE CONVENTION BIENTÔT SIGNÉE
Réunis à l’occasion de l’anniversaire de la Libération d’Evreux, Guy Lefrand et Jacques Godfrain ont affirmé leur intention de signer en octobre une convention de partenariat pour réaliser ce projet.

 

 

PARUTIONS DANS LA PRESSE

 

 

Exposition « Les voyages du général de Gaulle en Charente-Maritime »

Exposition « Les voyages du général de Gaulle en Charente-Maritime »

Le 20 juillet, en partenariat avec le Conseil départemental de la Charente-Maritime et les Archives départementales, la Fondation Charles de Gaulle a inauguré une exposition consacrée aux voyages du général de Gaulle en Charente-Maritime en présence de Dominique Bussereau, président du Département de la Charente-Maritime et président de l’Assemblée des départements de France (avec laquelle la Fondation Charles de Gaulle a signé une convention de partenariat), Jacques Godfrain, président de la Fondation Charles de Gaulle et Louis-Gilles Pairault, archiviste-paléographe, conservateur en chef du patrimoine et directeur des Archives départementales de la Charente-Maritime.

Cette exposition, qui insiste sur le lien entre de Gaulle et les Français, est à découvrir du 7 juillet au 6 octobre 2017 aux Archives départementales de la Charente-Maritime.

➪ Plus d’informations à l’adresse suivante.

 

INAUGURATION DE L’EXPOSITION LE 20 JUILLET 2017

Commémoration du voyage officiel du général de Gaulle au Québec en juillet 1967

Commémoration du voyage officiel du général de Gaulle au Québec en juillet 1967

Le lundi 24 juillet 2017, la Fondation Charles de Gaulle a eu l’honneur et le plaisir d’accueillir Madame Line Beauchamp, déléguée générale du Québec à Paris et représentante personnelle du Premier ministre pour la Francophonie. Cette commémoration franco-québécoise a été l’occasion de revenir sur l’amitié franco-québécoise, de célébrer le cinquantième anniversaire du voyage du Général au Québec, d’aborder la situation actuelle de la francophonie et son développement et d’envoyer un message fort à destination de la jeunesse.

Allocution de Madame Line Beauchamp, déléguée générale du Québec à Paris et représentante personnelle du Premier ministre du Québec pour la Francophonie, le 24 juillet 2017

Dans le cadre du cinquantième anniversaire de la visite au Québec du Général Charles de Gaulle en 1967 Fondation Charles de Gaulle, Paris, le 24 juillet 2017

Monsieur le Président de la Fondation Charles de Gaulle, Jacques Godfrain,

Madame la Secrétaire générale de l’Office franco-québécois pour la jeunesse, Marianne Beseme, Monsieur le représentant de l’Ambassade de Chine en France, Yu Jiang,

Monsieur le Président de la Fédération France-Québec/francophonie, Dominique Rousseau, Mesdames et Messieurs membres du conseil d’administration de la Fondation Charles de Gaulle, Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis ici aujourd’hui à l’invitation du président de la Fondation Charles de Gaulle, M. Jacques Godfrain, pour commémorer le 50e anniversaire de la visite au Québec du général de Gaulle en 1967.

Je remercie la Fondation pour cette initiative et je tiens à vous dire que c’est un grand plaisir pour moi d’être parmi vous.

Un grand plaisir aussi pour mes collègues de la Délégation générale du Québec à Paris qui m’accompagnent et qui ont à cœur, au quotidien, de promouvoir et de développer les liens uniques qui lient le Québec et la France.

Votre fondation, M. Godfrain, s’applique à entretenir la mémoire de l’Homme du 18 juin et à faire rayonner son exemple en France et à l’étranger, en particulier auprès des jeunes générations.

La pensée et l’action du général de Gaulle sont toujours des repères. Les références à ce grand personnage lors des dernières campagnes électorales en France – les primaires, la présidentielle et les législatives – en sont la preuve.

Pour les Québécoises et les Québécois, le nom du général de Gaulle est intimement lié à la volonté d’affirmation du Québec.

La relation directe et privilégiée qu’entretiennent nos deux peuples, une relation unique qui porte des ambitions communes, est d’abord le fait d’une volonté politique que le général de Gaulle a incarnée avec un engagement personnel qui trouva son écho outre-Atlantique.

Au tout début des années 60, le Québec vivait une transformation sociale et politique, appelée la Révolution tranquille, qui changeait la vision qu’il avait de la France et, réciproquement, la vision que la France avait du Québec.

Le Québec mesurait l’importance de s’allier aux autres francophones, notamment à la France, pour assurer son développement en français. La France voulait resserrer ses liens avec les « Français du Canada » en pleine phase d’affirmation linguistique, culturelle et politique.

En octobre 1961, lorsque le général de Gaulle, à titre de président de la République française, reçoit à l’Élysée, avec tous les honneurs d’un chef d’État, le premier ministre du Québec de l’époque, Jean Lesage, accompagné de ses ministres Georges-Émile Lapalme, Paul Gérin-Lajoie et René Lévesque, les gouvernements du Québec et de la République française scellent leur volonté de se rapprocher pour travailler ensemble au bien-être de leurs peuples.

C’est au cours de cette visite que le premier ministre inaugurera, en présence du ministre français de la Culture André Malraux, la Maison du Québec à Paris, rue Barbet-de-Jouy. Quelques années plus tard, la Maison du Québec deviendra délégation générale, et lui seront accordés les privilèges et immunités diplomatiques analogues à ceux octroyés aux pays signataires de la Convention de Vienne.

Ce mois d’octobre 1961 marque le point de départ d’une relation bilatérale unique en son genre et, dans cette ère de grande effervescence appelée Révolution tranquille, le début de l’action internationale du Québec. Par-delà la relation franco-québécoise, c’est aussi la Francophonie qui est pensée et dessinée.

Dès 1965, le Québec signera avec la France ses premières ententes internationales, une dans le domaine de l’éducation et une autre en culture. Ces premières ententes négociées et conclues directement l’ont été selon le principe du « prolongement international des compétences internes du Québec », le fondement de la doctrine Gérin-Lajoie, qui a fêté ses 50 ans en 2016 et qui régule encore aujourd’hui toutes les relations internationales du Québec. Depuis, 700 autres ententes ont été conclues avec près de 80 pays et États fédérés.

Ce rapprochement avec la France a également joué un rôle central dans la création et le développement d’institutions francophones comme l’AUF [Agence universitaire de la Francophonie], dont le siège est à Montréal, l’APF [Assemblée parlementaire de la Francophonie], dont la présidence vient d’être confiée au président de l’Assemblée nationale du Québec, l’ACCT [Agence de coopération culturelle et technique], l’ancêtre de l’OIF [Organisation internationale de la Francophonie], qui fut dirigée dès sa création en 1970 par le Québécois Jean-Marc Léger, ou encore l’AIMF [Association internationale des maires francophones], créée par les maires de Paris et de Québec…

En 1977, les premiers ministres René Lévesque et Raymond Barre ont instauré les « rencontres alternées » dirigées par les premiers ministres. Depuis, les deux chefs de gouvernement se réunissent régulièrement pour traiter des enjeux de l’heure et se donner un agenda commun.

Cette relation « directe et privilégiée » est toujours au centre de l’action que mène le Québec dans le monde, tant sur un plan bilatéral que multilatéral, notamment au sein de l’espace francophone. Récemment, le Gouvernement du Québec a adopté sa nouvelle politique internationale, Le Québec dans le monde : s’investir, agir, prospérer. Il y réitère notamment que la France, alliée naturelle du Québec, constitue le principal partenaire international de la coopération multisectorielle québécoise.

La dernière rencontre alternée s’est tenue à Québec, en octobre dernier, sous la gouverne de messieurs Valls et Couillard. Avec plusieurs de leurs ministres, ils ont arrêté les thèmes prioritaires de la coopération pour les prochains mois.

Au cœur de ces priorités, il y a toujours la promotion de la langue française et de la diversité des expressions culturelles. Il s’agit d’engagements nationaux mais aussi internationaux, notamment au sein de la Francophonie et dans cet univers numérique qui modifie la création, la production et la diffusion des biens et services culturels.

Nos gouvernements ont à cœur de créer des emplois et d’assurer la prospérité à toutes et à tous.

Cette prospérité ne peut toutefois être durable sans lutter contre les changements climatiques et sans engager une transition énergétique qui redéfinit nos modes de production, de consommation et de transport.

Cette prospérité n’aura aucun bienfait si elle ne contribue pas à façonner un monde plus juste et sécuritaire, fondé sur les droits et libertés de la personne, la lutte contre la radicalisation, la démocratie et l’État de droit.

Cette prospérité sera éphémère si elle ne s’appuie pas sur la solidarité et si elle ne place pas nos générations futures au centre de cet avenir que l’on veut meilleur.

C’est pourquoi, au cœur de nos préoccupations communes, il y a la jeunesse et la nécessité de relever, pour elle et avec elle, les grands défis que sont la citoyenneté, l’insertion sociale et professionnelle, la formation et l’emploi pour un développement durable et inclusif.

En matière d’éducation et de jeunesse, l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) est un acteur majeur de notre coopération bilatérale qui fêtera ses 50 ans d’existence l’année prochaine. Son action a permis à plus de 170 000 jeunes de se déplacer vers le Québec ou vers la France depuis 1968, à la recherche d’un stage, d’une formation, d’un emploi.

2018 sera aussi le 50e anniversaire de la Fédération France-Québec/francophonie et de ses 60 associations réparties sur l’ensemble du territoire français. Ses 3 400 membres issus de la société civile font vivre le Québec en France et incarnent l’amitié franco-québécoise.

Commémorer la visite du général de Gaulle en juillet 1967, c’est rappeler ce lien étroit entre les peuples français et québécois, tissé par l’histoire et constamment renouvelé.

1967, c’était l’année de l’Exposition universelle à Montréal. Cette année-là, avec les pavillons des nations de l’exposition, les Québécois avaient, pour la première fois, le monde à leur porte.

Le passage du général de Gaulle dans les villes et villages du Québec, en ce juillet 1967, a été le moment d’expression d’une réelle affection et d’une grande fierté. Le général de Gaulle rencontrait le peuple canadien-français, qui avait soif de reconnaissance.

Une semaine après le passage du général de Gaulle, René Lévesque écrivait dans une lettre adressée à son ancien premier ministre Jean Lesage : « sa visite a été dans l’ensemble une formidable injection de fierté et, surtout, la plus belle occasion que nous ayons jamais eue de briser notre isolement, de sentir que notre langue et sa culture, bien loin d’être des vieilleries déclinantes, font partie d’un grand ensemble qui, même s’il n’est pas le plus gros, a autant de vie et de santé que tous les autres dans le monde d’aujourd’hui ».

Son discours à l’hôtel de ville de Montréal, particulièrement sa dernière phrase, a braqué les yeux du monde sur le Québec. Le général avait le sens de la formule… D’ailleurs, plusieurs rappellent qu’il a fallu créer un nouvel idéogramme en mandarin pour parler du Québec.

Ingérence inadmissible pour les uns, vision prémonitoire pour d’autres, plusieurs ont fait l’exégèse de ce discours, de nombreux ouvrages et colloques y ont été consacrés. Je ne me risquerai pas, devant des spécialistes de l’œuvre du général de Gaulle, de sonder ses intentions ou motivations de l’époque.

Je peux affirmer toutefois que ce voyage du général de Gaulle aura marqué la nation québécoise qui, depuis, se construit, prospère et assume, en toute liberté, sa place en Amérique et dans le monde.

Le 1er juin dernier, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a dévoilé la Politique d’affirmation du Québec et de relations canadiennes.

Il a déclaré :

« Les Québécoises et les Québécois sont le reflet de ce que nos ancêtres nous ont transmis : le seul État majoritairement francophone d’Amérique, avec une culture propre et, aussi, une tradition civiliste; une nation démocratique, libre de ses choix et ouverte sur le monde; une nation inclusive, enrichie par les Québécoises et les Québécois d’expression anglaise dont les actions et les institutions ont contribué à notre développement d’hier à aujourd’hui.

Une nation qui reconnaît pleinement l’apport des onze nations autochtones présentes sur son territoire; une nation qui réunit les talents de celles et ceux qui ont choisi de s’établir au Québec pour ainsi contribuer à notre prospérité collective et au progrès de notre société distincte.

[…] Pour nous, cette fédération dont on célèbre le 150e anniversaire est née d’un pacte entre deux peuples fondateurs qui, depuis sa naissance, aurait dû obligatoirement inclure les Premières Nations. Cette vision d’un pacte historique entre les peuples demeure la nôtre. Et elle le restera. Le Canada se distingue par sa diversité. Cette diversité au-delà des individus doit aussi être celle des nations. »

Monsieur le Président,

Nombre de ces talents qui choisissent de s’établir au Québec sont Français. Ils viennent étudier dans nos écoles et universités. Ils viennent y faire un stage, y travailler. Plusieurs s’y installent, fondent une famille et contribuent à faire le Québec d’aujourd’hui et de demain.

Le Québec et la France, côte-à-côte, travaillent ensemble pour relever les défis contemporains et assurer un développement durable pour eux et pour le monde.

La relation directe et privilégiée, c’est porter ensemble un regard sur l’avenir et nourrir des ambitions communes.

C’était, je crois, le sens profond de l’engagement du général de Gaulle à l’égard du Québec. Il mérite notre reconnaissance et notre admiration.

Je vous remercie.

 

En cette commémoration de l’anniversaire des cinquante ans du voyage de 1967, nous rappelons la publication La dette de Louis XV, ouvrage érudit et passionné de Christophe Tardieu, directeur général du CNC et québécophile convaincu. La Fondation Charles de Gaulle entretient également un partenariat avec le Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ). À ce sujet, une délégation présidée par le professeur Jean-Paul Bled du Conseil scientifique de la Fondation a participé à un colloque au Québec en mai 2017.

Quelques articles d’analyse du cinquantième anniversaire du voyage de Charles de Gaulle au Québec parus dans la presse :
http://www.lefigaro.fr/histoire/archives/2017/07/24/26010-20170724ARTFIG00043-vive-le-quebec-libre-lancait-de-gaulle-il-y-a-50-ans.php
http://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Gaulle-Vive-Quebec-libre-parole-premeditee-2017-07-24-1200864998
http://www.rfi.fr/ameriques/20170720-vive-quebec-libre-gaulle-50-ans-independance-historique-montreal
http://www.lapresse.ca/actualites/201707/23/01-5118530-le-quebec-souligne-le-50e-anniversaire-de-la-visite-du-general-de-gaulle.php
http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/vive-le-quebec-libre-il-y-a-50-ans-les-mots-de-de-gaulle-entraient-dans-l-histoire-7789473735

Décès de l’écrivain et historien Max Gallo

Décès de l’écrivain et historien Max Gallo

La Fondation Charles de Gaulle a appris avec tristesse la disparition de Max Gallo. Celui qui a connu plusieurs vies : académicien, historien, romancier, essayiste, biographe, homme politique… s’est éteint à l’âge de 85 ans le mercredi 19 juillet 2017. Max Gallo, en plus de ses nombreux ouvrages émérites sur la vie du général de Gaulle, avait rejoint la Convention de la Fondation Charles de Gaulle en janvier 2006.

Liste des ouvrages de Max Gallo à ne pas manquer sur Charles de Gaulle :

  • Biographie De Gaulle en quatre tomes :

Tome I. : L’Appel du destin (1890-1940), Robert Laffont, 1998
Tome II. : La Solitude du combattant (1940-1946), Robert Laffont, 1998
Tome III. : Le Premier des Français (1946-1962), Robert Laffont, 1998
Tome IV. : La Statue du commandeur (1963-1970), Robert Laffont, 1998

  • Album De Gaulle, les images d’un destin, avec le témoignage d’Yves Guéna, Le Cherche midi, 2007
  • Le Général est cité dans d’autres ouvrages tels que : la série des cinq tomes Une histoire de la 2e guerre mondiale, XO, 2010-2012 ou encore L’Âme de la France : Une histoire de la Nation des origines à nos jours, Fayard, 2007.
Visite du Chef d’état-major de l’Armée de Terre

Visite du Chef d’état-major de l’Armée de Terre

Le mercredi 12 juillet 2017, le général Jean-Pierre Bosser, Chef d’état-major de l’Armée de Terre, accompagné des généraux de division Bernard Barrera et Vincent Guionie, a visité le bureau du Général et a signé le Livre d’or à la Fondation Charles de Gaulle. Cette visite a été l’occasion d’évoquer les actions de la Fondation en direction de la jeunesse, en partenariat avec le ministère de la Défense et les armées.

Xe Congrès de l’Association française de droit constitutionnel

Xe Congrès de l’Association française de droit constitutionnel

Du 22 au 24 juin 2017, la Fondation Charles de Gaulle était le partenaire du dixième Congrès français de Droit constitutionnel, organisé par l’Association française de Droit constitutionnel, l’Université de Lille Droit et Santé, le Centre de Recherche Droits et Perspective du Droit de Lille (CRDPD) et Sciences Po Lille. La Fondation a notamment participé aux séances d’ouverture et de clôture du congrès à Lille.

Discours d'introduction par Jacques Godfrain, Président de la Fondation Charles de Gaulle, le 22 juin 2017 à l'Université de Lille Droit et Santé

Messieurs les Présidents, Mesdames et Messieurs les professeurs, Mesdames et Messieurs,

 

C’est pour moi un grand honneur mais surtout une tâche fondamentale que de vous accueillir aujourd’hui à Lille, ville natale du Général, au nom de la Fondation Charles de Gaulle. Lillois de Paris, Charles de Gaulle a en effet vu le jour dans cette maison de la rue Princesse, au cœur du « vieux Lille », maison qui vous accueillera quand viendra le moment de conclure ce colloque, et son esprit continue à veiller sur les destinées constitutionnelles de notre pays, auxquelles il a apporté une orientation décisive.

La Fondation Charles de Gaulle existe depuis 1990 en tant que telle, mais procède de l’Institut Charles de Gaulle, lui-même fondé en 1971, avec l’assentiment du Général, donné peu avant sa disparition. Sa mission est de conserver et de défendre l’héritage gaullien, par plusieurs vecteurs, l’action à l’étranger, où le nom de de Gaulle continue de résonner et d’incarner notre pays, comme nous avons pu le constater récemment en Chine et au Liban, auprès du grand public, à travers des expositions ou des pièces de théâtre, l’action avec les jeunes, notre partenariat avec l’Éducation nationale étant ancien, solide et dynamique, et l’action universitaire, qui m’amène ici devant vous. Depuis plusieurs années, notre conseil scientifique, présidé par Arnaud Teyssier, lequel succède à d’illustres devanciers, Gilles Le Béguec ou Maurice Vaïsse, travaille sur l’histoire de l’œuvre gaullienne sous tous ses aspects, qu’il s’agisse d’histoire politique, d’histoire des politiques publiques ou d’histoire des relations internationales. Plus récemment, nous avons ouvert un cycle visant à porter une réflexion sur ce qui reste de l’héritage gaullien dans les grandes orientations actuelles de notre pays, cycle que nous avons ouvert par une réflexion sur les enjeux de défense, et que nous poursuivrons l’an prochain par une réflexion sur la place de la France dans le monde.

Cette réflexion sur les enjeux de Défense s’est d’ailleurs avérée très fructueuse, et m’amène au sujet qui nous réunit aujourd’hui. C’est en effet dans le contexte de la Guerre d’Algérie que se met en place la constitution de la Ve, et ce sont en grande partie les enjeux militaires qui amènent le Général à « modeler » les institutions à sa mesure. Pour mémoire, c’est le décret du 14 janvier 1964 sur les forces aériennes stratégiques qui donne de fait au président le contrôle de la dissuasion, et définit par conséquent le fameux « domaine réservé » : certains parlementaires de l’opposition s’offusquent d’ailleurs à l’époque d’un décret jugé « inconstitutionnel », y compris certains qui y trouveront par la suite de nombreuses vertus.

Pour autant, face aux multiples procès en légitimité qui sont actuellement intentés à la Ve République, contre la critique classique selon laquelle il s’agirait d’une constitution faite par et pour le Général, je voudrais me borner à rappeler quelques idées simples.

La première est que la Ve République, si je puis me permettre l’expression, ne tombe pas du ciel en 1958. Si de Gaulle en formule les prémisses dans les discours de Bayeux mais aussi, et surtout, d’Épinal, la Ve République a sa généalogie propre, elle réconcilie deux traditions constitutionnelles françaises, une parlementariste, et une plus exécutive. On l’oublie trop souvent, mais l’une des références du Général de Gaulle réside dans les textes constitutionnels de 1875, ceux qui, avant la crise du 16 mai 1877 et la constitution Grévy, avaient constitué un point d’accord pour une Assemblée réunissant des sensibilité très différentes. En un sens, la longévité de la Ve République peut s’expliquer par la synthèse qu’elle représente entre ces différentes histoires.

Ce serait également oublier un moment clé de naissance du gaullisme, l’effondrement de 1940. Être gaulliste, disait Pierre Messmer, c’est avoir vécu cette débâcle et être déterminé à ne jamais la revivre. De Gaulle appartenait à la génération qui connaissait Agathon : pour ne pas être vaincu, il fallait des institutions fortes. L’ordonnance du 9 août 1944 se fonde sur l’irrégularité de le loi constitutionnelle du 10 juillet 1940, et certaines dispositions constitutionnelles, notamment sur la procédure de révision, en découlent.

Ce serait enfin oublier tout ce que cette constitution de 1958 doit, sinon à la IVe République, du moins aux efforts que quelques uns de ses praticiens ont consenti pour tenter de la réformer : des réformes avortées de Félix Gaillard sur les conditions de renversement d’un Gouvernement au célèbre article 49.3 voulu par Guy Mollet plus que par Michel Debré, ce sont les impasses d’un parlementarisme absolu qui ont pavé le chemin de la Ve République. Nous pouvons parler de synthèse gaullienne, c’est tout cet héritage qui nourrit la pensée du général et ses choix en 1958 : il s’agit, quelque part, de referme en France le cycle des querelles constitutionnelles. La belle exposition préparée par la Fondation, que vous pouvez admirer à la porte de cet amphithéâtre, le souligne, notamment en montrant la présence bienveillante de René Coty le 8 janvier 1959 aux côtés de Charles de Gaulle investi Président de la République.

D’autre part, si nous célébrerons l’an prochain les 60 ans du texte de 1958, il serait faux de voir cet texte comme figé, intangible dans l’esprit même du Général, qui parle de les « modeler » : si la Ve repose sur des compromis initiaux, comme le retour au scrutin majoritaire, il s’agit aussi et surtout d’une régime vivant, évolutif. Les réformes de 1962 et le décret de 1964 ne font qu’approfondir une des voies que le texte de 1958 laisse ouvertes, tout en continuant à soumettre l’action gouvernementale à un strict contrôle parlementaire. De même, il faudra un jour réhabiliter la proposition de réforme de 1969 : derrière la réforme emblématique du Sénat, qui phagocyte la campagne référendaire, il existe une véritable « étape locale de la Ve République », laquelle, du fait de l’échec, n’interviendra que plus tard. L’équilibre est à trouver entre cette souplesse et la nécessité de rester fidèle aux principes fondamentaux. A partir de quand pourra-t-on considérer que ceux-ci sont touchés ou mis en danger ? C’est là à mon avis le cœur de la réflexion des mois à venir, réflexion à laquelle la Fondation compte bien apporter sa pierre. La logique d’un système institutionnel doit lui permettre de survivre, d’évoluer sans céder aux modes.

Je voudrais enfin souligner une dernière idée, qui sera centrale dans le colloque que nous tenterons de proposer l’an prochain, quand il s’agira de célébrer les 60 ans du texte constitutionnel, et à laquelle Arnaud Teyssier et Frédéric Fogacci travaillent actuellement. La Ve République, en permettant la décision, en responsabilisant l’électeur, aussi, via le scrutin majoritaire, en donnant de la stabilité et du temps à l’exécutif, a permis la mise en place de grands compromis implicites mais durables. Alors que l’instabilité de la IVe République avait de fait conduit certains hauts-fonctionnaires, bénéficient de leur permanence aux affaires, à gérer de fait certains secteurs, la Ve République permet une forme de remise en marche de la haute-administration, de nouveau mise au service d’un Etat fort et capable de mener une stratégie sur le moyen terme. De même, la politique sociale française est aussi profondément liée à ce modèle de stabilité, l’alternance fonctionnant sur l’acceptation des héritages précédents. La politique étrangère d’indépendance est également la conséquence de nos institutions : le Président français est aujourd’hui, par l’étendue de ses pouvoirs, capable de décider rapidement, ce qui lui ménage de fait une place dans le « club » des grands décideurs de la planète.

Au moment d’ouvrir vos travaux, que je souhaite fructueux, stimulants, iconoclastes aussi, le Général ne s’en serait certainement pas offusqué, mais conscients de l’héritage que représente cette exception constitutionnelle française, il me reste l’agréable devoir de remercier ceux qui ont rendu ce beau colloque possible, le Professeur Emmanuel Cartier et M. Gilles Toulemonde, de l’Université Lille II, M. Le président Jean-René Lecerf, du conseil départemental du Nord, M. Xavier Bertrand, Président de la Région des Hauts de France, et leurs services, Mme Marie Lefèbvre, directrice adjointe de la Maison natale, et tous ceux qui, à la Fondation, se sont investis dans cette aventure, l’Amiral Barrère, le Colonel Braunecker-Becker, Frédéric Fogacci, Arnaud Teyssier, Alain Laquièze, et à m’approprier dans un autre contexte, la formule de Bolivar : « Messieurs, commencez vos travaux, j’ai fini les miens ! »

Je vous remercie.

Photos de la séance d’introduction du congrès le jeudi 22 juin 2017 :

 

Le samedi 24 juin 2017, à l’occasion de la clôture de cette dixième édition du Congrès français de Droit constitutionnel, la Fondation Charles de Gaulle et la Maison natale de Charles de Gaulle à Lille ont organisé une conférence sur les origines de la Ve République. Cette conférence, tenue devant plus de 80 experts et universitaires du Droit constitutionnel venus de France, d’Europe et d’Afrique, a permis d’aborder la figure constitutionnaliste et militaire du général de Gaulle, qui connaissait intimement l’histoire politique et administrative de la France.

CONFÉRENCE : « D’OÙ VIENT LA CINQUIÈME RÉPUBLIQUE ? ORIGINES DE LA PENSÉE CONSTITUTIONNELLE DE CHARLES DE GAULLE »

Intervenants :

• Frédéric Fogacci, Directeur des études et de la recherche à la Fondation Charles de Gaulle
• Jean-Félix de Bujadoux, Chargé de conférence à Sciences Po Paris
• David Bellamy, Maître de conférences à l’Université de Picardie Jules-Verne d’Amiens

 

Retour en images :

 

La Fondation Charles de Gaulle tient particulièrement à remercier le Professeur Emmanuel Cartier et Monsieur Gilles Toulemonde de l’Université Lille Droit et Santé, Monsieur Jean-René Lecerf, Président du Conseil départemental du Nord, Monsieur Xavier Bertrand, Président de la Région Hauts-de-France, et Madame Marie Lefebvre, Directrice adjointe de la Maison natale de Charles de Gaulle à Lille.

 

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