Visite d’étude du réseau Bosch Alumni

Visite d’étude du réseau Bosch Alumni

Dans le cadre d’un voyage d’étude sur l’élection présidentielle française, l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg (Deutsch-Französisches Institut) a organisé la visite d’une délégation de journalistes au sein de la Fondation Charles de Gaulle le jeudi 4 mai 2017, au nom du réseau Bosch Alumni et avec le soutien financier de la Fondation Robert Bosch. « Comprendre ce que signifie le gaullisme aujourd’hui et aborder le rôle du général de Gaulle comme référence incontournable dans le débat français », tel a été l’enjeu de la visite.

Cette rencontre avec la presse a ainsi été l’occasion d’évoquer les fondamentaux du gaullisme. Rappelant son caractère neutre et non-partisan en ce contexte électoral, la Fondation a notamment insisté sur l’idée que les principes et raisonnements gaulliens sont plus que jamais d’actualité. Ces derniers pourront en effet s’avérer particulièrement utiles au rayonnement de la France après le second tour de la présidentielle française de 2017 – quelle qu’en soit l’issue – car comme l’a énoncé le Général : « puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera, tôt ou tard, source d’ardeurs nouvelles, après que j’aurai disparu ».

                                                                          

                                                                      

 

   

Tribune d’Yves de Gaulle

Tribune d’Yves de Gaulle

La Fondation est honorée de relayer ci-dessous la tribune d’Yves de Gaulle du 1er mai dernier, un salutaire retour aux fondements du Gaullisme :


Ça suffit !
Rappel aux gaullistes et aux autres


Charles de Gaulle, son mouvement, son action, son ambition pour la France appartiennent à l’histoire, c’est-à-dire à tout le monde. Mais Charles de Gaulle ne se divise pas, ne se bégaye pas, ne s’accommode pas des petites combines politiciennes, des arrangements électoraux et du partage en cuisine des postes, financements et privilèges. On n’insulte pas sa mémoire comme son héritage en le rabaissant au niveau de soi-disant disciples qui ont commis toutes les erreurs, accepté toutes les compromissions pourvu qu’elles les servent, et qui cachent leurs petites médiocrités sous l’étendard du gaullisme.

Et que dire de ceux qui l’ont toujours combattu, déchu de sa nationalité, condamné à mort pendant la guerre, cherché à le tuer plusieurs fois au début de la Cinquième République, vilipendé sa politique d’émancipation des peuples, de renouveau de la patrie, de la grandeur d’un État juste et conquérant ! Leur haine est toujours présente. Leurs disciples sont toujours là, qui n’ont pas changé. Ils sont la régression, la négation et l’exclusion. De Gaulle est une ambition pour chaque français, d’où qu’il vienne, parce qu’il sentait à chaque fois, au travers de tous les drames et oppositions, renaître en son âme la foi avec l’espérance : « peut-être le chemin que je montre à la nation est-il celui d’un avenir où l’État sera juste et fort, où l’homme sera libéré, où la France sera la France, c’est-à-dire grande et fraternelle » (conférence de presse du 12 novembre 1953). C’était avant la Cinquième République, ce n’étaient pas des propos de campagne électorale, mais c’est pour toujours dans ce mouvement de liberté qu’est le gaullisme, qui n’est ni un parti, encore moins un front. De Gaulle, c’est l’avenir dans l’ouverture aux autres, frontières économiques, peuples et pays, sans renier les intérêts du nôtre ; de Gaulle, c’est un État libre et fort, capable d’agir, de fixer les règles du jeu, de n’oublier personne au bord du chemin ; de Gaulle, ça rime avec les trois couleurs de notre drapeau et les devises de la République ! Dans cette campagne électorale où bien peu de l’essentiel n’a été abordé, que ceux qui se rallient où défendent le côté obscur de la France aient le courage d’assumer sans se cacher. Surtout pas derrière l’excuse d’un prétendu gaullisme ! Tout ne peut pas se dire ! Honte à ceux qui oublient, ou pire, dévoient le message de ce qui fut notre honneur !


Yves de Gaulle

Message du Président de la Fondation Charles de Gaulle

Message du Président de la Fondation Charles de Gaulle

Il y a tout juste 48 ans, le 27 avril 1969, le général de Gaulle quittait le Pouvoir, fidèle à sa promesse et respectueux du peuple souverain. À minuit dix, un communiqué annonçait : « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi ». Cette date anniversaire est l’occasion de revenir sur ce qui, aujourd’hui, constitue notre legs gaullien.

Notre héritage, pour quoi faire ? Aucun des onze candidats à l’élection présidentielle de cette année ne s’est privé, à un moment ou à un autre, de se référer au général de Gaulle.

On peut se féliciter de l’unanimité de cette popularité. Pourtant, faire appel à De Gaulle ne suffit pas pour laisser penser que l’on peut revendiquer son héritage sans faire la preuve des qualités qui s’y rattachent.

Le gaullisme est une pensée somme toute assez simple et accessible. Citer De Gaulle, c’est faire appel à sa stature, à son autorité morale, à sa clairvoyance.

Car derrière l’homme du 18 Juin et du sauvetage renouvelé de la République (1944, 1958, 1961…) résident des idées simples dans un monde compliqué. Tout le contraire d’une approche simpliste d’un sujet dont on ne saisit pas l’entière dimension…

D’abord les institutions. Sachant combien la France avait perdu son cap du fait de la navigation à vue du navire, le Général a construit un schéma instaurant un chef dont le pouvoir, s’il en est besoin, s’affranchit des contingences du temps présent grâce au rôle du Premier ministre et de contre-pouvoirs comme le Parlement. L’idée était de remettre les clés du système à un homme, détaché des coteries et des partis, qui puisse engager le pays vers les sommets, vers la Grandeur sans laquelle il perd le sens de son action pour se livrer à la médiocrité.

Ensuite la Défense, car tout pays doit inspirer le respect. De Gaulle l’avait senti dès la Grande Guerre. La puissance d’un pays réside dans l’adaptabilité de sa défense, sa capacité à prendre les devants, à surprendre, bref à appliquer le dicton du Cardinal de Retz : « Les lois désarmées tombent dans le mépris ». Mais pour décider des forces armées rapidement, quand l’ennemi ne les attend pas, pas encore, quand il faut cibler vite et fort, il faut un commandement réactif et rapide, justifié par une très forte légitimité. Or en démocratie, la légitimité, c’est le peuple qui la donne. Ce qui explique la nécessité de confier au chef de l’État la responsabilité suprême du commandement par le seul biais du suffrage universel.

Ajoutons à cela que se satisfaire de l’idée que le social c’est se limiter à la lutte contre le chômage, à la fixation de l’âge de la retraite ou aux heures hebdomadaires de travail me semble un peu indigent. La question sociale, c’est d’abord donner à l’individu sa totale plénitude et sa responsabilité dans son travail, susciter  son engagement personnel en situant son action au sein d’un dessein dépassant le seul échelon individuel. L’Homme ne peut être réduit à l’état de souris mécanique. La Participation, c’est cela. Elle n’a jamais été, à l’heure du numérique, si indispensable…

Enfin, tout pays ne rayonne dans le monde, comme c’est le devoir de la France de le faire, que s’il est exemplaire en matière de solidarité. Faire de la coopération, en décidant conjointement avec les pays pauvres des appuis financiers et économiques, c’est être en binôme décisionnel avec les pays moins chanceux que les nôtres. La marque d’un grand pays réside dans cette capacité à dépasser les égoïsmes nationaux pour promouvoir des échanges confiants et libres.

Je souhaite à chacun et chacune des candidats à l’élection présidentielle et aux élections législatives de se référer à ces quelques principes sans se contenter de l’incantation, par nature éloignée du message que, tous, nous avons hérité du Général.

Jacques Godfrain

Président de la Fondation Charles de Gaulle

Ancien Ministre

Mission d’enseignement à l’École supérieure des affaires de Beyrouth

Mission d’enseignement à l’École supérieure des affaires de Beyrouth

La première étape du projet d’Institut Charles de Gaulle du Liban, réalisé en partenariat avec l’Ambassade de France, l’École supérieure des affaires (l’ESA forme les dirigeants et les futurs cadres des entreprises implantées au Liban et dans les pays du Proche et du Moyen-Orient) et une association de soutien dédiée, passait par la mise en place d’un programme d’enseignement (24 heures) élaboré et dispensé par Frédéric Fogacci, Directeur des Études et de la Recherche de la Fondation. Afin de répondre à l’attente des étudiants de seconde année (BBA 2) tout en traitant du modèle gaullien, le propos a été centré sur la question du leadership.

En effet, Charles de Gaulle s’est imposé comme l’un des chefs les mieux reconnus, suivis et respectés de l’histoire du XXe siècle. Son exemple a été déployé à travers trois thématiques :

  • La définition du modèle du « Chef », nourrie notamment du Fil de l’épée ;
  • La gestion de crise ;
  • La construction du processus de décision.

À chaque fois, un moment gaullien a été mis en rapport avec des exemples puisés dans la réalité française contemporaine. Un dernier temps de l’enseignement a été consacré à la notion d’indépendance nationale, ce qui a permis notamment des mises au point géostratégiques et un exposé sur la spécificité de l’industrie de Défense en France.

Fort de ce succès, cette première expérience en appelle peut-être d’autres, notamment à diverses étapes du parcours de formation de ces étudiants.

Page 7 sur 7« Première page34567