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Charles de Gaulle

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Autres
témoignages
Manuscrit
de l'appel
Unes
de quotidiens
Affiche
de Londres
Janvier-Juillet
1940
Le
18 juin heure par heure
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Les oreilles du 18 juin
par
Eric Branca
Auditeurs
se souvenant de ce qu'ils n'ont pas entendu ; lecteurs oublieux d'avoir
vu dans la presse l'appel du 18 juin ; ou Résistants partant à Londres
avant que de Gaulle n'eût parlé ; la réception chaotique des mots historiques
ajoute à la magie de l'acte.
On sait, depuis le
magistral essai d'Anne et Pierre Rouanet (L'inquiétude outre-mort
du général de Gaulle, Grasset, 1985) que, dès le 21 mai 1940, l'appel
du 18 juin était écrit dans l'esprit du général de Gaulle. Un document
le prouve : l'intervention radiophonique du futur chef de la France
Libre, interrogé ce jour-là par un reporter des actualités françaises
qui le rencontre à son PC de Savigny-sur-Ardres, après la bataille victorieuse
qu'il vient de remporter à la tête de ses chars, dans la région de Montcornet.
Diffusée le 2 juin
suivant dans l'indifférence hébétée de l'exode, l'interview est une
répétition de l'appel historique lancé deux semaines plus tard à la
BBC. " L'ennemi a remporté sur nous un avantage initial... Ses succès
du début lui viennent de ses divisions blindées et de son aviation de
bombardement " dit I' " appel " du 21 mai. " Infiniment plus que leur
nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui
nous font reculer " répétera de Gaulle vingt-huit jours plus tard à
la BBC.
Et encore : " Nos succès de demain et notre victoire, oui, notre victoire,
nous viendront, un jour, de nos divisions blindées et de notre aviation
d'attaque " (21 mai) ; " Les mêmes moyens qui nous ont vaincu peuvent
faire venir la victoire " (18 juin).
Prescience du caractère bientôt universel de la guerre, et foi implicite
dans la capacité de la France à retrouver son rang
pourvu qu'un gouvernement tirant sa légitimité de la continuation de
la lutte la représente au jour de la victoire, le texte du colonel de
Gaulle est donc connu de certains Français un mois avant celui du Général
!
Mieux : l'appel historique
fut sans doute moins entendu que celui du 21 mai, diffusé par l'ensemble
des quelque cinq millions de récepteurs radio existant en France, au
contraire du texte du 18 juin, capté par les rares auditeurs de la BBC
!
Mais ce qu'on sait encore moins, c'est qu'à côté des milliers de témoins
qui prétendirent à tort avoir entendu le discours du 18 juin (beaucoup
le confondant avec les appels à la résistance lancés les 19, 22 et 24
juin suivants par le Général, à l'intention des proconsuls de l'Empire
ou, plus souvent encore, se souvenant de la fameuse affiche placardée
à Londres " La France a perdu une bataille, elle n'a pas perdu la guerre
", des dizaines de milliers de Français en eurent connaissance... par
la presse.
Dès le 19 juin, de
nombreux quotidiens régionaux paraissant en zone non occupée y font
curieusement allusion. C'est le cas, par exemple, du Petit Provençal
(115 000 exemplaires tirés ce jour-là) qui reproduit, en première page,
l'appel lancé la veille par le général de Gaulle - orthographié " de
Gaule " (sic). Le texte, pris vraisemblablement en sténo, est d'une
fidélité presqu'absolue à l'original (jamais enregistré, comme on sait).
Tout au plus y relève-t-on un oubli, qui pourrait ne pas être innocent
: aux deux premières phrases de l'appel (" les chefs qui, depuis de
nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un
gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est
mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat ") est substituée
celle-ci, moins blessante pour le gouvernement Pétain : " Le gouvernement
français a demandé à l'ennemi à quelle condition il pourrait cesser
le combat... "
Même recension dans
Marseille-Matin qui, en page 3, publie les extraits les plus
significatifs de l'appel. Tout comme, le même jour, Le Petit-Marseillais.
Le Progrès
de Lyon donne, lui, cette dépêche en deuxième page : " Londres, 18 juin.
Le général de Gaulle, auteur de nombreuses études sur le rôle des chars
d'assaut, a prononcé ce soir une allocution à la radio de Londres. "
La France n'a pas peur ", a-t-il dit. " Elle a un vaste Empire derrière
elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui continue la
lutte. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette
guerre est une guerre mondiale... Foudroyés aujourd'hui par la force
mécanique de l'Allemagne, nous pourrons vaincre par une force mécanique
supérieure. Le destin du monde est là... " II a conclu : " Quoiqu'il
arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre
et ne s'éteindra pas... "
Demain, le général de Gaulle parlera de Londres. "
A l'inverse de ceux
qui l'entendirent sans l'écouter, des hommes, plus nombreux qu'on ne
croit, gagnèrent Londres avant même que de Gaulle eût pris la parole.
Ce fut le cas de Christian Fouchet, élève officier à l'école d'aviation
de Bordeaux-Mérignac, qui, le 17 juin, prend l'air en compagnie de huit
condisciples, d'un officier et d'une vingtaine de ses camarades tchèques
; du capitaine Pierre de Chevigné qui, blessé, rejoint l'Angleterre
depuis Dax où il est en convalescence ; de Claude Hettier de Boislambert
qui, le 17 juin également, quitte Brest en compagnie d'une trentaine
d'aspirants et d'agents de liaison après avoir menacé un amiral de son
arme ; de Gaston Palewski qui ne parviendra à Londres qu'au mois de
juillet mais qui, dès le 16 juin, a écrit à de Gaulle: "Je dois partir
avec mes avions en Afrique du Nord... Mais je suis sûr que vous ferez
quelque chose. Vous pouvez compter sur moi. Je vous rejoindrai dès que
je le pourrai... "
Que cela ne veuille
pas dire que l'appel du 18 juin soit passé totalement inaperçu à l'instant
même de sa diffusion. Des personnalités de premier plan se souviennent
sans erreur possible de l'avoir entendu : Pierre Mendès-France qui se
trouve alors à Bordeaux, André Philip à Cognac, Maurice Schumann à Niort,
par exemple. D'autres sont touchés à l'autre bout de la terre : René
Thibault à Tokyo, qui capte le message retransmis depuis Saïgon, le
gouverneur Félix Eboué en Afrique équatoriale française, ou la garnison
française d'EI Kantara. Et combien d'autres encore, connus ou inconnus,
tels les cent trente trois marins de l'Ile de Sein ralliés entre le
24 et le 26 juin, ou les dizaines de jeunes gens quittant clandestinement
Saint-Jean-de Luz, Brest ou Saint-Malo, sur des bateaux de pêche ou
de simples barques dont beaucoup n'arriveront jamais...
Mais l'essentiel
est ailleurs, qui nous fait appréhender sans doute l'essence du génie
politique.
Ce qui frappe dans
la réception par les Français de l'appel du 18 juin, ce n'est pas l'aspect
relativement confidentiel de sa diffusion : c'est que la frange de la
population effectivement touchée n'y ait pas d'emblée prêté attention.
Diamétralement opposé
à l'état d'esprit dominant d'un peuple prostré dans la défaite, l'appel
prend sa valeur de mythe par son extériorité même aux déterminismes
psychologiques du moment. Et par son art de deviner le monde, de Gaulle
fonde sa légitimité politique par un acte de pédagogue : ce que les
Français, hypnotisés par " le vide immense du renoncement général "
ne veulent ou ne peuvent encore discerner (" des forces immenses dans
l'univers, n'ont pas encore donné "), il le leur montre seul : " Croyez-moi,
moi qui vous parle en connaissance de cause ". Quitte à ne compter,
pour s'imposer, que sur les seules clartés de l'évidence.
in
Espoir n°71, juin 1990
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Du 18 Juin aux 18
juin, par Jean-Louis
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Les 10 jours qui ébranlèrent la
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La radiodiffusion en 1939-40 par JP Claudel
Propos d'André Malraux sur le 18 juin

Publicité du 19 juin 1940
Le
texte de l'Appel du 18 juin
L'allocution
du 17 juin par le maréchal Pétain
L'appel
du 21 mai 40 à Savigny/Ardres
L'enregistrement
sonore du 22 juin 40

Publicité du 19 juin 1940
L'ours
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