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Charles de Gaulle

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Janvier-Juillet
1940
Le
18 juin heure par heure
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"L'appel du 18 juin 1940"
par
François DELPLA, historien - Introduction de son ouvrage "l'Appel
du 18 juin 1940" paru chez Grasset fin mai 2000
Londres,
un soir de juin. A quelle heure ? C'est l'un des points qu'il faut éclaircir
car des versions contradictoires circulent. L'Angleterre est en guerre,
ses armées bousculées quittent en hâte la France toute proche mais on
ne sent guère d'inquiétude dans la population. Un jeune général français
pénètre dans les locaux de la BBC. Introduit dans un studio, il prononce
un discours à l'adresse de ses compatriotes.
Charles de Gaulle n'est pas un inconnu, même si son nom n'est
pas familier à beaucoup. Le fait même que les militaires dont les portraits
ornent les unes des journaux aient largement dépassé la soixantaine
habitue le public à l'apparition brusque de nouvelles figures, lorsqu'une
action spectaculaire a requis les services de gens plus jeunes. Ce fut
le cas lors des batailles de Montcornet et d'Abbeville, sur lesquelles
le commandement comptait pour redorer un peu son blason - et il avait
à cette fin promu le colonel de Gaulle, spécialiste reconnu des chars,
à la tête de ses dernières réserves blindées regroupées en une " quatrième
division cuirassée ". Sans écraser l'ennemi comme ses panégyristes l'ont
parfois écrit, il lui a imposé des reculs suffisants pour obtenir aussitôt
le grade de général et il a même été appelé au gouvernement, par un
Paul Reynaud friand de coups publicitaires. Son poste de sous-secrétaire
d'Etat à la Défense lui conférait en principe la direction de l'effort
de guerre, sous l'autorité directe de ce même Reynaud, avec le pouvoir
de donner des ordres au chef des armées, le général Weygand.
Dans cette France en plein désastre, maints commentaires avaient aussi
rappelé que de Gaulle était, tout au long des années 30, un officier
moderniste, partisan d'adapter la stratégie à la motorisation, et qu'il
avait été peu suivi, alors que l'état-major allemand avait mieux écouté
ses émules d'outre-Rhin. Possédant l'explication de la défaite, il pouvait
apparaître comme celui qui saurait retrouver le chemin de la victoire.
Et c'est ce qui arriva. Mais au prix de difficultés que les atouts
du départ, qu'on vient de résumer, ne laissaient nullement prévoir.
C'est qu'il faut mettre en regard ce qui faisait de ces atouts des fétus,
et de leur porteur un solitaire. En premier lieu, l'étrange talent du
chef adverse. A la vérité, ce facteur résume tous les autres : Hitler
avait hypnotisé la planète, et ce sont ceux qui mettaient en doute l'inéluctabilité,
au moins à court terme, de sa victoire qui passaient pour anormaux.
Mais comme on vient de consacrer un livre à ce personnage, il reste,
dans celui-ci, à mesurer les effets de ses mystifications sur la capacité
de combat non pas d'un pays, la France, mais de deux, la France et l'Angleterre,
dans un contexte mondial où les Forces qui se réclamaient du progrès,
de la démocratie et de l'humanisme avaient beaucoup de plomb dans l'aile.
En France, la sous-estimation du talent de Hitler a induit jusqu'à
nos jours un débat lourd d'arrière-pensées politiciennes, qui rappelle
la vieille controverse sur la poule et l'œuf : pour les uns, le peuple
a donné l'exemple du défaitisme et de l'aboulie, et les élites n'ont
pu qu'en prendre acte, tandis que pour les autres la débâcle engendrée
par les erreurs, voire les crimes, des élites a englué le peuple dans
des soucis matériels qui l'empêchaient de penser au destin de la patrie.
En Angleterre, cependant, un voile peu à peu se lève - avec une
majestueuse lenteur. Le premier ministre Churchill est longtemps passé,
et d'abord de son propre fait, pour un chef dont l'ardeur était spontanément
égalée par ses troupes, ou presque. Non seulement le peuple, mais les
élites et notamment ses camarades du parti conservateur, goûtaient d'autant
mieux sa martiale éloquence qu'elle rejoignait leur pensée. Bref, la
vieille Angleterre dure à cuire n'aurait fait que rester elle-même,
et Hitler se serait ridiculement fourvoyé en espérant le contraire.
C'est ignorer le rôle capital, et de justesse contrecarré, d'un puissant
parti de la paix emmené par le ministre des Affaires étrangères, le
vicomte Edward Halifax. On savait que ce dernier, avec son compère Neville
Chamberlain, avait au cours des années 30 incarné la politique d'appeasement,
indulgente envers les revendications hitlériennes, mais on pensait jusqu'aux
années 70 que cette tendance avait fait naufrage dans les eaux norvégiennes
avec le gouvernement Chamberlain, au début de mai 1940. Depuis, l'apparition
des archives du cabinet de guerre a montré qu'elle survivait encore
à la fin de ce mois, et la chronologie de sa disparition s'est entourée
d'un mystère que peu d'historiens ont cherché à dissiper.
Le 18 juin est donc l'histoire de deux folies apparentes qui
vont peu à peu, à travers mille obstacles, se révéler rationnelles.
Leurs porteurs, Churchill et de Gaulle, se remontent mutuellement le
moral et s'aident à affirmer leur leadership : là n'est sans doute pas
le moins important. En même temps, leur alliance est déjà conflictuelle.
Car chacun doit tenir le plus grand compte de ses compatriotes qui,
pour l'autre, ne sont qu'une masse de manœuvre. Ce que nous allons découvrir
c'est, loin d'une division grossière entre des " masses " et des " élites
" homogènes, de subtils jeux internes aux élites de l'un et de l'autre
pays, et des croisements peut-être inattendus, car Halifax a aussi ses
Français.
La narration minutieuse de cette journée, avec un minimum de
rappels sur les attitudes antérieures des uns et des autres, est riche
d'enseignements sur la formation des clivages qui, pour beaucoup, vont
perdurer jusqu'à la fin de la guerre, et parfois bien au-delà.
Il sera cependant nécessaire de pousser un peu plus avant. On
savait que l'existence d'un mouvement gaulliste, hébergé à Londres,
avait été longtemps précaire et que sa reconnaissance par le cabinet
de guerre, le 28 juin, avait été bientôt compromise par la canonnade
de Mers el-Kébir, le 3 juillet, avant que les accords du 7 août n'ouvrent
la voie à des entreprises communes en Afrique. Ce que nous allons découvrir
c'est que les paroles mêmes que de Gaulle voulait prononcer le premier
jour, il n'a réussi à les émettre dans leur intégralité qu'au début
de juillet.
"L'appel
du 18 juin 1940" par François Delpla, Grasset, Paris, 2000
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Du 18 Juin aux 18
juin, par Jean-Louis
Crémieux Brilhac
Les 10 jours qui ébranlèrent la
France,
par François Delpla
Les oreilles du 18
juin, par Eric Branca
La radiodiffusion en 1939-40 par JP Claudel
Propos d'André Malraux sur le 18 juin

Publicité du 19 juin 1940
Le
texte de l'Appel du 18 juin
L'allocution
du 17 juin par le maréchal Pétain
L'appel
du 21 mai 40 à Savigny/Ardres
L'enregistrement
sonore du 22 juin 40

Publicité du 19 juin 1940
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