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Charles de Gaulle

Geoffroy
de Courcel, aide de camp du Général
Elisabeth
de Miribel, secrétaire du Général
Jean
Marin, journaliste

Winston
Churchill
Edward
Spears, officier de liaison
Patrick
Smith, reporter à la BBC
Elizabeth
Barker, assistante à la BBC
Philippe
de Gaulle
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Jean
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Anthonioz - De Gaulle
Autres
témoignages
Manuscrit
de l'appel
Unes
de quotidiens
Affiche
de Londres
Janvier-Juillet
1940
Le
18 juin heure par heure
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"J'ai accompagné de Gaulle jusqu'au
studio"
Elisabeth
Barker, journaliste à la BBC, désignée pour accompagner le général de
Gaulle au studio de la BBC
J'étais
assistante à l'United Record European News Talks, avec quatre camarades
qui s'occupaient surtout de l'Allemagne. Moi, j'étais une sorte de bonne
à tout faire. On m'a désignée pour accompagner le général de Gaulle
au studio.
Dans ces cas-là, d'habitude, je descendais à la salle d'attente. Je
cherchais la personne qui devait faire l'émission et je l'accompagnais
au studio. Mais lorsque le Général est arrivé, ce sont des gens importants
qui ont été le chercher. Moi, je l'ai rencontré au quatrième étage.
C'était un homme immense, avec de grandes bottes brillantes,
qui marchait en faisant de grandes enjambées et parlait d'une voix grave.
On a écrit que je m'attendais à lui voir un menton à la Mussolini. C'est
vrai que je lui ai trouvé un menton faible.
Le studio d'où il a adressé son appel à la France n'existe plus.
C'était le 4 C ou le 4 D. Dans un livre anglais, on a prétendu qu'il
s'y trouvait un micro suspendu auquel le Général se serait heurté. C'est
inexact. Dans le studio, il y avait une table ronde recouverte de tissu.
Au milieu, un micro. D'un côté de la table, le speaker français, le
professeur Maurice Thierry, qui est mort depuis. Quand il a vu entrer
le Général, il s'est levé à demi, comme surpris par cette immense présence.
Un autre speaker français, M. de Valençais, est entré avec nous. C'est
lui sans doute qui a annoncé le Général. Moi, je me tenais debout près
de la porte d'entrée. A côté se trouvait une table en fer à cheval,
avec des tourne-disques de chaque côté et un micro. C'était la place
du speaker anglais qui, entre les émissions, annonçait qu'il s'agissait
de Radio-Londres et lisait les bulletins. C'est grâce à lui que j'ai
pu reconstituer le plan du studio aujourd'hui disparu. Quelques mois
plus tard, en effet, une bombe à retardement est tombée au milieu des
studios, mais sans détruire le bâtiment.
C'était la première fois que je voyais le général de Gaulle.
Il paraissait très calme, mais assez tendu. Il ne voyait absolument
rien autour de lui. Je suis sûr qu'il ne distinguait personne dans le
studio, rien que le micro qu'il regardait fixement, comme s'il voyait
au-delà de l'appareil.
C'était un événement important que cet appel. Pendant l'été 1940,
il était très pénible à Londres de voir ce qui se passait en France.
Certains Français, pas tous, en voulaient aux Anglais, qu'ils accusaient
de les avoir abandonnés. Ce reproche venait surtout de ce que Churchill
avait refusé de faire stationner en France les avions de chasse anglais.
L'appel m'a impressionnée plus que le désastre militaire. C'était
un soulagement d'entendre un Français dire : " Nous allons continuer
a nous battre aux côtés de l'Angleterre. " Mais l'importance politique
de cet événement, je ne la voyais pas. De l'appel proprement dit, on
n'a rien enregistré sur disque. On a su trop tard que le général allait
parler pour prendre les dispositions nécessaires.
J'ai traduit le texte du général de Gaulle en anglais pour la
presse et pour nos émissions. Il a paru dans le Times du 19 juin et
tout le monde le demandait. Je n'aime pas du tout la traduction que
j'en ai faite. Elle n'est pas inexacte, mais tellement plate! Elle ne
garde rien de l'esprit du texte français.
Les journaux de Londres ont accordé beaucoup de place à cet appel
et l'ont commenté. Mais l'Europe s'écroulait et les paroles du Général
constituaient un événement parmi bien d'autres. De plus, nous commencions
à penser à nous, car nous étions peut-être sur le point d'être envahis
par les Allemands.
J'ai revu le général de Gaulle une dizaine de fois au cours de
cette période. Et puis, en 1960, au cours d'une grande réception : il
avait alors acquis quelque chose de royal dans l'allure. Tout le monde
s'écartait devant lui. Au cours de ces rencontres, en 1940, je le vis
prendre vite conscience des difficultés qu'il allait rencontrer de la
part des Anglais.
Après la troisième ou quatrième émission du général de Gaulle,
nous avions reçu des instructions. Nous devions obtenir du ministère
de l'Information et du Foreign Office une autorisation avant de le laisser
parler. Un soir, un dimanche, on me téléphona qu'il était là, dans la
salle de réception, avec quatre officiers. Et je n'avais pas l'autorisation.
C'était terrible. Je lui ai dit : "Je regrette, mais il me faut l'autorisation
avant de vous mener au studio. C'est l'affaire de trois minutes." Mais
il était difficile d'obtenir les communications à cette époque-là. Je
téléphone à lord Vansittart. Je ne parviens pas à avoir le contact.
Un de mes supérieurs du ministère de l'Information m'a dit alors : "J'en
prends la responsabilité. Conduisez le Général au studio."
Pendant tout ce temps, le général de Gaulle était demeuré calme
et courtois. Ses officiers, de grands gaillards, étaient furieux. Je
pense qu'en la circonstance le Général dut quand même être malheureux.
Il a dû, oui, savoir qu'il aurait des difficultés.
in,
Le Figaro littéraire du 17 juin 1965
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Du
18 Juin aux 18 juin,
par Jean-Louis Crémieux Brilhac
L'appel
du 18 juin 1940, par François Delpla
Les
oreilles du 18 juin, par Eric Branca
La
radiodiffusion en 1939-40 par JP Claudel
Propos
d'André Malraux sur le 18 juin

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1940
Le
texte de l'Appel du 18 juin
L'allocution
du 17 juin par le maréchal Pétain
L'appel
du 21 mai 40 à Savigny/Ardres
L'enregistrement
sonore du 22 juin 40

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du 19 juin 1940
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