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Charles de Gaulle

Geoffroy
de Courcel, aide de camp du Général
Elisabeth
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Patrick
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Affiche
de Londres
Janvier-Juillet
1940
Le
18 juin heure par heure
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"A l'époque, je pense qu'aucun d'entre nous réalisait ce qui se passait, un tournant décisif de l'histoire de la
France"
Patrick
Smith, journaliste anglais à la BBC
"Comme
bien des choses dans la vie, je suis devenu correspondant étranger de
la BBC par hasard...
Un soir, en juin 1940, alors que j'étais de service dans le Broadcasting
House, un appel du Foreign Office nous informe qu'un officier français
venait d'arriver, suite à la capitulation de la France, et qu'il venait
pour émettre un message. "Pourrions-nous, ' vérifier' son rédigé avant
de le diffuser?" L'homme du Foreign Office ne pouvait pas tout à fait
se rappeler du nom de l'officier - " Gaulle ", ou quelque chose comme
ça - c'était peut-être un pseudonyme. La vérification des papiers des
intervenants étrangers faisait partie du contrôle de sécurité; nous
étions censés pouvoir repérer s'ils contenaient des codes. Il y avait
la clé d'un commutateur-censeur dans chaque studio qui pouvait couper
le haut-parleur, bien que je doute qu'il ait jamais été utilisé. De
nos jours, on l'utilise encore comme " commutateur de toux ", pour permettre
au radio-diffuseur de tousser sans être entendu.
A l'époque, je pense qu'aucun d'entre nous réalisait ce qui se
passait, un tournant décisif de l'histoire de la France. Tout ce dont
je me souviens, c'est d'une nuit humide et déprimante, et du regret
de ne pas être auprès de ma femme qui attendait notre premier enfant.
Observant le protocole, nous avons demandé les clés du salon
qui se trouve derrière la statue de Gill, dans le hall d'entrée du Broadcasting
House. Nous sommes descendus, nous avons ouvert le buffet d'accueil,
et nous avons attendu au bureau de réception l'arrivée de l'intervenant.
C'était un grand personnage en uniforme. Un jeune lieutenant portant
des lunettes épaisses l'accompagnait, il s'appelait Maurice Schumann.
Ils se sont installés dans le salon tandis que nous essayions en vain
de contacter le Directeur Général déjà parti. Des boissons ont été offertes,
et refusées. Une attente maladroite s'est ensuivie jusqu'à ce que nous
soyons parvenus à trouver l'Adjoint du Directeur-Général, monsieur Stephen
Tallents, que nous avons attrapé de justesse avant qu'il s'en aille
dîner. Il n'était pas très heureux du contre temps, quoiqu'il soit venu
tout de suite malgré tout. À notre demande De Gaulle a remis son papier,
nous pouvions ainsi nous rendre compte du temps que cela prendrait et
faire couper le temps nécessaire à la diffusion du programme précédant.
Le papier faisait deux pages et demie, et ne présentait, à ma connaissance,
aucun code. C'était le cri de coeur patriotique d'un soldat politicien,
furieux de la défaite de son pays, refusant d'accepter les termes humiliants
de l'armistice de Compiègne. Nous étions bien soulagés de voir arrivé
monsieur Stephen, qui a pris cet invité inattendu dans son bureau au
troisième étage. Encore une fois, on a offert une boisson à De Gaulle,
de nouveau il a refusé. C'était un entretien poli et désordonné. J'ai
regardé ma montre, voyant que monsieur Stephen était impatient d'aller
à son rendez-vous, j'ai suggéré d'aller au studio d'émission.
Les studios sont situés dans une sorte de tour au centre du Broadcasting
House, gardé à l'abris de bruits des bureaux par un couloir étroit.
Avec De Gaulle à ma suite, nous sommes passés par une série de doubles
portes avant d'atteindre le studio où l'émission des nouvelles françaises
était en cours d'émission. J'ai ouvert la porte pour permettre au Général
de passer. Alors qu'il s'avançait, la boucle de sa ceinture SAM Browne
s'est accrochée à mon bouton de gilet. Je me souviendrai toujours de
ce nez proéminent flanqué d'yeux sans sourire, aucun, penché sur moi
alors qu'il se décrochait soigneusement. La même chose s'est produite
au deuxième ensemble de portes étroites. Encore, sans la feinte d'un
sourire, il s'est décroché, puis a dit, ' je vous suis, monsieur '.
Ainsi j'ai mené la voie au troisième ensemble de portes sans d'autres
contretemps, et l'ai conduit au studio. Les deux présentateurs, Louis
Cauzique (employé pour faire "Petit Point" entre les bulletins quand
il avait fini de les traduire) et Maurice Thierry étaient assis des
deux côtés d'un double lutrin, au-dessus duquel un microphone était
suspendu du plafond. Ils ont lu les éléments en alternance. Quand Cauzique
eu terminé la pénultième histoire il s'est levé et a donné sa chaise
à De Gaulle. Le Général a placé son képi sur la table, a ordonné ses
papiers et a attendu son tour. A l'opposé se trouvait Thierry, ses manches
retroussées par des brassards argentés. Il embaumait le studio de cognac,
car, en tant que bon citoyen français, il avait noyé sa détresse en
ce jour si triste pour la France. Soudain il a aperçu le képi français
avec ses deux étoiles sur la table en face de lui, et, leva le nez de
son papier, pour voir la figure décharnée et droite de Charles de Gaulle.
Des larmes silencieuses ont commencé à rouler le long de ses joues bouffies.
Je pouvais comprendre son émotion, voir un officier français là, en
ce moment. Assez maladroitement, Thierry s'est levé de son siège, et
a salué le Général. Se faisant il a cogné sa tête contre le micro suspendu
qui a commencé à se balancer doucement d'environ dix-huit pouces dans
l'une et l'autre direction sur son long câble. Le Général n'a pas cligné
de l'oeil mais a continué son discours, alors que les ingénieurs du
studio tentaient d'atténuer les écarts de volume que cela engendrait
en tordant les boutons d'ampleur du son.
De Gaulle a terminé son appel mémorable, et puis a serré les
mains de tout le monde. Nous l'avons escorté hors du studio, lui laissant
aller en premier, et accompagné à une voiture. Juste avant de partir,
Maurice Schumann m'a dit ' vous savez, le général - c'est un tank '.
Alors ils ont disparu dans la nuit. De Gaulle était resté certainement
imperturbable; son pouvoir de concentration déterminé et son rendez
vous avec le destin était évident. Il n'a même pas remarqué l'oscillation
du micro, et s'il l'avait remarqué il avait sûrement pensé que cela
faisait partie des techniques anti-brouillage de la BBC. Ce premier
message était historique, mais dans la confusion du moment, la transmission
n'a pas été enregistré. Nous avons appris plus tard que De Gaulle était
furieux de cet oubli, et était allé, en dehors de ses fonctions, dans
un studio privé enregistrer ses mots pour la postérité. Aujourd'hui,
cet enregistrement est dans les archives du gouvernement français, ainsi
qu'un compte rendu de la visite du Général, qui a été élégamment traduite
par un collègue français à qui j'ai raconté cette histoire des années
plus tard en Afrique du Nord après que De Gaulle ait repris le pouvoir.
Ces documents sortent de temps en temps pour les anniversaires du 18
Juin 1940."
Témoignage
tiré des Mémoires de Patrick Smith et traduit de l'anglais par
sa petite fille, avec l'aimable autorisation de la famille Smith.
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Du
18 Juin aux 18 juin,
par Jean-Louis Crémieux Brilhac
L'appel
du 18 juin 1940, par François Delpla
Les
oreilles du 18 juin, par Eric Branca
La
radiodiffusion en 1939-40 par JP Claudel
Propos
d'André Malraux sur le 18 juin

Publicité du 19 juin 1940
Le
texte de l'Appel du 18 juin
L'allocution
du 17 juin par le maréchal Pétain
L'appel
du 21 mai 40 à Savigny/Ardres
L'enregistrement
sonore du 22 juin 40

Publicité du 19 juin 1940
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