Etape 1 – Historique de la Croix de Lorraine – 2. De Gaulle et la Croix de Lorraine pendant la guerre

La Croix de Lorraine adoptée dès 1938 par le colonel de Gaulle

Le lieutenant-colonel de Gaulle prend le commandement du 507e Régiment de Chars de Combat le 5 septembre 1937 basé au quartier Lizé de Montigny-lès-Metz. Désireux d’établir un lien particulier entre les habitants et le régiment, de Gaulle décide de baptiser les quatre-vingt-dix chars de son régiment dont les marraines seront principalement des épouses d’officiers. A cet effet et afin de renforcer le sentiment d’appartenance régimentaire, le colonel de Gaulle crée un insigne ovale en argent dont la bordure est constituée de lames d’épée.

La partie supérieure porte un heaume de chevalier sur deux bombardes entrecroisées au-dessous duquel on trouve une salamandre et une croix de Lorraine dont Charles de

Gaulle ne méconnait pas l’attachement à cette terre où il restera jusqu’au déclenchement des hostilités de la Seconde Guerre mondiale.

Insigne du 507e Régiment de Chars de combat

Le colonel de Gaulle présente son unité de chars au président de la République Albert Lebrun le 23 octobre 1939 à Goetzenbruck

La Croix de Lorraine, emblème de la France Libre

Le général de Gaulle, refusant la défaite, décide de poursuivre le combat depuis Londres où il entre dans l’Histoire en prononçant son fameux Appel à la résistance le 18 juin 1940.

En quelques jours, il s’agit pour le général de Gaulle d’organiser, depuis Londres cet embryon de France qui dit non. Adressant de nombreux télégrammes aux gouverneurs de l’Empire, de Gaulle informe rapidement de sa situation et de sa position : la France ne peut se résigner à la défaite ; « La flamme de la résistance ne s’éteindra pas. »

Très vite se pose la question d’identifier au mieux les moyens et forces des Français libres afin de les distinguer de ceux de Vichy. Il était alors nécessaire, pour les Français libres de trouver un signe distinctif.

Dès le 1er juillet 1940 à Londres, sur proposition du vice-amiral Muselier et en présence du capitaine de corvette Thierry d’Argenlieu, la croix de Lorraine est adoptée comme emblème de la France libre.

Quel nom plus évocateur pour une France résistante que celui de la Lorraine, terre de Jeanne d’Arc, qui a tant lutté au cours de son histoire pour son indépendance ! Ce signe si facile à mémoriser et à dessiner clandestinement s’oppose aussi à la croix gammée de l’occupant nazi.

Le choix de ce symbole était le bon : il rassemblera l’ensemble de la Résistance aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur.

Le général de Gaulle au micro de la BBC en octobre 1941. Il porte la croix de  Lorraine, insigne de la France Libre.

Un emblème pour la croisade du XXe siècle

 

Le 2 juillet 1940, la croix de Lorraine devient par décret du général de Gaulle le signe officiel des Forces navales françaises libres. Les bâtiments de guerre et de commerce reçoivent l’ordre de porter « à la proue un pavillon carré bleu orné en son centre de la croix de Lorraine en rouge ». Les appareils des Forces aériennes françaises libres doivent également porter à côté de la cocarde réglementaire une croix de Lorraine inscrite dans un cercle.

L’ingénieur maritime Villeneuve du 4e bureau réalise au cours de l’été 1940 l’insigne officiel des Français libres.

Charles de Gaulle le premier épingle à son uniforme cette croix de Lorraine tréflée rouge à liseré blanc sur un losange bleu. Le 18 juin 1942, ce modèle orne la tribune de l’Albert Hall de Londres où le général de Gaulle commémore l’Appel à la résistance.

Enfin, les Compagnons de l’Ordre de la Libération reçoivent une médaille sur laquelle figure à l’avers un glaive surchargé d’une croix de Lorraine et, au revers, la devise « En servant la patrie il a apporté la victoire » (« Patriam servando victoriam tulit »).

 

Des croix de Lorraine sur les murs de France

Dès 1941, le parachutage de tracts et les émissions de la BBC contribuent à diffuser en France la croix de Lorraine. Symbole de lutte et d’espoir, la croix de Lorraine, souvent associée à la lettre V, couvre les murs. De nombreuses organisations de la résistance intérieure se réfèrent à ce symbole ; des journaux clandestins comme Combat ou Défense de la France l’associent à leurs titres.

S’opposant au svastika nazi et à la francisque de Vichy, la croix de Lorraine est le signe de ralliement par excellence : son succès immédiat tient d’abord à son graphisme aisément reproductible.

En raison de sa forte valeur symbolique, la croix de Lorraine est violemment dénigrée par les propagandes germano-vichystes, pour qui  le gaullisme est un groupuscule manipulé par les Anglais et les communistes.

Jusqu’à la Libération, la croix de Lorraine porte à Londres, dans l’Empire et en France la promesse de recouvrer une pleine et entière souveraineté nationale.

Graffiti associant la croix de Lorraine à la lettre V

Tract clandestin du journal Libération, 1941-1944

Une du journal clandestin Combat, février 1943

Des croix de Lorraine sur les murs de France

Mémorial de la France combattante dédié aux martyrs de la Résistance, Mont-Valérien

Fête de la Libération, Hôtel de Ville, Paris, 1944

Carte d’identité des Forces françaises de l’Intérieur d’Adrien Mora, 1944

Dès 1941, le parachutage de tracts et les émissions de la BBC contribuent à diffuser en France la croix de Lorraine. Symbole de lutte et d’espoir, la croix de Lorraine, souvent associée à la lettre V, couvre les murs. De nombreuses organisations de la résistance intérieure se réfèrent à ce symbole ; des journaux clandestins comme Combat ou Défense de la France l’associent à leurs titres.

S’opposant au svastika nazi et à la francisque de Vichy, la croix de Lorraine est le signe de ralliement par excellence : son succès immédiat tient d’abord à son graphisme aisément reproductible.

En raison de sa forte valeur symbolique, la croix de Lorraine est violemment dénigrée par les propagandes germano-vichystes, pour qui  le gaullisme est un groupuscule manipulé par les Anglais et les communistes.

Jusqu’à la Libération, la croix de Lorraine porte à Londres, dans l’Empire et en France la promesse de recouvrer une pleine et entière souveraineté nationale.

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