Episode B : Paris Libéré !
Séquence 1 : l’Occupation
Thème : Vivre sous l’Occupation
Questionner et approfondir/ réponses/ compléments d’information
I- Que représente pour la famille des enfants la naissance du petit frère ?
Le petit frère des enfants s’appelle François. Il est né en mai 1940 au moment donc de l’invasion allemande après la drôle de guerre.
Le choix de son prénom n’est pas neutre. Appeler son enfant François de 1940 à 1944 était une façon de marquer son amour à la patrie « France », de même l’appeler Philippe pendant cette période pouvait être une marque d’affection à l’égard du chef de l’Etat Philippe Pétain.
François est né en 1940, sa naissance n’est donc pas liée à la politique familiale de l’Etat Français mais à celle de la Troisième République. En revanche, lorsqu’il remporte le prix du plus beau bébé de France, la famille bénéficie de la politique familiale mise en place encourageant par de nombreux moyens les naissances.
Politique familiale de Vichy :
A partir de 1938 se met en place, pour la première fois en France, une véritable politique de la famille dont l’objectif prioritaire est nataliste. Des mesures d’aide et de protection de famille sont adoptées (allocation, prime, disposition fiscale).
Le gouvernement du maréchal Pétain, dans le cadre de la « Révolution nationale », met en place une politique familiale: promotion du mariage légitime, de la femme au foyer, de la natalité, de la famille nombreuse. Cette politique s’appuie souvent sur les textes législatifs rédigés dans l’entre-deux-guerres. Ainsi, le code de la famille de 1939 est mis en œuvre et infléchi dans un sens moralisateur. Le retour de la femme au foyer est favorisé. La mère est valorisée dès 1941 par la création de la « journée des mères ». On observe à partir de 1943 une remontée de la courbe de la natalité. Doit-on l’attribuer à Vichy ou à l’espoir revenu d’une libération prochaine, la question reste ouverte.
II- Pourquoi les Français manquent-ils de tout ?
L’Allemagne sort de l’autarcie et des privations dans lesquelles la crise économique des années 20 puis le régime nazi l’a plongée en pillant l’économie française. Avant la Guerre, les Français ne manquaient de rien ; ils apprennent avec l’occupation allemande à se priver de tout.
Les conditions de l’armistice sont draconiennes pour le pays. Outre une France coupée en deux par une véritable frontière intérieure et une armée d’armistice limitée à 100 000 hommes, la France doit payer les frais d’entretien de l’armée d‘occupation fixé à 400 millions de francs par jour (500 à partir de 1942). Pendant 4 ans, les Allemands puisent dans les richesses du pays. Vivres, denrées, produits finis, œuvres d'art, machines, minerais, or, argent, diamants, tout ce qui pouvait l'être, sont entassés dans des trains et des camions à destination de l'Allemagne.
III- Que signifie dans cette période être débrouillard ?
Faire un marché pour une mère de famille est un véritable parcours de combattant et un défi quotidien. Chaque jour elle est confrontée aux rationnements et aux restrictions. La viande est rare, les épluchures fines donneront du goût au potage clairet du soir. On boit de la chicorée à la place du café et, avec le fond de la tasse, les femmes se teignent les jambes pour remplacer les bas et dessinent ensuite la couture au crayon gras. On redécouvre la tourbe qui remplace le charbon; le gazogène permet à quelques automobilistes privilégiés ou prioritaires de se passer de l’introuvable essence. Les autres retrouvent la bicyclette. Paris est envahi par les vélos parfois transformés en vélo-remorque, en vélo-taxi…Sur les balcons, on fait pousser de la salade, et le Jardin des Tuileries est transformé en potager.
Rationnement
En raison de l'arrêt des échanges commerciaux, pendant la Guerre et l’Occupation allemande, la France connaît, dès 1941, une période de manque qui va déboucher sur la mise en circulation de cartes de rationnement. Ces cartes limitent les quantités de produits disponibles mis en vente. La première carte, mise en place le 1er juillet 1941, concerne les textiles. La seconde, un mois plus tard, vise le tabac. L'alimentation suit. Dès la fin 41, tous les biens de consommation ne peuvent être acquis qu'en échange de tickets attribués aux citoyens, en fonction de la catégorie à laquelle ils appartiennent :E pour les nouveaux-nés, V pour les vieillards, sans oublier pour les jeunes, J, ni les adultes actifs, A.... Il faut préciser que ces tickets n'exonèrent pas les citoyens de payer les produits. Le rationnement se poursuivra pendant plusieurs années, après la Libération de la France.
Carte de rationnement
Durant la Guerre, un quota strict est attribué à chaque personne. Des cartes permettent d'acheter chez les commerçants, si ces produits sont disponibles et que l’on a de quoi les payer, des fournitures comme le tissu et les denrées alimentaires en quantité limitée. Les femmes enceintes et les enfants en bas âge ont droit à des quantités plus importantes. Il existe des cartes pour pratiquement toutes les denrées : alimentation (lait, pain, viande) mais aussi pour le tissu, le papier, les semences.
Marché noir
terme utilisé pour désigner le commerce illicite mais largement pratiqué en période de contrôle des prix et de rationnement. « Beurre œuf, fromage» est l’ancien sigle du commerce de ces produits. Il désigne aussi bien le grossiste des Halles que le détaillant crémier de ces produits. Son sens devient péjoratif pendant l’occupation, période ou les cartes de rationnement sont très recherchées au marché noir. Par extension, BOF désigna une personne s'enrichissant grâce au marché noir pendant ces années. Le marché noir c’est certes quelques œufs échangés contre une paire de chaussures, mais c’est aussi des fortunes bâties sur la pénurie, les nouveaux marchés à satisfaire et sur la demande colossale pour faits de guerre.
IV- Tous les Français vivent-ils de la même façon l’Occupation allemande ?
Le 10 juillet 1940, Pétain obtient les pleins pouvoirs et met en place un nouveau régime qui s’engage dans la voie de la collaboration avec l’Allemagne. Pétain bénéficie d’un véritable culte de la personnalité, et l’opinion publique, dans les premiers mois qui suivent l’armistice, est majoritairement acquise à sa personne. Elle est avant tout préoccupée par des questions de survie. Si elle est hostile aux Allemands, elle fait confiance au maréchal Pétain qui se pose en bouclier de la France. Cependant, certains Français, comme Monsieur Boquart, adhèrent non seulement à la révolution nationale, mais trouvent un véritable intérêt à la présence des Allemands. La Collaboration est aussi individuelle et la dénonciation de voisins, parce ce que juifs ou résistants, ou encore pour vengeance personnelle, est une réalité de cette période.
D’une façon générale, le Français moyen est majoritairement attentiste. De même que la Résistance ou la Collaboration connaissent diverses formes, il existe diverses façons d'être attentiste. Certains s'en tiennent à un repli frileux, par lassitude ou par peur, alors que d'autres manifesteront, surtout à partir de novembre 1942, une connivence, voire une solidarité complice avec les Résistants. Les excès de la répression, les arrestations des Juifs, l’occupation de la zone Sud, le Service du Travail Obligatoire, institué en 1943, et les difficultés de ravitaillement contribuent à rendre les Français plus attentifs aux actions des Résistants.
La Drôle de guerre et l’offensive allemande de mai 1940
La période de la « drôle de guerre » s'étend du 3 septembre 1939, déclaration de guerre de la
Grande-Bretagne et de la France à l'Allemagne, au 10 mai 1940, invasion de la Belgique et des
Pays-Bas par les troupes allemandes. Elle doit son nom à l'inaction des armées alliées devant la
défaite de la Pologne. Non seulement l'opinion publique ne souhaitait pas la guerre, mais encore,
réconfortée par la passivité des troupes, elle n'y croyait pas. Quant la stupeur générale le 10 mai
1940, après des mois d’attente derrière les lignes de front, les troupes allemandes se lancent à
l’attaque de l’Europe la France manque de matériel, de généraux capables de mener une bataille
et surtout de stratégie cohérente.
La drôle de guerre est donc essentiellement marquée par l'inaction des troupes et le conservatisme
de l'état-major.
Le 10 mai 1940, les alliés périphériques Hollande et Belgique sont attaqués, immédiatement la
France se porte au secours de la Belgique alors même que des colonnes de chars allemands
passent par la forêt des Ardennes pourtant réputée infranchissable et prennent la ligne Maginot à
revers. S’engage alors la course à la mer. L’armée hollandaise dépose les armes le 15 mai et le roi
des Belges capitule le 27 mai,
Le 4 juin la poche de Dunkerque est encerclée par les Allemands. Devant l’étendu du désastre
entre le 28 mai et le 3 juin les britanniques rapatrient leurs hommes et une partie des troupes
française sous le feu ennemi. La rapidité de l’avance allemande a provoqué la débâcle des troupes
et a jeté sur les routes 7 à 8 millions de civils qui fuient vers le sud.