Episode B : Paris Libéré !
Séquence 2 : le mensonge
Thème : Maréchal nous voilà
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I- Que signifie « faire comme si tout était normal » ?
Faire comme si tout était normal, c'est oublier que la France vit sous le joug de l'occupant et ne pas tenir compte des changements fondamentaux imposés par le nouveau régime. Or, en signant l'armistice, Pétain prétendait sauver la France et l'engager dans les voies de sa reconstruction. En fait, la République est remplacée par l'Etat français ; et la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » remplacée par « Travail, Famille, Patrie ». Philippe Pétain est le chef de l'Etat. Il exerce le pouvoir exécutif et législatif, et les ministres ne sont responsables que devant lui. Les assemblées ne sont plus réunies, et il peut faire arrêter les hauts fonctionnaires. Les ministres et les assemblées demeurent, mais le régime est résolument autoritaire. L'idéologie officielle a pour dessein de remodeler la France, dans projet qui doit en terminer avec les années d'errance démocratique. Il s'agit d'une véritable révolution culturelle dont l'objectif est d'instaurer « un État national, autoritaire, hiérarchique et social », qui façonne dans les jeunes générations un «homme nouveau». Vichy a un intérêt fort dans l'éducation et la jeunesse du pays. Le but est d'arrêter les enseignements républicains qui sont contre l'Eglise et l'éducation classique. Le gouvernement de Pétain a peur que les instituteurs enseignent un esprit déloyal et contrent les efforts de leur régime.
Vichy et l'éducation :
La jeunesse est l'objet de tous les soins du nouveau régime soucieux de l'engager dans la croisade pour la «révolution nationale». La jeunesse est élevée dans le culte de la Patrie et du Maréchal, ceci au sein des écoles mais aussi dans le cadre des "chantiers de jeunesse" (8 mois de vie en groupe). Des effigies, des bustes, des chansons... célèbrent la Patrie et la défense de celle-ci par Pétain. La jeunesse doit être contrôlée. Un effort considérable est déployé pour enrégimenter et endoctriner une jeunesse abandonnée à elle-même au lendemain de l'exode et de la défaite. La jeunesse que veut le Maréchal est « propre de toutes les propretés physiques et morales, elle est gaie, fière et virile, mais elle n'a que faire des spéculations intellectuelles et de la critique». Georges Lamirand, secrétaire d'Etat à la jeunesse de Vichy s'exclame en 1942 « il faut avoir la foi du charbonnier, il faut suivre le chef aveuglément. Chercher à comprendre, mais vous n'avez rien à comprendre... Croire, obéir, combattre... ».
II- A quelles lois les Français en zone occupée doivent-ils obéir ?
Le Nord et l'Ouest de la France constituent la zone occupée séparée de la zone non occupée dite «zone libre» par la ligne de démarcation, véritable frontière intérieure.
L'article 3 de la convention d'armistice prévoit que : «dans les régions occupées de la France, le Reich allemand exerce tous les droits de la puissance occupante. Le Gouvernement français s'engage à faciliter par tous les moyens les réglementations relatives à l'exercice de ces droits et à la mise en exécution avec le concours de l'Administration française».
La collaboration de l'Etat
La collaboration de l'Etat est officiellement engagée à Montoire le 24 octobre 1940, par la rencontre entre Hitler et Pétain, et symbolisée par leur poignée de main. En négociant avec le Reich, le gouvernement veut affirmer la souveraineté de la France. Il parie sur la victoire de l'Allemagne et espère ainsi obtenir une place privilégiée dans la future Europe allemande. Il cherche à atténuer les rigueurs de l'Occupation. Pour les Allemands, la collaboration doit avant tout permettre de faire accepter aux Français l'occupation, l'administration se chargeant de faire appliquer les ordres de l'occupant. Le gouvernement de Vichy, quant à lui, cherche à utiliser la collaboration pour mener à bien la Révolution nationale. A partir de novembre 1942, l'ensemble du territoire est occupé, et le gouvernement de Vichy est totalement sous le contrôle de l'occupant. Une large partie de l'opinion publique se détache du régime.
La ligne de démarcation
Nom donné à la ligne qui coupe la France en deux grands blocs, dès la signature de l'armistice du 22 juin 1940. La zone Nord est occupée par les Allemands, la zone Sud reste sous l'autorité du gouvernement français qui s'est replié à Vichy. La France du Sud est appelée zone non occupée, ou encore de façon inexacte « zone libre ». Cette « frontière » s'étire de Bayonne à la Suisse, les côtes de l'Atlantique étant sous contrôle allemand. Elle ne peut en principe être franchie qu'avec une autorisation des autorités allemandes (Ausweis), mais, elle est cependant franchie clandestinement par un grand nombre de personnes, dont des étrangers en situation irrégulière, des Résistants et des Juifs. En novembre 1942, l'Allemagne nazie envahit la zone Sud, en représailles au débarquement allié en Afrique du Nord, mais une ligne de démarcation subsiste entre les deux zones jusqu'à la fin de l'Occupation. En mettant en place toute une série de mesures, tendant à limiter, tant la circulation des personnes que des marchandises, ou encore le trafic postal entre les deux zones, les Allemands disposent d'un moyen de pression qu'ils peuvent exercer à volonté. « Ouvrant » ou « fermant » la ligne, selon le besoin, ils assurent leur mainmise sur le pays et son économie..
III- Pourquoi Monsieur Simon doit-il porter l'étoile jaune ?
La politique intérieure de Vichy se caractérise par le rejet de ce que Pétain et ses ministres considèrent comme « l'anti-France ». L'État français pratique une politique de suppression des libertés et d'exclusion : l'administration et le corps enseignant sont épurés, de nombreuses municipalités de gauche sont dissoutes; les naturalisations accordées depuis 1927 sont révisées; en août 1940, la franc-maçonnerie est interdite; les hommes de la Troisième République sont pourchassés, ainsi que les Communistes, et l'État français s'engage dans une politique antisémite. A partir de Juin 1942, les Allemands obligent les Juifs de plus de 6 ans en zone occupée, à porter, cousue sur leurs vêtements, une étoile jaune, grosse comme la paume d'une main. .
La politique antisémite de Vichy
Dès l'été 1940, le gouvernement travaille à l'établissement d'une législation antisémite ; le 3 octobre est promulgué le premier statut des Juifs qui définit qui est juif, et qui porte des interdictions, notamment professionnelles. Cette loi constitue le point de départ d'une politique antisémite, qui va aller en se durcissant au fil des ans, avec pour but de mettre les Juifs au ban de la société. Au début de l'année 1941 est créé le Commissariat général aux questions juives. Le 2 juin 1941 un nouveau statut oblige les Juifs à aller se faire recenser auprès des mairies ou des commissariats de leur lieu de résidence. La loi du 22 juillet 1941 lance l'aryanisation économique, qui a pour but d'exclure les Juifs de la vie économique et de leur confisquer leurs biens. Dès 1941, les arrestations en masse des Juifs (rafles) commencent ; seuls des hommes sont arrêtés. A partir de 1942, le marquage des papiers d'identité est obligatoire. L'année 1942 est aussi celle du début des déportations dans le cadre de l'extermination des Juifs. Le gouvernement français accepte de procéder à l'arrestation des juifs étrangers. La rafle la plus importante est celle des 16 et 17 juillet 1942, connue sous le nom de « rafle du Vel d'Hiv ». A la demande des autorités d'occupation, 12.352 Juifs sont arrêtés par 4 500 policiers parisiens. Enfants, hommes et femmes de tous âges sont d'abord regroupés au Vélodrome d'Hiver (salle de sport située dans le XVe arrondissement de Paris où se tenaient notamment de grandes courses cyclistes), puis envoyés dans les camps de Drancy, Pithiviers et Beaune-La-Rolande. La très grande majorité d'entre eux sont déportés à Auschwitz, où ils sont gazés. En "zone libre", à l'initiative des Allemands, les rafles se multiplient également à partir de l'été 1942. La grande rafle de Marseille eut lieu en janvier.
La politique antisémite en zone occupée
En septembre 1940, les Allemands demandent au préfet des listes de Juifs. Le 3 octobre 1940, Vichy rédige sa première loi contre les Juifs. Ils n'ont plus le droit de s'inscrire sur les registres du commerce, d'avoir le téléphone et la radio. Leurs cartes doivent être marquées avec un tampon «juif». Ils sont déchus de leur nationalité et deviennent «apatrides». Leurs affaires sont confisquées, ils ne peuvent plus s'asseoir dans les tramways. Le 14 novembre 1941, il leur est interdit d'entrer dans les cafés. Les Allemands obligent les Juifs de plus de 6 ans à porter cousue sur leurs vêtements une étoile jaune, grosse comme la paume d'une main, dans le Reich et les pays occupés. En juin 1942, les Allemands imposent cette loi en zone Nord mais Vichy refuse cette mesure en zone Sud (ou zone libre). Le port de l'étoile rend la persécution antijuive visible au grand jour. Bon nombre de Français réprouvent ce marquage, si bien que les Allemands n'imposeront pas l'étoile aux Juifs de l'ex zone libre, même lorsqu'ils auront occupé toute la France en novembre 1942.
4- Monsieur Boquart accepte-t-il passivement l'occupation allemande ?
Monsieur Boquart ne se contente pas de trouver la présence des Allemands normale, il les aide lors des arrestations de Juifs. C'est un collaborateur actif, peut-être un milicien. .
La milice
La milice française fut une unité paramilitaire française, créée le 30 janvier 1943 par le gouvernement de Vichy pour lutter contre le « terrorisme » (c'est-à-dire contre la Résistance). Supplétifs de la Gestapo et des autres forces allemandes, les miliciens participèrent aussi à la traque des Juifs, des réfractaires au STO et de tous les déviants dénoncés par le régime. C'était aussi la police politique du régime de Vichy.
Les collaborationnistes
Par ce terme on désigne les partisans de la collaboration pour des raisons idéologiques : ils adhèrent à l'idéologie nazie, rejette la démocratie libérale et le communisme et font preuve d'un violent antisémitisme. A partir de 1941, des partis collaborationnistes se développent avec un financement nazi. Quelques collaborationnistes se sont même engagés dans la Waffen SS.