Pour approfondir
Episode C : Maman a votéSéquence 1 : Guerre et paix
Thème : La reconstruction
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1- Quel bilan de la Guerre peut-on faire en France ?
A partir de la Libération en 1944 la France se mobilise tout entière. Politiquement elle se reconnaît dans le gouvernement Provisoire de la République Française du général de Gaulle, qui symbolise la nouvelle union nationale avec des ministres chrétiens démocrates, socialistes, communistes. Militairement elle participe à la campagne d’Allemagne.
Les pertes humaines ont été moindres que pendant le premier conflit mondial (600 000 morts environ) mais les pertes matérielles sont très lourdes. De nombreuses villes sont rasées, dans les régions de combat intense ; en particulier, les villes de Caen, du Havre, de Brest, de Lorient et de Saint-Nazaire ont été particulièrement touchées. La crise du logement est partout forte. Combats et bombardements ont détruit usines, ponts, gares et voies ferrées. S’y ajoutent les pertes causées par l’exploitation intensive, par l’occupant, d’une économie asservie. Si l’immédiat après-guerre est une période particulièrement difficile, la paix restaure la confiance en l’avenir; on peut parler de véritable élan dans la remise sur pied du pays. La reprise démographique du baby-boom en est le symbole. En 1947, l’aide américaine du plan Marshall permet de parer au plus pressé pour la reconstruction du pays.
2- Quelles grandes réformes propose le gouvernement provisoire ?
Dès 1945, et bien que la situation soit difficile, des mesures d’urgence sont prises : nationalisations de secteurs clés de l’économie (énergie, transport aérien, banques de dépôt, assurances) et de grandes entreprises (Renault), création de la Sécurité Sociale, des comités d’entreprise et mise en œuvre d’une planification économique dont la responsabilité est confiée à Jean Monnet.
Les nationalisations
Après la Libération, la France a connu une importante vague de nationalisations. Les nationalisations ont été réalisées en deux temps : d'abord entre le 13 décembre 1944 et le 9 octobre 1945 par le gouvernement provisoire, puis en décembre 1945, par l’Assemblée législative mise en place après le référendum d’octobre 1945. C'est par ordonnance qu'ont été nationalisées les Houillères du Nord et du Pas-de-Calais (13 décembre 1944), les usines Renault (16 janvier 1945), Gnome et Rhône (29 mai 1945), les transports aériens (26 juin 1945), la Fondation nationale des sciences politiques (9 octobre 1945), alors que c'est la loi qui a décidé la nationalisation des banques (2 décembre 1945). La Sécurité sociale a été créée le 4 octobre 1945.
Le général de Gaulle, dans sa volonté de restaurer l’état, nationalise par ordonnance. Ces nationalisations, selon lui, doivent constituer un élément du processus de production au profit de tous les Français et ainsi leur permettre de recueillir une partie des fruits de la victoire. Enfin, elles participent à la reconstruction du pays.
La nationalisation des usines Renault
Une ordonnance est publiée dans le Journal Officiel, annonçant la dissolution de la Société anonyme des usines Renault Frères à Billancourt. Celle-ci est liquidée, son actif et son passif sont attribués à l'État. La nouvelle entreprise prend le nom de "Régie nationale des usines Renault". Il s'agit d'une nationalisation sanction. En effet, les usines Renault ont travaillé pour le compte de la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale. Louis Renault est inculpé pour sa collaboration avec l'Allemagne et emprisonné. Il meurt cette même année.
Renault passe dès lors à la construction de voitures populaires. La mythique 4CV est lancée ; c’est la première voiture française à dépasser le million d'exemplaires.
La Sécurité sociale
Le gouvernement provisoire signe une ordonnance créant la Sécurité sociale obligatoire pour tous les salariés. Le 22 mai 1946, une loi établira le principe d'une généralisation de la Sécurité sociale à tous les Français, salariés ou non. La France comble ainsi son retard en matière de protection sociale face aux autres pays industrialisés, Grande-Bretagne, Allemagne et Etats-Unis.
3- Quelle est la place du Parti Communiste en France après la Guerre ?
À partir de juin 1941, les différentes organisations rattachées de près ou de loin au mouvement communiste sont alors à même d'attirer un nombre important d'hommes et de femmes désireux de participer à la lutte contre l'occupant - en particulier le Front national et sa branche armée des Francs-tireurs et partisans (FTP). Dans tous les organismes de la résistance le Parti Communiste occupe une place considérable (CNR, commandement des FFI…). Il dispose de sa propre organisation de résistance, le Front national, de ses propres forces militaires, les FTP, et de la mise en place d’un appareil de propagande qui lui a attribué le titre de « parti des 75000 fusillés » (ce qui fait beaucoup plus que tous les morts de la Résistance !).
Le Parti sort donc de la Guerre auréolé d’une participation active à la Résistance et donc à la victoire. La courbe des adhésions s'envole, elle passe de 370000 adhérents en décembre 1944 à 800 000 à la fin de 1946. Au plan électoral, second derrière le MRP aux élections de juin 1946, il prend la première place en novembre de la même année, avec 28,6% des suffrages, alors qu’il n’en avait obtenus que 15,3% aux législatives de 1936. Pendant le gouvernement provisoire les Communistes n’avaient obtenu que deux fauteuils de ministre. Après le départ du général de Gaulle, leur participation au gouvernement est plus importante. Charles Tillon reste ministre, sans interruption, de septembre 1944 à mai 1947 (d'abord ministre de l'Air, puis de l'Armement, enfin de la Reconstruction). Maurice Thorez, d'abord ministre de la Fonction publique, terminera sa carrière gouvernementale comme vice-président du Conseil. Essentiellement ouvrier avant-guerre, le Parti Communiste sort de la période d'occupation avec une implantation nationale.
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