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Pour approfondir

logo Episode D : La Cinquième République

Séquence 1 : Le désert

Thème : la valse des gouvernements

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1- A quel moment le général de Gaulle s'est-t-il retiré de la vie politique et pourquoi ?

Entre le général de Gaulle et les partis politiques les divergences de vue sur la répartition des pouvoirs politiques dans la future Constitution furent d’emblée insurmontables.
L’important était d’établir une Constitution et la diversité des opinions à cet égard ne rendit pas ce travail simple. Si tout le monde était d’accord pour que le régime soit le plus démocratique possible et pour éviter de retomber dans l’instabilité de la Troisième République, les moyens pour y parvenir différaient d’un parti à l’autre. Le Parti Communiste et le Parti Socialiste étaient d’accord pour donner la plus grande importance à une Assemblée unique alors que le MRP estimait qu’il fallait un contrepoids à cette Assemblée. Le général de Gaulle, quant à lui, exprima son choix dans le discours de Bayeux (16 juin 1946) : le seul régime possible, selon lui, était celui qui donnerait au chef de l’Etat et au gouvernement une autorité et une autonomie  lui permettant de réellement gouverner. A  la place d’un régime des partis, il proposait un régime parlementaire à tendance présidentielle. Dans ces conditions le vote de la Constitution s’avéra plus que difficile et entre le chef du gouvernement provisoire aussi prestigieux qu’il fût et l’Assemblée issue du suffrage universel, le dialogue s’est très vite trouvé impossible. Désigné comme chef du gouvernement provisoire le 21 novembre 1945 le général de Gaulle démissionnait à peine deux mois plus tard (20 janvier 1946) espérant être rappelé très vite et ainsi imposer sa vision de la répartition des pouvoirs.

Le discours de Bayeux le 16 juin 1946 (extrait)
« C’est du chef de l’Etat, placé au dessus des partis, élu par un collège qui englobe le Parlement mais beaucoup plus large et composé de manière à faire de lui le président de l’Union française en même temps que celui de la République, que doit procéder le pouvoir exécutif. Au chef de l’Etat d’accorder l’intérêt général quant au choix des hommes avec l’orientation qui se dégage du Parlement. A lui la mission de nommer les ministres et d’abord, bien entendu, le Premier, qui devra diriger la politique et le travail du Gouvernement. Au chef de l’Etat la fonction de promulguer les lois et de prendre les décrets, car c’est envers l’Etat tout entier que ceux-ci ou celles-là engagent les citoyens. A lui la tâche de présider les conseils du Gouvernement et d’y exercer cette influence de la continuité dont une nation ne se passe pas. A lui l’attribution de servir d’arbitre au-dessus des contingences politiques, soit normalement par le Conseil, soit, dans les moments de graves confusions, en invitant le pays à faire connaître par des élections sa décision souveraine. A lui s’il devait arriver que la patrie fût en péril, le devoir d’être le garant de l’indépendance nationale et des traités conclus par la France ».


2- « Une République toute neuve mais pas très solide ». Comment expliquer cette fragilité ?

L’élection de deux Assemblées constituantes fut nécessaire  pour aboutir à un projet de Constitution accepté par référendum, bien que condamné par le général de Gaulle. En effet, d’extrême justesse et avec un taux d’abstention élevé  (près de 33%), un nouveau référendum approuva le projet de Constitution le 13 octobre 1946. Même si les trois principaux partis de l’Assemblée constituante (le MRP, le Parti Communiste et le Parti Socialiste) soutenaient cette version de la Constitution, le projet n’avait rassemblé que 35,33% des inscrits et 53,24% des votants. La victoire du  « oui » était bien faible et obtenue plus par lassitude des votants que par réelle adhésion. L’avenir de ces institutions n’était pas acquis.
La Constitution était très longue. L’essentiel du pouvoir était entre les mains de l’Assemblée nationale, une seconde Assemblée appelée Conseil de la République n’ayant pratiquement pas de pouvoir. Le Président de la République, élu pour 7 ans, n’a quant à lui que des pouvoirs de représentation.
Le gouvernement était dirigé par un Président du Conseil qui était dans la dépendance de l’Assemblée, elle-même soumise aux décisions des partis politiques qui la composaient. La Constitution créait un régime des partis. Le général de Gaulle le condamnait. Pour qu’un tel régime fonctionne cela supposait une entente des partis et donc une majorité stable. Le régime s’annonce, dès sa mise en place, très instable.
La Quatrième République n’a jamais disposé d’une majorité stable et 23 gouvernements se sont succédés du départ du général de Gaulle (1946) à son rappel par le Président de la République René Coty (1958).


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