Pour approfondir
Episode D : La Cinquième RépubliqueSéquence 2 : Le retour
Séquence 3 : La Constitution
Séquence 4 : Le vote
Thème : la naissance de la Cinquième République
Questionner et approfondir/ réponses/ compléments d’information
I- Quel est l'évènement qui précipite le retour du général de Gaulle au pouvoir ?
A partir de 1954, la France est confrontée en Algérie à une lutte de décolonisation. Si l’indépendance a été accordée en mars 1956 au Maroc et à la Tunisie, et si le processus de décolonisation est amorcé grâce à la loi cadre Deferre avec l’Afrique noire, le problème de l’Algérie revêt une toute autre dimension. En Algérie ce ne fût pas la paix mais la guerre. En novembre 1954, une flambée insurrectionnelle éclate dans le pays. La France réagit avec fermeté et annonce des réformes. A partir de cette date, le mouvement de rébellion encore très minoritaire cherche à faire basculer les masses algériennes de son côté. Le 20 août 1955, le massacre de Français dans le Constantinois provoque une répression impitoyable. Le Gouverneur général d’Algérie Jacques Soustelle, que Pierre Mendès France vient de nommer, après avoir annoncé une politique d’intégration, est désormais acquis à une répression sans faiblesse. Au mois d’avril 1955, l’état d’urgence est proclamé en Algérie, et la France à partir de l’automne envoie les soldats du contingent. Toutes les politiques proposées à partir de cette date échouent et la France s’enlise dans la guerre.
Au plan international, au fur et à mesure que la guerre se prolonge, l’action de la France est condamnée, en particulier par l’Organisation des Nations Unies.
Au plan économique, la guerre d’Algérie devient vite un gouffre financier et la situation financière du pays est catastrophique dès 1958.
Au plan moral, la France est divisée. Des courants d’extrême droite, hostiles à toute faiblesse à l’égard de l’Algérie se développent, alors qu’une partie de l’opinion publique s’indigne des méthodes employées et dénonce l’emploi de la torture et des exécutions sommaires.
Enfin, au plan politique, la perte d’autorité des gouvernements successifs est patente, et sur le terrain algérien, progressivement, l’armée agit sans se soucier des décisions gouvernementales. L’Algérie devient une sorte de province militaire qui échappe au pouvoir civil.
Le 13 mai 1958 l’étincelle se produit quand Pierre Pflimlin, considéré comme libéral à l’égard de la question algérienne, reçoit l’investiture pour former le gouvernement. Une véritable insurrection des Européens éclate alors à Alger. Des comités de salut public se forment en Algérie ; leur objectif n’est pas seulement de conserver l’Algérie française mais d’instaurer un pouvoir fort en métropole. Des forces venues d’Algérie s’emparent de la Corse.
Dès lors, en Algérie comme en métropole, alors que la guerre civile semble menacer, de nombreux Français réclament le retour à l’ordre et voient dans le retour du général de Gaulle la possibilité de sortir de cette crise. De son côté, devant cette crise politique, le Général se déclare « prêt à assumer les pouvoirs de la République ».
Le 1er juin 1958, il est investi par l’Assemblée nationale avec mission de préparer une nouvelle Constitution.
II- Le général de Gaulle accepte de former le gouvernement à une condition. Laquelle ? Pourquoi ?
L’insurrection militaire du 13 mai 1958 qui s’est produite en Algérie a permis au Général de Gaulle son retour au pouvoir. Ce retour s’est effectué dans une atmosphère de crise contre laquelle la Quatrième République n’était pas armée pour résister. La Quatrième République s’est effondrée dans le discrédit général ; pourtant une œuvre économique et sociale notable a été réalisée. En 1958, le général de Gaulle se trouve en face de problèmes importants : donner à la France des institutions nouvelles - c’est la condition qu’il a fixée pour ce retour - , régler la question algérienne et achever la décolonisation, et enfin, rétablir la situation financière.
Bilan économique de la Quatrième République
La Quatrième République couvre une période ambiguë, où la reconstruction est énergique et où le développement économique est réel, accompagné d'une profonde mutation sociale.
Héritant après la guerre d'une situation économique désastreuse (destructions, pénuries, effondrement de la production, paralysie des transports), la Quatrième République s'est efforcée de convaincre les Français qu'il était illusoire de compter sur d'hypothétiques réparations allemandes, qu'il fallait accorder la priorité aux tâches de reconstruction, accepter d'en payer le prix, et que l'intervention de l'État était nécessaire.
Inspirée par le programme du Conseil National de la Résistance, l'impulsion de l'État a été déterminante :
Dans les années 50, le redressement de la production et les gains de productivité ont été rapides.
La croissance, dynamisée par un important renouveau démographique et la poursuite des efforts d'investissements consentis à l'époque de la reconstruction, a été soutenue.
L'agriculture est devenue un point fort de l'économie.
L'élévation du niveau de vie de la population qui a accompagné la croissance a été stimulée par la création en 1950 du SMIG (Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti), et par l'augmentation des prestations sociales.
La France a fait son entrée dans la société de consommation et la civilisation de l'automobile, symbolisée par le succès de la populaire 4 CV Renault.
La croissance urbaine, alimentée par l'exode rural, s'est intensifiée au profit principalement de la région parisienne.
La tertiairisation de la société s'est amorcée, s'accompagnant de l'essor des classes moyennes et de l'entrée des femmes dans la vie active.
III- Quel sens le général de Gaulle donne–t-il à son retour à la vie politique ?
C’est l’homme de l’appel du 18 juin 1940 qui revient au moment où, de nouveau, la France est en péril. Le 29 mai, le président, René Coty adresse un message au Parlement dans lequel il annonce qu’il démissionnera si l’Assemblée refuse d’investir le général de Gaulle à la tête d’un gouvernement ayant pour mission d’assurer le « salut de la Patrie et de la République »
« Dans le péril de la Patrie et de la République, je me suis tourné vers le plus illustre des Français, vers celui qui, aux années les plus sombres de notre histoire, fût notre Chef pour la reconquête de la liberté et qui, ayant ainsi réalisé autour de lui l’unanimité nationale, refusa la dictature pour rétablir la République »
C’est la menace d’un coup d’état militaire qui a créé la situation de son retour au pouvoir. Comme en 1940, il se présente comme le défenseur des libertés : « La République, il fut un temps où elle était reniée, trahie, par les partis eux-mêmes ! Et moi j’ai redressé ses armes, ses lois, son nom ! » Il affirme dans sa conférence de presse du 19 mai son souci du respect de la légalité : » croit-on qu’à 67 ans je vais commencer une carrière de dictateur ? ». Il apparaît donc comme le seul homme pouvant éviter à la France un coup d’état militaire et la guerre civile.
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