Pour approfondir
Episode E : Le suffrage universelSéquence 2 : La campagne
Séquence 3 : Le ballottage
Séquence 4 : Face à face
Séquence 5 : C'est reparti
Thème : le général de Gaulle n'est pas élu au premier tour
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I- Quel est l'évènement qui précipite le retour du général de Gaulle au pouvoir ?
Après l’attentat du Petit-Clamart, de Gaulle, sentant la fragilité de son pouvoir, souhaite l’asseoir sur une légitimité incontestable : la légitimité populaire. Celle-ci ne peut donc passer que par une élection présidentielle au suffrage universel direct.
1965 est la première campagne électorale dans l’Histoire de France, employant des techniques de propagande et d’information modernes : une campagne électorale officielle à la télévision, avec des règles précises afin de respecter le principe d’égalité de parole entre tous les candidats. L'usage de la télévision leur permet de défendre leur programme devant le plus grand nombre. Il y a alors un peu plus de 6 millions de postes de télévision, un peu moins d’un foyer sur deux est équipé. Ainsi, pour la première fois, des candidats se réclamant de l’opposition font véritablement irruption sur le petit écran. En effet, jusqu’à cette date, les émissions politiques privilégiaient avant tout les partis au pouvoir. D’autre part, la pratique des sondages donne une image instantanée des intentions de vote des Français.
Les candidats du premier tour des Présidentielles de 1965
Six candidats sont en lice le 5 décembre pour le premier tour :
II- Comment s'explique le résultat du premier tour des élections présidentielles de 1965 ?
Le général de Gaulle, qui souhaitait une campagne électorale courte, s’est déclaré candidat très tardivement lors d’une allocution radiodiffusée (le 4 novembre). « Que l'adhésion franche et massive des citoyens m'engage à rester en fonctions, l'avenir de la République nouvelle sera décidément assuré. Sinon personne ne peut douter qu'elle s'écroulera et que la France devra subir – mais cette fois sans recours possible – une confusion de l'Etat encore plus désastreuse qu'elle connut autrefois ». En se plaçant sur le registre « moi ou le chaos », de Gaulle croit avancer un argument incontestable. Face à lui cependant, deux candidats vont mener une campagne électorale très active. Jean Lecanuet qui représente l’opposition centriste à forte tonalité européenne, et François Mitterrand qui a réussi à se faire accepter par l’ensemble de la gauche. Celui-ci profite par ailleurs d'une situation politique qui lui est favorable, puisqu'une grande partie de la gauche est hostile aux nouvelles institutions.
Le général de Gaulle, persuadé d’une réélection facile au premier tour, se place au-dessus des partis et n’utilise pas tout son temps d’antenne. S’il ne fait aucune émission télévisée, ses opposants s’emparent de ce nouvel outil pour diffuser leurs idées. L’image d'un renouvellement du personnel politique (Mitterrand affiche sa jeunesse, à 49 ans, face à un de Gaulle vieillissant de 75 ans) bouleverse la campagne. Les sondages permettent de suivre les effets de la campagne électorale. Ainsi la cote de Mitterrand remonte, tandis que celle du Général est passée de 66% au début de la campagne à 43% à la veille du scrutin.
III- Que représente dans la vie politique de la France le deuxième tour de ces élections ?
Au second tour des élections, le général de Gaulle est élu avec 54% des suffrages exprimés contre 45,54% à François Mitterrand. Malgré cette victoire brillante du général de Gaulle, il est clair que le ballottage du premier tour a mis en évidence une évolution des forces politiques du pays. Le général de Gaulle ne représente plus le consensus national du temps de la guerre d’Algérie. Les adversaires éliminés du pouvoir en 1958 et en 1962 ont reconstitué leurs forces. Le régime gaulliste rencontre une opposition croissante, l’usure du pouvoir se fait sentir. Le score plus qu’honorable de François Mitterrand lui permet déjà d’envisager les élections suivantes.
Par ailleurs, la forte participation électorale (84,7% des inscrits au premier tour, 84,3% au second) a mis en évidence l’intérêt des Français pour les élections présidentielles et le rôle de la télévision dans la vie politique du pays. Le ballottage qui, même prévisible, constitue une surprise, a entraîné pour le second tour une campagne active du Général à la télévision.
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