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Pour approfondir

logo Episode G : le nouveau franc

Séquence 1 : inflation

Séquence 2 : le franc lourd

Séquence 3 : au travail

Séquence 4 : consommation

Séquence 5 : réalités

Thème : les adieux au passé

Questionner et approfondir/ réponses/ compléments d’information


I- Le nouveau franc pourquoi ? Quels sont les objectifs de ce bouleversement monétaire ?

A la fin des années 50, les Français ressentent douloureusement les effets de l’inflation, c'est-à-dire une augmentation générale des prix à la consommation liée à la perte du pouvoir d’achat de la monnaie. En effet, à la fin de la IVe République, la situation financière du pays, à la suite des dépenses provoquées par la guerre d’Algérie, est particulièrement mauvaise. Pour redonner à la France une image positive et la rétablir à son rang de grande puissance, le général de Gaulle est convaincu qu’il faut mettre fin à la guerre d’Algérie, donner des institutions stables et des finances solides au pays. Il est donc urgent de rétablir l’équilibre financier. Cette période financière nouvelle, outre une très forte dévaluation (17,5%), des économies et des impôts nouveaux qui doivent permettre une forte relance de l’économie, est symbolisée par la création d’un nouveau franc équivalent à 100F anciens. Le général de Gaulle l’a ainsi décrit dans ses Mémoires : « Il s’agit qu’a partir de là notre monnaie ait désormais une valeur immuable, non point seulement proclamée en France […] mais aussi reconnue par l’étranger.»
Dès lors, l’économie française connaît une période d’expansion très soutenue. Cette période de croissance est favorisée par une monnaie stable mais aussi par le faible prix du pétrole, devenu la source d’énergie principale. Cette croissance coïncide avec la reprise économique mondiale et particulièrement la reprise économique des pays du Marché commun. La France est dans le peloton de tête de cette croissance.

 

 

II- Le passage au nouveau franc a-t-il été facilement accepté par la population française ?

Il y a eu une période transitoire, à partir de 1960, où les prix étaient indiqués en "nouveaux francs" (NF) ; la conversion était facile. Que 100 F deviennent 1F, cela donnait l'impression d'une monnaie plus forte. Beaucoup de personnes n'ont pas cherché à faire d'efforts et ont continué à parler en anciens francs en sachant qu'elles étaient comprises.
Au début des années 60, une enquête réalisée peu après l’introduction du franc lourd montre que le premier terme qui revient le plus souvent est « indifférence » ; passées les premières réactions de « on n’y comprend rien », on note que la méfiance à l’égard de l’introduction du franc lourd est vite dissipée car elle n’a pas entraîné de blocage économique. Tous les rapports répètent : « les anciens signes monétaires sont toujours utilisés et la plupart des personnes calculent en francs anciens », et ce phénomène sera durable.


III- En quoi cet épisode met-il particulièrement en lumière les bouleversements profonds de la société française ?

La création du nouveau franc symbolise la rupture entre deux France : celle de la IVe République, encore marquée par les valeurs de l’entre-deux guerres, même si les forces de changement sont déjà en gestation,  et la France qui a résolument fait le choix de la modernité. Le rajeunissement de la population coïncide avec la croissance de l’économie. Le temps des adieux au passé est arrivé. Le gaullisme au pouvoir choisit la modernité. Grands-parents, parents et enfants incarnent les trois générations qui se côtoient dans les années de Gaulle. Les grands-parents sont nés avant la guerre de 1914. Ils appartiennent à la France traditionnelle et largement rurale. Les parents ont quant à eux connu la guerre de 39-45. Ils ont grandi dans la France de leurs parents, marquée par la pénurie. Ils sont peu nombreux, ce qui explique le déficit de population active, le plein emploi et l’appel à la main-d’oeuvre étrangère. C’est de cette génération que vient, au lendemain de la guerre, le renouveau démographique. La génération des enfants est celle de la rupture. Ils sont nés dans la France de l’automobile et de la télévision. Ils sont nés dans la France moderne, celle de la consommation de masse et des loisirs. Pendant cette période, les Français bougent. Le plus apparent des mouvements de la population a pour résultat la croissance des villes. La France s’industrialise rapidement. La mécanisation de l’agriculture permet le transfert de la population des campagnes vers la ville. L’appel à la main-d’œuvre émigrée est indispensable. Ces mouvements de population et les transformations économiques bouleversent les cadres de vie. Il faut pouvoir accueillir dans les villes les nouveaux citadins. Les grands ensembles apparaissent. C’est dans la banlieue des grandes villes que l’on retrouve les catégories sociales de la croissance économique : employés et ouvriers dans les HLM, les cadres dans des immeubles de standing. Le supermarché est le lieu de rencontre des uns et des autres. La voiture devient indispensable. La critique de ces grands ensembles, dès les années 70, devient un thème récurrent. Dans les années 60, ils représentaient une amélioration considérable du cadre de vie des Français moyens. Beaucoup des nouveaux occupants venaient des bidonvilles.


 

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