Exposition "La Grande Guerre du général de Gaulle" Maison natale du général de Gaulle, Lille
Inaugurée le 9 octobre par Pierre Mazeaud, président de la Fondation Charles de Gaulle, la Maison natale présente une exposition consacrée au général de Gaulle et sa famille pendant la première guerre mondiale.
![]() Affiche de l'exposition "La Grande Guerre du général de Gaulle" |
Présentation de l'exposition :
Il y a juste un siècle, Charles de Gaulle était incorporé au 33ème régiment d’infanterie cantonné à Arras. A l’issue de sa formation à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, il fit l’expérience du combat et du commandement au cours de la Première Guerre mondiale.
Cette exposition, qui s’appuie sur de nombreuses sources inédites, puisées en particulier dans la correspondance ou les souvenirs familiaux, et sur des reportages vidéo, a pour but de montrer comment Charles de Gaulle a vécu l’épreuve de la Grande Guerre, quelle réflexion il en a tirée pour le destin de la France jusqu’à l’appel du 18 juin 1940 et de quelle manière il a associé ses compatriotes aux commémorations de ce moment essentiel de l’histoire contemporaine.
Le visiteur est amené à traverser dans cette exposition trois espaces :
- « Croire » 1905-1914 : dans le contexte de la Revanche après l’humiliante défaite de 1870, Charles de Gaulle, ainsi que sa soeur et ses trois frères, est éduqué dans « une certaine idée
de la France », qu’il voudra « servir » dans l’Armée, pour lui « une des plus grandes choses du monde ».
- « Combattre » 1914-1927 : en août 1914, tandis que le lieutenant Charles de Gaulle connaît le « baptême du Feu » et une première blessure sur le pont de Dinant en Belgique, sa soeur à Charleroi et ses cousins à Lille subissent l’occupation allemande ; d’octobre 1914 à mars 1916, le capitaine Charles de Gaulle et son frère cadet, lieutenant d’artillerie, Jacques, témoignent dans leurs lettres à leurs parents du « calvaire des tranchées » ; le 2 mars 1916, suite à une très grave blessure reçue à Douaumont, Charles de Gaulle est fait prisonnier et commence pour lui une « odieuse captivité » de 32 mois. Alors qu’en 1918 la Grande Guerre se termine par « le triomphe national », il tient à poursuivre le combat en Pologne pour une re-naissance en tant qu’officier français, avant de se replonger dans les bonheurs familiaux.
- « Commémorer » 1940-1968 : pour le chef de la France combattante, celui du Rassemblement du Peuple français ou le premier président de la Vème République, sa vision de la défense, de l’indépendance et de la grandeur de la France s’inscrit dans la continuité de la Grande Guerre ; chaque 11 novembre et le cinquantenaire des batailles de la Marne ou de Verdun seront pour lui l’occasion de le faire comprendre aux Français. Mais, « jamais las de guetter dans l’ombre la lueur de l’espérance », il voulut aussi faire le premier pas de la réconciliation avec l’ennemi d’hier, indispensable pour la construction d’une Europe puissante et pacifique.
Discours de Pierre Mazeaud, président de la Fondation Charles de Gaulle à l'occasion de l'inauguration de l'exposition "La Grande Guerre du général de Gaulle", le 9 octobre 2009
![]() Le 9 octobre 2010, Pierre Mazeaud inaugure l'Exposition "La Grande Guerre du général de Gaulle" en présence de Pierre Mauroy, Jean-Michel Bérard, Daniel Percheron, Martine Filleul (représentant Bernard Derosier) et Catherine Cullen (représentant Martine Aubry) |
Monsieur le Premier Ministre, cher Pierre Mauroy,
Monsieur le Président du Conseil régional, cher Daniel Percheron,
Madame la représentante du président du Conseil général, chère madame Filleul,
Madame la représentante du Maire de Lille, chère madame Cullen
Mesdames et messieurs membres de la famille De Gaulle,
Mesdames, messieurs, chers amis
Vous me permettrez de vous dire tout simplement le plaisir que j’ai de vous accueillir ici, dans la Maison natale de Charles de Gaulle. C’est d’abord un plaisir de retrouver des amis que j’ai pu côtoyer à plusieurs reprises dans ma carrière politique mais aussi de retrouver des partenaires solides. De fait, jamais les autorités du Nord et de Lille n’ont ménagé leur soutien à la Fondation Charles de Gaulle quand celle-ci s’est lancée en 1995 dans la rénovation de cette vénérable demeure lilloise puis, en 2002, quand il s’est agi de l’adapter à notre temps. Car le défi était là !Adapter, sans en dénaturer l’âme, la maison natale de Charles de Gaulle, la transformer en un musée digne du nom qu’elle porte et en un centre de culture multimedia susceptible d’accrocher l’intérêt d’abord des plus jeunes, mais aussi des témoins de cette page de notre histoire comme nos voisins belges, britanniques ou allemands .
Cela a été rendu possible grâce à vous, cher Pierre Mauroy, lorsque vous administriez Lille – et madame Aubry a poursuivi votre engagement - mais aussi grâce à vous , cher Président Percheron , à la tête de la région Nord-Pas-de Calais et cette salle résonne encore des accents gaulliens que vous avez eu lors de votre intervention au moment de l’inauguration . Enfin, cela a été possible aussi grâce au soutien du département et je vous demande , Madame, d’être mon interprète auprès du président Derosier .
Car une fois inaugurée, il importait aussi que cette maison vive : c’est l’objet des expositions temporaires que nous nous sommes engagés à produire à intervalles réguliers au terme de la convention qui lie la Fondation Charles de Gaulle aux collectivités de Nord et à la ville de Lille et, là encore, nous avons trouvé soutien et compréhension de votre part.
Après le succès de « De Gaulle, homme du Nord », il nous apparut normal de souligner la part prise par Charles de Gaulle dans le Premier conflit mondial , lui et les membres de sa famille , dont je salue ici les représentants. Normal, car le Nord a été l’une des régions les plus touchées par ce drame dont on ne mesure plus très bien l’ampleur, 90 ans plus tard : les destructions, les otages, les disparitions, la misère furent le lot commun de ces populations martyres.
Or, il y a exactement un siècle, jour pour jour, le 10 octobre 1909, comme cela était la règle pour les jeunes gens reçus à Saint-Cyr à cette époque , Charles de Gaulle était incorporé comme simple soldat à la 9 ème compagnie du 33ème régiment d’infanterie d’Arras pour y faire son stage « troupe » . Il y franchit tous les grades subalternes , devint caporal en avril 1910 et sergent en octobre de la même année ; il découvrit pendant cette année de formation de base, dans cette unité composée essentiellement de jeunes recrues du Pas-de-Calais , à la fois les réalités parfois rudes de la vie militaire mais aussi les gens du Nord auxquels il était si fier d’appartenir – « Nous autres, gens du Nord …» aimait-il à dire, lui , le petit Lillois de Paris !
Le 33 ème R.I.d’Arras le marqua suffisamment pour qu’à sa sortie de Saint Cyr, en 1912, le sous-lieutenant de Gaulle demandât de nouveau à servir dans ce régiment dont le commandement avait été confié entretemps au colonel Pétain !
Ironie de l’Histoire, Pétain qui symbolisa plus tard le drame et l’effondrement national de la Seconde guerre mondiale lui « démontra, écrit-il alors, dans ses Mémoires de guerre « ce que valent le don et l’art de commander ».
Pendant les deux années qui suivirent, le jeune lieutenant de Gaulle se prépara au conflit « avant que l’ouragan ne l’emportât comme un fétu à travers les drames de la guerre ».
Voilà ce que nous vous inviterons à découvrir dans quelques instants en visitant cette exposition, qui s’appuie sur de nombreuses sources inédites, puisées en particulier dans la correspondance ou les souvenirs familiaux, et sur des reportages vidéo et qui a pour but de montrer comment Charles de Gaulle a vécu l’épreuve de la Grande Guerre, quelle réflexion il en a tirée pour le destin de la France jusqu’à l’appel du 18 juin 1940 et de quelle manière il a associé ses compatriotes aux commémorations de ce moment essentiel de l’histoire contemporaine.
Je laisserai le soin à madame Claude Marmot –et j’en profite pour la remercier– le soin de vous guider dans les trois espaces qui composent l’exposition respectivement intitulés
- « Croire » 1905-1914
- « Combattre » 1914-1927
- « Commémorer » 1940-1968













