Baccalauréat-Histoire : Analyse de documents
Baccalauréat - Histoire-Géographie - Niveau Première et Terminale
Exercices et corrigés - 7 documents : le commentaire de documents
Réviser le baccalauréat d'histoire avec Charles de Gaulle : une série de 7 documents et leurs corrigés gratuits à partir d'annales du baccalauréat des années précédentes. Type d'épreuve : L' analyse de document
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Document 1 : Discours du général de Gaulle, 13 juillet 1940
Discours du général de Gaulle, 13 juillet 1940
« Ce soir, veille du 14 juillet, il n’est pas une pensée française qui ne soit pour la France seule. Le slogan d’une France pécheresse, justement punie de ses fautes et qui court à l’expiation, voilà qui convient tout à fait à nos vainqueurs du moment. Voilà qui répond trop bien aux remords et aux intérêts de ceux qui ont capitulé.
Pour l’instant, il s’agit de faire tout le possible, activement ou passivement, pour que l’ennemi soit battu. Qu’il le soit et nous renaîtrons, qu’il ne le soit pas et chaque jour il nous brisera, nous pillera, nous étouffera davantage. Prétendre que la France puisse être et demeurer la France sous la botte d’Hitler et le sabot de Mussolini, c’est de la sénilité ou de la trahison.
Et c’est encore de la sénilité ou bien de la trahison que de prétendre que la guerre est une entreprise désespérée. Ceux qui le disent à la France, à supposer qu’ils le disent de bonne foi, prouvent qu’ils n’ont rien compris au monde tel qu’il est.
Le monde ne se limite pas au champ de bataille sur lequel l’incompréhension de nos chefs nous livra sans moyens à la force mécanique allemande. Le monde comprend une Europe où nos alliés anglais qui, déjà, tiennent les mers et commencent à dominer le ciel, se renforcent chaque jour. Le monde comprend une Afrique, une Asie, une Amérique pleine d’immenses possibilités. Oui, l’ennemi a réussi à réduire plusieurs de ses voisins immédiats. Mais chaque pas en avant le met devant une tâche plus dure. La France même partagée, même pillée, même livrée, n’a pas à jouer perdant. »
Question 2 : Quelles raisons de Gaulle avance-t-il pour appeler les Français à continuer le combat ?
Question 3 : Quels sont les adversaires désignés par l’auteur et leurs arguments ?
Question 4 : En quoi ce texte complète-t-il l’appel du 18 juin ?
Réponse à la question 1 → Présentez l’auteur et le contexte dans lequel il fait sa déclaration.
Le 13 juillet 1940, le général de Gaulle est encore peu connu, malgré l’appel à la résistance qu’il a lancé depuis Londres sur les ondes de la BBC le 18 juin précédent. Son appel avait rediffusé quatre fois par la BBC le lendemain, et son texte avait été repris dans la presse britannique. Cependant, rares furent les Français qui l’entendirent à ce moment. Refusant la soumission de la France du maréchal Pétain, qui vient d’obtenir les pleins pouvoirs, aux volontés hitlériennes, Charles de Gaulle invite ses compatriotes à poursuivre la lutte. La date du discours– veille de la fête nationale du 14 juillet – lui donne une grande portée patriotique. Après l’armistice signé par la France le 22 juin, la Grande-Bretagne se retrouve seule pour affronter l’Allemagne nazie. Elle subit des attaques aériennes quotidiennes qui s’en prennent à la population urbaine (Londres, Coventry,…) : c’est la bataille d’Angleterre.
Réponse à la question 2 → Quelles raisons de Gaulle avance-t-il pour appeler les Français à continuer le combat ?
Le chef de la France libre fait appel à plusieurs raisons pour justifier son appel à la poursuite des combats. Tout d’abord des raisons d’honneur, qui renvoient à une constante dans la pensée gaullienne : une « certaine idée de la France » caractérisée par la notion de grandeur. Ainsi la France ne peut être réduite à accepter le joug d’un occupant, si puissant soit-il. Il importe donc qu’elle retrouve sa dignité (que l’ennemi soit battu et « nous renaîtrons »). Puis de Gaulle expose des raisons militaires et stratégiques. L’issue de la guerre ne doit pas être désespérée pour les Français dans la mesure où Hitler ne domine pas le monde entier. Non seulement la Grande-Bretagne fait plus que lui résister, mais elle peut s’appuyer sur le soutien économique et matériel immense des Etats-Unis. D’autre part, il a le pressentiment que la guerre qui a débuté est une guerre mondiale, qui se jouera sur d’autres champs de bataille qu’en Europe, et nombreux sont les pays qui pourraient, à moyen terme, apporter une aide à la France dans son combat. Charles de Gaulle évoque notamment les continents africain et asiatique où la France possède des colonies.
Réponse à la question 3 → Quels sont les adversaires désignés par l’auteur et leurs arguments ?
Les adversaires désignés par le général de Gaulle sont les chefs militaires responsables de la défaite, les capitulards et les collaborateurs, au premier rang desquels le maréchal Pétain Français ayant opté pour la collaboration, et notamment leur chef, le maréchal Pétain. Celui-ci est d’ailleurs qualifié à deux reprises de « traître » et de « sénile ». Leurs arguments sont de deux types. Ils commencent par reporter la responsabilité de la défaite sur la nature « pécheresse » du régime républicain et parlementaire auquel ils ont d’ailleurs mis un terme, remplaçant la IIIe République par l’Etat français et sa Révolution nationale. Puis ils justifient la collaboration avec Hitler en avançant que la victoire de l’Allemagne est inéluctable, et qu’il s’agit donc de faire passer la France du rang des vaincus au rang des vainqueurs.
Réponse à la question 4 → En quoi ce texte complète-t-il l’appel du 18 juin ?
Ce texte complète l’appel du 18 juin dans la mesure où il reprend pour les développer à l’aune des derniers événements les arguments visant à montrer que la guerre ne fait que commencer, et qu’elle n’est pas européenne, mais véritablement mondiale (référence ici explicite aux Etats-Unis, à l’Afrique et à l’Asie). La résistance acharnée des Britanniques qui ont réussi à briser l’avancée jusqu’alors ininterrompue des troupes allemandes ne pouvait que renforcer le poids de son propre appel à la poursuite des combats.
Document 2 : L’appel à tous les Français d’août 1940
L’appel à tous les Français d’août 1940
« A tous les Français.
La France a perdu une bataille !
Mais la France n’a pas perdu la guerre !
Des gouvernements de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l’honneur, livrant le pays à la servitude. Cependant, rien n’est perdu !
Rien n’est perdu, parce que cette guerre est une guerre mondiale. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné. Un jour, ces forces écraseront l’ennemi. Il faut que la France, ce jour-là, soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. Tel est mon but, mon seul but !
Voilà pourquoi je convie tous les Français, où qu’ils se trouvent, à s’unir à moi dans l’action, dans le sacrifice et dans l’espérance.
Notre patrie est en péril de mort.
Luttons tous pour la sauver.
Vive la France.
Général de Gaulle »
Question 2 : Pourquoi juge-t-il nécessaire de faire appel à « tous les Français où qu’ils se trouvent » ?
Question 3 : Quelles sont les conséquences de cet appel ?
Réponse à la question 1 → D’après le général de Gaulle, quelles sont en août 1940 les raisons d’espérer et de continuer le combat malgré la défaite du mois de juin ?
Les principales raisons d’espérer pour de Gaulle sont exprimées au milieu du texte, par l’expression « dans l’univers libre ». Par ces mots, de Gaulle indique que la guerre n’est pas jouée, puisque les pays libres peuvent à tout moment rejoindre la Grande-Bretagne pour combattre les nazis. Il pense bien sûr aux Etats-Unis, amis aussi aux colonies françaises qui, à l’inverse du territoire métropolitain, n’ont pas été envahies par la Wehrmacht. De Gaulle perçoit, comme il le faisait dès le 18 juin que « cette guerre est une guerre mondiale », et que le potentiel industriel et militaire de l’ « univers libre » est supérieur à celui de l’Allemagne. De fait, les Etats-Unis étaient la première puissance industrielle mondiale depuis 1918. Quant aux raisons de poursuivre le combat, elles sont avant tout une question d’honneur pour de Gaulle : il s’agit de redonner à la France sa liberté et sa grandeur. Le jour où l’Allemagne sera vaincue, ce qui lui paraît à terme inéluctable, il faudra que la France soit d’une manière ou d’une autre aux côtés des vainqueurs pour espérer faire entendre sa voix et faire valoir son statut de grande puissance.
Réponse à la question 2 → Pourquoi juge-t-il nécessaire de faire appel à « tous les Français où qu’ils se trouvent » ?
Pour donner à son Appel du 18 juin une suite concrète et une légitimité historique, il fallait que de Gaulle parvienne à créer dans de brefs délais une armée de résistants : toutes les bonnes volontés françaises sont donc sollicitées, qu’elles se trouvent en métropole, dans les colonies françaises – principalement en Afrique - ou dans les pays étrangers. Ils furent quelques milliers à rejoindre alors les rangs de la France libre, comme ces hommes de la petite île de Sein qui atteignirent les côtes anglaises à bord de leurs embarcations de pêche.
Réponse à la question 3 → Quelles sont les conséquences de cet appel ?
Les conséquences de l’Appel du 18 juin, à court et moyen termes, sont importants : naissance de la France libre, unification des résistances extérieure et intérieure, création d’un gouvernement légitime qui incarne la France aux côtés des Alliés, et qui pourra assurer la restauration de la République après la Libération... Pour répondre à cette question, reporte-toi aux fiches sur la Résistance.
Document 3 : La France quitte l’OTAN
La France quitte l’OTAN
« Cher Monsieur le Président,
Notre alliance atlantique achèvera dans trois ans son premier terme. Je tiens à vous dire que la France mesure à quel point la solidarité de défense ainsi établie entre quinze peuples libres de l’Occident contribue à assurer leur sécurité, et notamment quel rôle essentiel jouent à cet égard les Etats-Unis. Aussi la France envisage-t-elle dès à présent de rester, le moment venu, partie au traité signé à Washington le 4 avril 1949. Cela signifie que, à moins d’événements qui, au cours des trois prochaines années, viendraient à changer les données fondamentales des rapports entre l’Ouest et l’Est, elle serait en 1969 et plus tard résolue, tout comme aujourd’hui, à combattre aux côtés de ses alliés au cas où l’un d’entre eux serait l’objet d’une agression qui n’aurait pas été provoquée.
Cependant, la France considère que les changements accomplis ou en voie de l’être depuis 1949 en Europe, en Asie et ailleurs, ainsi que l’évolution de sa propre situation et de ses propres forces, ne justifient plus, pour ce qui la concerne, les dispositions d’ordre militaire prises après la conclusion de l’alliance, soit en commun sous la forme de conventions multilatérales, soit par accords particuliers entre le gouvernement français et le gouvernement américain.
C’est pourquoi la France se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamée par la présence permanente d’éléments militaires alliés, (...) de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN. »
Charles de Gaulle, lettre au président Johnson, 7 mars 1966
Question 2 : Qu’est-ce que l’OTAN et les alliances atlantiques mentionnées dans le texte ? Précisez les circonstances de leur naissance et leurs fonctions.
Question 3 : Expliquez le passage souligné.
Question 4 : Quelle attitude de Gaulle préconise-t-il vis-à-vis de l’OTAN ? A la lumière de ce document, comment caractériser la politique étrangère du général de Gaulle.
Réponse à la question 1 → Présentez les deux personnalités concernées par la correspondance.
Dans cette lettre, le président français s’adresse au président américain en tant que chef des armées, comme le prévoit la Constitution de la Ve République. En 1966, de Gaulle a entamé depuis un an son second mandat présidentiel. Quant à Johnson, issu du parti démocrate, il a succédé au président Kennedy assassiné en 1963. Il poursuivit alors sa politique d’ « escalade » au Viêtnam.
Réponse à la question 2 → Qu’est-ce que l’OTAN et les alliances atlantiques mentionnées dans le texte ? Précisez les circonstances de leur naissance et leurs fonctions.
Le 4 avril 1949, le Pacte atlantique est signé entre la plupart des pays d’Europe occidentale (Royaume-Uni, France, Italie, Pays-Bas, Luxembourg, Portugal, Norvège, Danemark, Islande), le Canada et les Etats-Unis. Conçu pour faire face à l’avancée communiste en Europe, le pacte a pour objet d’assurer collectivement la sécurité des Etats signataires. Pour cela est créée l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Les armées des pays signataires sont intégrées dans l’OTAN, sous la direction d’un état-major militaire interallié dominé par les Etats-Unis. La signature du Pacte atlantique doit être replacée dans un contexte général de mise en place de des deux blocs, et de ce que l’on a alors appelé la « pactomanie » (OTAN, OTASE, Pacte de Bagdad,…). Le bloc soviétique y répliqua par la signature en 1955 du Pacte de Varsovie.
Réponse à la question 3 → Expliquez le passage souligné.
Le contexte international de l’année 1966 est très différent de celui que l’on connaissait en 1949. En effet, au moment où l’OTAN est créée, la situation internationale est extrêmement tendue : en Europe l’URSS a fini en 1948 (« coup de Prague ») de mettre sous sa tutelle les pays à l’est du « rideau de fer », et en Allemagne, en 1949, la crise du blocus de Berlin a débouché sur la création de la RFA et de la RDA. En Asie, le communisme progresse lui aussi avec la victoire de Mao sur les nationalistes, et la création de la République Populaire de Chine. A l’inverse, en 1966, on est dans cette période de la guerre froide que l’on appelle la « Détente », et qui a commencé peu après la résolution de la crise de Cuba, en 1962. Ainsi, 1966, c’est l’année où le futur chancelier allemand Willy Brandt, alors ministre des Affaires étrangères, inaugura sa politique d’ouverture vers les pays de l’Est (Ostpolitik).
Sur le plan intérieur, on constater également que la situation de la France est bien différente en 1966 de ce qu’elle était en 1949. La France a alors achevé, dans la douleur (guerres d’Indochine et d’Algérie), sa décolonisation. Ses forces militaires ne sont donc plus mobilisées sur des terrains extérieurs. D’autre part, le pays s’est doté de l’arme nucléaire, après le premier essai atomique réussi en 1960, à Reggane dans le Sahara. La France n’est donc plus dépendante du parapluie nucléaire américain.
Réponse à la question 4 → Quelle attitude de Gaulle préconise-t-il vis-à-vis de l’OTAN ? A la lumière de ce document, comment caractériser la politique étrangère du général de Gaulle.
L’attitude du général de Gaulle vis-à-vis de l’OTAN relève de sa volonté de garantir l’indépendance et la souveraineté de la France, notamment sur le plan militaire. Il ne s’agit pas pour autant de rompre l’alliance avec les Américains. De Gaulle l’affirme avec force et son soutien inconditionnel à Kennedy pendant la crise des fusées (1962) était là pour le prouver. Cette décision participe de la politique de grandeur nationale chère au général de Gaulle. Il s’agissait également de montrer que la France refusait de se soumettre à l’hégémonie américaine, comme allait le confirmer son voyage en URSS en juin 1966, et son célèbre discours de Phnom Penh, le 1er septembre de la même année. Enfin, du point de vue institutionnel, ce document illustre aussi la conception et la pratique gaulliennes de la fonction présidentielle, avec une intervention privilégiée dans ses « domaines réservés » que sont la Défense nationale et les Affaires étrangères.
Document 4 : Le discours du général de Gaulle à la radio, le 30 mai 1968
Le discours du général de Gaulle à la radio, le 30 mai 1968
«Françaises, Français,
Etant le détenteur de la légitimité nationale et républicaine, j’ai envisagé, depuis vingt-quatre heures, toutes les éventualités, sans exception, qui me permettraient de la maintenir. J’ai pris mes résolutions. Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. J’ai un mandat du peuple, je le remplirai. Je ne changerai pas le Premier ministre (...). Je dissous aujourd’hui l’Assemblée nationale. (...) Quant aux élections législatives, elles auront lieu dans les délais prévus par la Constitution, à moins qu’on entende bâillonner le peuple français tout entier, en l’empêchant de s’exprimer en même temps qu’on l’empêche de vivre, par les mêmes moyens qu’on empêche les étudiants d’étudier, les enseignants d’enseigner, les travailleurs de travailler. Ces moyens, ce sont l’intimidation, l’intoxication et la tyrannie exercées par des groupes organisés de longue date en conséquence et par un parti qui est une entreprise totalitaire, même s’il a déjà des rivaux à cet égard. Si donc cette situation de force se maintient, je devrai pour maintenir la République prendre conformément à la Constitution, d’autres voies que le scrutin immédiat du pays. En tout cas, partout et tout de suite, il faut que s’organise l’action civique. Cela doit se faire pour aider le gouvernement d’abord, puis localement les préfets (...) dans leur tâche qui consiste à assurer autant que possible l’existence de la population et à empêcher la subversion à tout moment et en tous lieux.
La France, en effet, est menacée de dictature. On veut la contraindre à se résigner à un pouvoir qui s'imposerait dans le désespoir national, lequel pouvoir serait alors évidemment et essentiellement celui du vainqueur, c'est-à-dire celui du communisme totalitaire. Naturellement, on le colorerait, pour commencer, d'une apparence trompeuse en utilisant l'ambition et la haine de politiciens au rancart. Après quoi, ces personnages ne pèseraient pas plus que leur poids qui ne serait pas lourd.
Eh bien ! Non ! La République n’abdiquera pas. Le peuple se ressaisira. Le progrès, l’indépendance et la paix l’emporteront avec la liberté.
Vive la République !
Vive la France ! »
Question 2 : Quel est le ton de ce texte ? Quelles sont les mesures annoncées par l’auteur ? Au nom de quelles valeurs les prend-il ?
Question 3 : Comment de Gaulle qualifie-t-il ses adversaires politiques ? Que leur reproche-t-il ?
Question 4 : Quelles furent les conséquences à court et moyen terme de ce discours ?
Réponse à la question 1 → Présentez la nature du texte, son auteur et le contexte de sa rédaction.
Le texte est un discours prononcé à la radio par Charles de Gaulle le 30 mai 1968. A cette date, Charles de Gaulle a entamé depuis trois années son second mandat de président de la République française. Une certaine usure du pouvoir se fait toutefois sentir : après avoir été mis en ballottage lors du premier tour de l’élection présidentielle de 1965, face à François Mitterrand, Charles de Gaulle doit surtout affronter la difficile crise de mai 1968, déclenchée par les étudiants puis par les ouvriers qui appellent à un changement de société – et à un changement du pouvoir.
Pour la chronologie précise de la crise de mai 1968, et notamment pour comprendre à quel moment de Gaulle choisit de prononcer son discours du 30 mai, reporte-toi aux fiches sur Mai 1968. De Gaulle tente de reprendre la main alors que les grèves se poursuivent en dépit des accords de Grenelle signés le 27 mai. Le 29, il avait momentanément disparu, se rendant en secret à Baden-Baden pour rencontrer le chef des forces françaises en Allemagne, le général Massu. S’il choisit de s’adresser au peuple à travers la radio, c’est pour avoir l’audience la plus large possible, beaucoup de Français suivant quotidiennement les événements de mai depuis leur transistor.
Réponse à la question 2 → Quel est le ton de ce texte ? Quelles sont les mesures annoncées par l’auteur ? Au nom de quelles valeurs les prend-il ?
Le ton du texte est particulièrement solennel et déterminé voire combatif : le général de Gaulle réaffirme toute son autorité (« Etant le détenteur de la légitimité »), puis explique son refus de céder (« J’ai pris mes résolutions »). Il utilise des exclamations (« Non ! La République n’abdiquera pas ! ») et des termes sans concession (« bâillonner les peuple », « l’intoxication et la tyrannie »...).
Les mesures qu’il annonce sont conformes à sa détermination et à sa conception de l’exercice du pouvoir. Il dissout l’Assemblée nationale et provoque des élections législatives anticipées pour mesurer son crédit et son soutien parmi les Français.
Charles de Gaulle se réfère à plusieurs valeurs pour justifier les mesures prises. La première est la République, invoquée à la première ligne et à la dernière ligne du texte, mais aussi dans d’autres expressions comme : « J’ai un mandat du peuple ». C’est bien au nom de la légitimité que lui a conférée le peuple que Charles de Gaulle entend intervenir pour éviter que la République ne soit menacée dans ses principes. Le général de Gaulle invoque également la liberté (avant-dernière ligne du texte), qu’il oppose aux méthodes des organisateurs de la crise de mai 1968. Ces derniers, selon lui, ont utilisé « l’intimidation et la tyrannie », parfaitement contraires aux valeurs de liberté pratiquées dans une démocratie qu’il voit menacée par le « communisme totalitaire ».
Réponse à la question 3 → Comment de Gaulle qualifie-t-il ses adversaires politiques ? Que leur reproche-t-il ?
Le général de Gaulle qualifie très durement ses adversaires, en employant des termes tels que « groupes », « entreprise totalitaire », ou encore « tyrannie » pour désigner le Parti Communiste Français (PCF) et les partis d’extrême gauche. Ses propos sur le PCF ne doivent pas surprendre de la part de celui qui qualifiait les communistes de « séparatistes » dès 1947. Quant aux « politiciens au rencard », on peut y voir une dénonciation d’opposants historiques au gaullisme comme Pierre Mendès France ou François Mitterrand, qui venait de faire savoir qu’il était prêt à prendre la succession du général en cas de démission de celui-ci. De Gaulle reproche aux organisateurs de la crise de mai 1968 d’avoir désorganisé le pays – donc d’avoir porté atteinte au droit des autres Français à vivre paisiblement : « on empêche les étudiants d’étudier » fait référence à l’occupation des universités par les étudiants révoltés, puis à la fermeture de celles-ci. On empêche « les travailleurs de travailler » rappelle que la France est paralysée par des grèves sans précédent. Charles de Gaulle considère donc que la fin de la crise de mai 1968 permettra le retour à l’ordre du pays : c’est en ce sens qu’il évoque la tâche des préfets, « qui consiste à assurer (...) l’existence de la population ».
Réponse à la question 4 → Quelles furent les conséquences à court et moyen terme de ce discours ?
A court terme, les conséquences de cette allocution sont la reprise en mains de l’espace public par les gaullistes, avec, le soir-même, l’organisation d’une immense manifestation de soutien au général, sur les Champs-Elysées. A moyen terme, les conséquences sont le raz-de-marée gaulliste aux élections législatives anticipées de juin 1968. Cependant, s’il affirmait dans son allocution sa détermination à ne pas changer de Premier ministre, de Gaulle devait bel et bien mettre fin aux fonctions de Georges Pompidou dès le mois de juillet, pour le remplacer par Maurice Couve de Murvillle.
Document 5 : Conférence de presse de Charles de Gaulle, 7 avril 1954.
Conférence de presse de Charles de Gaulle, 7 avril 1954.
« Quand on est, comme la France, la tête de pont et le cap de l’Europe, unique champion combattant de la liberté en Asie, riveraine à la fois de l’Atlantique, de la Manche, de la Mer du Nord et de la Méditerranée, maîtresse d’une grande partie de l’Afrique, depuis Casablanca jusqu’à Bizerte, depuis Dakar jusqu’au bassin du Nil, depuis Alger jusqu’au Congo ; quand on possède, comme la France, la plus forte armée parmi les peuples libres du vieux monde et les meilleures bases dans un éventuel conflit ; quand on a, comme la France, une vaste clientèle morale et intellectuelle dans toutes les contrées de la terre, il y a peu de chances pour qu’on se trouve jamais isolé. On a toujours, au contraire, beaucoup de monde chez soi et autour de soi. Il arrive même qu’on en ait un peu trop. Si la communauté dite « européenne de défense » est, comme elle le mérite, laissée pour compte, nos alliés américains, dont ce n’est nullement l’affaire puisqu’ils n’en sont pas signataires, en prendront sagement leur parti. Ils souhaiteront, ce qui sera leur droit, que l’Europe trouve un autre mode de défense et d’organisation communes. Ils cultiveront, ni plus ni moins qu’avant, leur stratégie périphérique. Mais ils se garderont d’aller à une rupture qui serait monstrueuse et risquerait de coûter cher au monde libre et à eux-mêmes. C’est pourquoi, quand M. Foster Dulles évoquait, à Paris, le fantôme d’une révision dramatique de la politique américaine à l’égard de la France, son amie et son alliée, je suis persuadé qu’il ne pouvait réprimer un sourire ? Avec le même sourire, je lui réponds aujourd’hui : « Ne vous gênez pas, cher ami ! » »
Question 2 : Selon l’auteur, sur quelles bases repose la puissance française ?
Question 3 : Quelle position de Gaulle adopte-t-il vis-à-vis de la CED ? Pourquoi ?
Réponse à la question 1 → Présentez le document.
Il s’agit d’un extrait d’une conférence de presse donnée par le général de Gaulle en 1954, durant ce qu’il est convenu d’appeler sa « traversée du désert ». Retiré à Colombey-les-Deux-Eglises, Charles de Gaulle n’en continue pas moins d’observer attentivement la vie politique française, s’opposant à la IVe République et à la Communauté européenne de Défense, dont le projet est né au début des années 1950.
Réponse à la question 2 → Selon l’auteur, sur quelles bases repose la puissance française ?
La première partie du texte décrit les bases de la grandeur de la France selon de Gaulle. Elles sont pour lui constituées de la situation géographique exceptionnelle de la France (carrefour de l’Europe, à la fois isthme et cap), et de son empire colonial. Pourtant, il faut noter qu’au moment où s’exprime de Gaulle, la guerre d’Indochine est en passe d’être perdue par la France, la bataille de Diên Biên Phu ayant débuté le 13 mars et devant se conclure 57 jours plus tard, le 7 mai 1954, par une défaite française. On peut d’ailleurs noter la façon dont le général présente la guerre d’Indochine : il ne s’agit pas pour lui d’une guerre de décolonisation, mais plutôt d’une lutte contre l’expansion communiste (« unique champion combattant de la liberté en Asie »). C’est probablement la situation désespérée de la France en Indochine qui explique que de Gaulle insiste davantage sur la présence française en Afrique. Autres bases de la puissance française selon le général : son armée et son rayonnement culturel et moral mondial. On voit comment de Gaulle s’efforce de donner de la France l’image de la grande puissance qu’elle a pourtant cessé d’être.
Réponse à la question 3 → Quelle position de Gaulle adopte-t-il vis-à-vis de la CED ? Pourquoi ?
De Gaulle s’oppose à la CED, jugeant qu’elle mérite d’être « laissée pour compte ». Ce projet de mise en commun des armées européennes sous la direction d’un ministère commun de la défense impliquait une perte de souveraineté qu’il n’acceptait pas. En outre, l’implication des Etats-Unis dans ce projet, comme dans le projet de construction européenne, déplaisait fortement à de Gaulle. En 1954, la nécessité de bâtir une défense européenne commune n’était plus aussi évidente qu’en 1951 : la guerre de Corée était terminée, et Staline était mort (1953). Quant aux menaces formulées par Foster Dulles, secrétaire d’Etat américain de 1952 à 1959, en cas de non ratification de la CED par la France, elles laissent de Gaulle de glace : le refus de l’hégémonie américaine constitue l’un des traits permanents de sa politique étrangère.
Document 6 : Un parlementaire contre la révision de la Constitution de 1962
Un parlementaire contre la révision de la Constitution de 1962
« Le général de Gaulle a voulu cumuler les honneurs dus au chef de l’Etat et les pouvoirs du Premier ministre. (…) Aussi, depuis quatre ans, en dépit de l’article 20 de la Constitution, la France est-elle gouvernée par le président de la République, ce qui fut accepté par les uns, toléré par les autres, en raison de la cruelle épreuve que la France subissait en Algérie. Le général de Gaulle avait un tel souci d’agir qu’il s’est défié du Parlement. Or, dans tous les pays civilisés, le Parlement est considéré comme représentatif de la nation, avec ses qualités et ses défauts, avec ses diversités, ses contradictions même. Mais lorsque les élus assemblés délibèrent et votent, ils sont investis de cette qualité éminente de représentants de la nation. Pour nous, républicains, la France est ici et non ailleurs. (…) Admettre qu’il en soit autrement, c’est admettre la fin de la République. Le conflit entre le général de Gaulle et nous est là. Voilà ce qui l’a fait glisser sur la pente du pouvoir personnel. La tentation de faire élire le président de la République par le suffrage universel vient de là. Mais la question, la seule question, la question précise qui vous est posée par la motion de censure est celle-ci : la Constitution est violée, le Parlement dépouillé. Je vous demande alors : Allez-vous courber la tête et, fuyant le scrutin, allez-vous dire à voix basse : « Oui, je l’accepte ? » Nous, nous disons « Non ! » (…) C’est la République qui répondra donc à votre projet car le scrutin d’aujourd’hui comptera dans l’histoire. (..) Aussi, monsieur le Premier ministre, allez dire à l’Elysée que notre admiration pour le passé reste intacte mais que cette Assemblée n’est pas assez dégénérée pour renier la République. »
Discours de Paul Reynaud devant l’Assemblée nationale, lors du débat sur la motion de censure contre le gouvernement Pompidou, 4 octobre 1962
Question 2 : Comment l’auteur présente-t-il la pratique gaullienne des institutions ? Quelles conditions particulières l’ont-elles rendues possible ?
Question 3 : En quoi consistait la réforme constitutionnelle voulue par de Gaulle et comment la défendait-il ?
Question 4 : Pourquoi l’auteur s’y oppose-t-il ? De quel moyen prévu par la Constitution dispose-t-il pour s’opposer à cette réforme ? Quel fut le résultat final ?
Réponse à la question 1 → Présentez le document en insistant sur la personnalité de son auteur et sur le contexte politique.
Paul Reynaud était alors député centre-droit du Nord. Il avait été président du Conseil lors de débâcle française de mai-juin 1940, démissionnant le 16 juin pour être remplacé par le maréchal Pétain. Après la guerre, il avait été plusieurs fois ministre sous la Ive République, avant de participer à la rédaction de la Constitution de la Ve République. Le contexte est le suivant : après avoir mis un terme à la guerre d’Algérie en mars 1962 (Accords d’Evian), le général de Gaulle fut victime le 22 août d’un attentat perpétré par l’OAS au Petit-Clamart, dont il réchappa de justesse. C’est probablement cet événement qui le convainquit de la nécessité de renforcer l’autorité et la légitimité du chef de l’Etat en le faisant élire au suffrage universel. C’est dans son discours du 20 septembre qu’il annonça aux Français l’organisation d’un référendum sur la question.
Réponse à la question 2 → Comment l’auteur présente-t-il la pratique gaullienne des institutions ? Quelles conditions particulières l’ont-elles rendues possible ?
Pour l’auteur il apparaît clairement qu’il y a loin entre la lettre et la pratique de institutions par le général de Gaulle. En effet, le principe selon lequel « le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation » (article 20 de la Constitution) ne lui semble pas être appliqué par de Gaulle qui se comporte depuis 1958 en véritable chef de l’exécutif, laissant peu de place à son Premier ministre Georges Pompidou. Et si cela a été accepté par les Français, il faut y voir pour l’auteur une conséquence directe des conditions particulièrement troublées dans lesquelles de Gaulle a pris le pouvoir et a fait adopter la Constitution de 1958 : la guerre d’Algérie, qui vient alors à peine de prendre fin.
Réponse à la question 3 → En quoi consistait la réforme constitutionnelle voulue par de Gaulle et comment la défendait-il ?
La réforme constitutionnelle voulue par de Gaulle visait à faire élire le président de la République par l’ensemble des citoyens, au suffrage universel direct, et non plus par un collège électoral limité, au suffrage universel indirect. Il s’agissait pour lui de renforcer l’autorité du chef de l’Etat, de faire en sorte que sa légitimité soit à la hauteur de l’étendue de ses pouvoirs. Il avait annoncé lors du conseil des ministres du 12 septembre 1962 son intention d’organiser un référendum sur le sujet. Il s’était ensuite directement adressé aux Français, lors de son discours du 20 septembre, pour les informer de son projet.
Réponse à la question 4 → Pourquoi l’auteur s’y oppose-t-il ? De quel moyen prévu par la Constitution dispose-t-il pour s’opposer à cette réforme ? Quel fut le résultat final ?
Pour Paul Reynaud, l’élection du président de la République au suffrage universel direct renforcerait la personnalisation du pouvoir et le poids du chef de l’Etat, au détriment de l’Assemblée nationale. Sa dernière phrase montre qu’il refusait catégoriquement toute présidentialisation du régime. En affirmant que « la Constitution est violée, le Parlement dépouillé », il s’oppose à la méthode choisie par le général puisque selon l’article 89 de la Constitution, une révision constitutionnelle doit d’abord passer devant le Parlement, avant de faire l’objet d’un référendum. Mais de Gaulle savait que la majorité des députés était opposée à sa réforme. Et il faisait valoir l’article 3 de la Constitution, qui stipule que « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la vois du référendum ». Restait à Paul Reynaud et aux députés opposés à la révision le recours à la motion de censure qui permettait de contraindre le gouvernement à présenter sa démission. De fait, les députés adoptèrent cette motion de censure et le gouvernement Pompidou fut contraint à la démission. Mais le général de Gaulle décida aussitôt de dissoudre l’Assemblée nationale. Le 28 octobre, les Français adoptèrent la révision de la Constitution par 62 % des suffrages. Et aux élections législatives de novembre, les gaullistes de l’UNR obtinrent la majorité presque absolue des sièges à l’Assemblée nationale.
Document 7 : Discours de Charles de Gaulle à l’Hôtel de Ville, 25 août 1944
Discours de Charles de Gaulle à l’Hôtel de Ville, 25 août 1944
« Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l'émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains.
Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies.
Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.
Eh bien ! puisque l'ennemi qui tenait Paris a capitulé dans nos mains, la France rentre à Paris, chez elle. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre, éclairée par l'immense leçon, mais plus certaine que jamais, de ses devoirs et de ses droits.
Je dis d'abord de ses devoirs, et je les résumerai tous en disant que, pour le moment, il s'agit de devoirs de guerre. L'ennemi chancelle mais il n'est pas encore battu. Il reste sur notre sol. Il ne suffira même pas que nous l'ayons, avec le concours de nos chers et admirables alliés, chassé de chez nous pour que nous nous tenions pour satisfaits après ce qui s'est passé. Nous voulons entrer sur son territoire comme il se doit, en vainqueurs. C'est pour cela que l'avant-garde française est entrée à Paris à coups de canon. C'est pour cela que la grande armée française d'Italie a débarqué dans le Midi ! et remonte rapidement la vallée du Rhône. C'est pour cela que nos braves et chères forces de l'intérieur vont s'armer d'armes modernes. C'est pour cette revanche, cette vengeance et cette justice, que nous continuerons de nous battre jusqu'au dernier jour, jusqu'au jour de la victoire totale et complète. Ce devoir de guerre, tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu'il exige l'unité nationale. Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n'avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu'à la fin, dignes de la France. Vive la France ! »
Question 2 : Le reste du territoire national a-t-il été libéré de la même façon ?
Question 3 : Expliquez le passage souligné dans le texte.
Question 4 : Que demande le général de Gaulle aux Français ? Pour quelles raisons ?
Réponse à la question 1 → Après avoir rappelé le contexte dans lequel ce discours a été prononcé, expliquez par qui et comment Paris fut libéré.
Le discours est prononcé par de Gaulle alors que la Libération de la France est en voie d’achèvement : le 15 août, un débarquement des Américains et de la Ire armée française (commandée par de Lattre de Tassigny) a succédé au débarquement du 6 juin sur les plages normandes. Le 25 août, Paris est libéré par l'action conjuguée de la police parisienne, des forces de l'intérieur levées dans la capitale et de la deuxième division blindée française du général Leclerc qui a brisé les positions allemandes dans la banlieue sud et les derniers centres de résistance de l'ennemi au Majestic, au Luxembourg, au Palais-Bourbon, rue Royale, etc.
Réponse à la question 2 → Le reste du territoire national a-t-il été libéré de la même façon ?
Il était important pour le général de Gaulle, qui savait la force des symboles, que la capitale fût libérée par les Français. La libération du reste du territoire national, achevée à Strasbourg le 23 novembre 1944 a été réalisée à la fois par des forces françaises (FFL, FFI, FTP, mouvements et maquis de résistants) mais aussi par les armées anglo-saxonnes et notamment américaines. L’épisode de la libération de Paris n’est donc pas représentatif de l’ensemble de la libération du territoire national.
Réponse à la question 3 → Expliquez le passage souligné dans le texte.
A travers ce passage, de Gaulle entend faire deux choses. Premièrement il commence son action de réunification de la France et des Français, après des années éprouvantes d’occupation allemande qui avait vu le pays se diviser quant à l’attitude à tenir vis-à-vis de l’occupant et du régime de Vichy. N’oublions pas que la Libération s’est accompagnée d’une épuration sauvage qui fit environ 9 000 morts : il était fondamental pour de Gaulle d’écarter tout risque de guerre civile. Le deuxième objectif du général dans ce passage est de dénier au régime de Vichy toute légitimité, et de le considérer comme une simple parenthèse : un gouvernement illégal imposé à la faveur de la présence de l’ennemi. C’est la raison d’ailleurs qui pousse de Gaulle à refuser de proclamer la République lors de son discours, comme certains le lui suggérait : il n’était pas question de le faire, car celle-ci n’avait pour lui jamais cessé d’exister. Enfin, on peut voir dans ce passage un appel à l’unité nationale, unité nécessaire à un moment où le général doit imposer sa légitimité sur l’ensemble du territoire et à l’ensemble des Français, lui qui n’était de retour sur le sol métropolitain qui depuis le 20 août. Tâche ardue dans le contexte troublé de la Libération. Si les représentants du GPRF s’étaient imposés sans difficultés dans le Nord du pays où les combats faisaient rage, ce n’était pas le cas dans la partie méridionale où de Gaulle dut multiplier les voyages, à la mi-septembre, pour faire reconnaître son autorité.
Réponse à la question 4 → Que demande le général de Gaulle aux Français ? Pour quelles raisons ?
Outre la nécessaire union nationale, de Gaulle demande aux Français de rester mobilisés et de participer jusqu’à la victoire finale à l’effort de guerre allié. Ainsi, à partir de septembre 1944, les 137 000 maquisards FFI sont amalgamés aux troupes de la France libre. Si l’on ajoute à ces effectifs l’engagement volontaire de nombreux jeunes Français, l’armée française comptait 1,3 million d’hommes au moment de la capitulation allemande. Cette participation militaire était indispensable pour prétendre compter au rang des nations victorieuses et, le cas échéant, occupantes de l’Allemagne. De Gaulle en avait bien conscience, lui qui luttait pour faire reconnaître à l’allié américain la légitimité de son pouvoir, et son autorité sur la France.














