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LE POINT SUR…


Révisions brevet des collèges en histoire - sujets et corrigés pour préparer le brevet

Exercices et corrigés - 3 documents

 

Réviser le brevet d'histoire avec Charles de Gaulle : une série de 7 sujets et leurs corrigés gratuits à partir d'annales du brevet des années précédentes. Type d'épreuve : les 3 documents.

 

Sujet 1 :  La Résistance

(Brevet 2005 – Académie de Nancy - Metz)

 

Document 1 : Extrait de l'Appel du général de Gaulle du 18 juin 1940.


"Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat. [...] Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des États-Unis. Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. [...]
Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas. Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la radio de Londres."

 

 

Document 2 : Un sabotage des résistants en Saône-et-Loire, en mars 1944.

Réviser le brevet : un sabotage des résistants en Saône-et-Loire, en mars 1944


 

Document 3 : Témoignage de Jacqueline Péry d'Alincourt.

 

"J'ai vingt-deux ans au printemps 1942, dans Paris occupé. Des hommes, des femmes, des enfants disparaissent tous les jours. Comment accepter de courber la tête ? Je comprends que je préfère mourir. Ce choc détermine en moi une résolution que rien ne pourra détruire.
Je m'engage totalement -d'abord comme membre du BOA(1), puis comme membre du secrétariat de la délégation générale- pour combattre avec eux un ennemi qui incarne le mal absolu, pour sauver l'honneur de l'Homme. Il faut assurer le logement, organiser la vie matérielle -papiers d'identité, tickets d'alimentation, couvertures professionnelles- des agents venus de Londres. Il faut trouver les "boîtes aux lettres" (pour collecter les courriers clandestins envoyés de toute la France). Il faut trouver des appartements. L'alerte est permanente. C'est dangereux. Le 24 septembre 1943, la Gestapo m'attend chez moi."


Extrait de Evelyne Morin-Rotureau (dir.), 39-45 : combats de femmes. Françaises et Allemandes, les oubliées de la guerre, Autrement, 2001.


(1) : BOA : Bureau des opérations aériennes.

QUESTIONS (8 points)

Question 1 (document 1)
Dans quel but le général de Gaulle lance-t-il cet appel ? Relevez deux arguments montrant que la défaite n'est pas définitive. (3 points)


Question 2 (document 3)
Citez deux raisons pour lesquelles cette femme entre dans la résistance. (2 points)


Question 3 (documents 2 et 3)
Relevez trois actions menées par les civils pour résister. (3 points)

PARAGRAPE ARGUMENTE (10 points)
Dans un paragraphe argumenté d'une vingtaine de lignes, en vous servant des informations des documents et de vos connaissances, vous montrerez pour quelles raisons et de quelles manières des Français ont choisi de résister.


Réponse à la question 1 (document 1) Dans quel but le général de Gaulle lance-t-il cet appel ? Relevez deux arguments montrant que la défaite n'est pas définitive :

Le général de Gaulle lance cet appel dans le but de convaincre les Français de le rejoindre afin de poursuivre le combat contre l’Allemagne nazie. On peut considérer ce document comme l’acte de naissance de la Résistance française. Le premier argument qui montre que la guerre n’est pas finie est son constat selon lequel la guerre qui a débuté est une guerre mondiale, qui ne se limite donc pas au champ de bataille français. Le deuxième est que la France peut s’appuyer, si elle veut poursuivre le combat, sur les ressources de son vaste empire colonial. D’autre part, son allié britannique peut quant à lui faire appel à l’immense potentiel industriel américain pour soutenir son effort de guerre contre Hitler.


Réponse à la question 2 (document 3) Citez deux raisons pour lesquelles cette femme entre dans la résistance :

Cette femme entre en résistance pour combattre un ennemi qui « incarne le mal absolu » à travers notamment les exactions de la Gestapo et les rafles de juifs (« des hommes, des femmes, des enfants disparaissent tous les jours »). Elle s’engage également dans la résistance pour défendre l’humanité contre la barbarie de l’occupant nazi (« sauver l’honneur de l’Homme »).


Réponse à la question 3 (documents 2 et 3) Relevez trois actions menées par les civils pour résister :

On peut relever dans les documents 2 et 3 plusieurs actions menées par les civils et étant des actes de résistance contre l’occupant : le sabotage de voies ferrées, la fabrication de faux papiers d’identité pour des personnes recherchées ou entrées en clandestinité, et la fourniture de logements pour les héberger.

 

Paragraphe argumenté  pour quelles raisons et de quelles manières des Français ont choisi de résister ?


En France, le choc de la défaite de juin 1940 est brutal. Si certains acceptent de suivre le maréchal Pétain qui demande l’armistice aux Allemands, d’autres refusent de cesser le combat et entrent en résistance. Le 18 juin 1940, l’appel du général de Gaulle peut d’ailleurs être considéré comme l’acte fondateur de la résistance. Nous allons d’abord nous intéresser aux raisons qui ont poussé certains Français à faire de la résistance non seulement à l’occupation nazie, mais aussi au régime de Vichy. Puis nous étudierons les différentes formes prises par la Résistance, qu’elle soit intérieure ou extérieure.

 

Parmi les différentes raisons qui expliquent l’entrée dans la résistance on peut citer le patriotisme voire le nationalisme, et le refus de voir une partie du territoire national annexé (Alsace – Lorraine) et une autre occupée par les Allemands. Le nationalisme peut aussi expliquer le refus de certains d’accepter une collaboration à sens unique avec les nazis. Par la suite, la découverte des exactions de l’occupant, et notamment les grandes rafles de juifs (comme celle du Vél’ d’hiv’en 1942) a pu également motiver l’entrée dans la Résistance. De même, l’invasion de l’URSS par l’armée allemande en 1941 a entraîné de nombreux communistes à rejoindre les rangs de la Résistance, tandis que la mise en place du Service du Travail obligatoire (STO), à partir de 1942, a poussé de nombreux jeunes Français à prendre le maquis.

 

La Résistance a pris des formes différentes, selon qu’elle était intérieure ou extérieure. La résistance intérieure agissait à l’intérieur du territoire métropolitain contrôlé par les Allemands et/ou le gouvernement de Vichy. Elle réalisait des actions de sabotage (voies ferrées), d’infiltration, de renseignement, de contre-propagande (presse clandestine, tracts), d’aide aux juifs et aux personnes recherchées (fourniture de logement, de faux papiers, filières de sortie du territoire,…), et de lutte armée contre les soldats allemands. Constituée de multiples réseaux, mouvements et maquis, la résistance intérieure fut unifié à la demande du général de Gaulle par Jean Moulin dans le cadre du Conseil national de la Résistance (CNR) en 1943. La résistance extérieure était organisée depuis Londres par le général de Gaulle qui prit la tête de la France libre pour poursuivre le combat aux côtés des Alliés anglo-saxons. Dans son ensemble, la Résistance put ainsi participer activement à la Libération du territoire national.

 

 

Sujet 2 :  Le rôle du Général de Gaulle (1940-1969)

(Annale du Brevet juin 2002 – Académie de Grenoble)

 

Document 1 : Témoignage de Henri Frenay, dirigeant du mouvement "Combat" :
"Au fur et à mesure que le Gouvernement du Maréchal [...] prenait des mesures d'inspiration nazie, [...] s'est opéré un rapprochement avec les Forces françaises libres et leur chef, le général de Gaulle. Dès la fin du printemps de 1941, j'en avais ressenti le besoin [...] pour éviter l'émiettement de la Résistance en groupes et groupuscules... C'est autour de de Gaulle, pensais-je, qu'il faut se rassembler [...] placé dans la capitale du monde libre en guerre, visant comme nous à la libération et à la victoire, pouvant parler en notre nom [...], personne mieux que lui ne peut être le symbole et le porte-parole de la Résistance".
Henri Frenay : La nuit finira, Mémoires de la Résistance, Editions Laffont-Opéra Mundi, 1973


 


Document 2 : Extrait de l'allocation radiodiffusée et télévisée du général de Gaulle du 3 décembre 1965 à la veille de l'élection présidentielle.
"Françaises, Français,
La décision que, par votre vote, vous allez prendre après-demain engagera le sort de notre pays. Cinq problèmes essentiels, qu'on dissimulait jadis sont réglés. Les institutions étaient autrefois faites pour l'impuissance, alors qu'il y a aujourd'hui, avec un Chef de l'Etat, un Gouvernement qui dure et qui gouverne, et un Parlement qui exerce efficacement et dignement son pouvoir législatif. La décolonisation qui divisait les Français, et agitait notre armée, est réalisée. La paix, que depuis au moins un demi-siècle, nous n'avions, en somme, jamais connue, à été retrouvée. L'inflation, qui rongeait l'économie, est désormais maîtrisée. Enfin, l'indépendance est retrouvée. [...]"


Document 3 : Photographie officielle de l'inauguration du sous-marin nucléaire lanceur d'engins nucléaires "Le Redoutable" à Cherbourg le 29 mars 1967.

inauguration du sous-marin nucléaire lanceur d'engins nucléaires "Le Redoutable" à Cherbourg le 29 mars 1967


QUESTIONS (8 points)


Question 1 (document 1) :
Relevez dans le document 1 deux expressions utilisées par Henri Frenay pour expliquer son ralliement à de Gaulle.
A quelle date précise de Gaulle est-il devenu le "porte-parole de la Résistance" ?


Question 2 (document 2) :
Dans le document 2, donnez trois caractéristiques majeures du régime politique de la France à cette date.


Question 3 (documents 2 et 3) :
Quel lien faites-vous entre l'expression du document 2 "l'indépendance retrouvée" et le document 3 ?


Question 4 (documents 1,2 et 3) :

D'après ces 3 documents, quels sont les différents moyens de communication utilisés par de Gaulle pour son action politique ?

 


PARAGRAPHE ARGUMENTE (10 points)
A l'aide des documents et de vos connaissances, rédigez un paragraphe argumenté d'une vingtaine de lignes dans lequel vous montrerez que de Gaulle a été un acteur important dans l'histoire politique de la France entre 1940 et 1969.


Réponse à la question 1 (document 1) Relevez dans le document 1 deux expressions utilisées par Henri Frenay pour expliquer son ralliement à de Gaulle :
A quelle date précise de Gaulle est-il devenu le "porte-parole de la Résistance" ?

Les deux expressions utilisées par Henri Frenay pour expliquer son ralliement à de gaulle sont les suivantes : « pour éviter l'émiettement de la Résistance en groupes et groupuscules » et « personne mieux que lui ne peut être le symbole et le porte-parole de la Résistance". La date précise est le 18 juin 1940.


Réponse à la question 2 (document 2) Donnez trois caractéristiques majeures du régime politique de la France à cette date :

Conformément à la Constitution de la Ve République adoptée en 1958, le régime politique est celui d’une démocratie représentative au sein de laquelle le pouvoir exercé par le chef de l’Etat a tendance à se renforcer. En effet, les élections présidentielles de 1965 permettent, grâce à la réforme constitutionnelle de 1962, à l’ensemble des électeurs d’exprimer leur choix (suffrage universel direct). On peut donc parler d’une forme de présidentialisation du régime de la Ve République.


Réponse à la question 3 (documents 2 et 3) Quel lien faites-vous entre l'expression du document 2 "l'indépendance retrouvée" et le document 3 ?

Le lien que l’on peut établir concerne le domaine militaire : c’est le fait de  disposer de la frappe nucléaire et donc de la force de dissuasion qui permet à la France de retrouver son indépendance nationale. Elle n’a plus besoin de faire appel aux Etats-Unis et à leur « parapluie nucléaire » pour se protéger, elle peut désormais le faire elle-même.


Réponse à la question 4 (documents  1,2 et 3) D'après ces 3 documents, quels sont les différents moyens de communication utilisés par de Gaulle pour son action politique ?

De Gaulle a vite compris l’importance de la communication et des nouveaux médias qu’étaient la radio puis la télévision pour mener à bien son action politique. Mais il savait aussi l’importance des bains de foule, du contact direct avec la population pour soigner, et vérifier, sa popularité.


Paragraphe argumenté A l'aide des documents et de vos connaissances, rédigez un paragraphe argumenté d'une vingtaine de lignes dans lequel vous montrerez que de Gaulle a été un acteur important dans l'histoire politique de la France entre 1940 et 1969.


Le général de Gaulle a été un acteur important de la vie politique en française, et il a tenu, de 1940 à 1969, des rôles différents que nous allons aborder successivement en distinguant trois périodes.


La première période concerne les années 1940 à 1946, celles où de Gaulle est à la tête de la France libre puis du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF). C’est en lançant depuis Londres son Appel du 18 juin que de Gaulle, alors presque inconnu, fonde et dans le même temps prend la tête de la Résistance. Jusqu’à la Libération, il réussit à unifier les résistances intérieure et extérieure, et à imposer son autorité aux Alliés. Sa légitimité en temps que chef de la Résistance lui permet de prendre la tête du GPRF en 1944. Mais il démissionne en 1946 car il est en conflit avec l’Assemblée constituante sur le choix des institutions de la IVe République.


S’ensuit une période qui voit de Gaulle être écarté du pouvoir, mais pas forcément de l’action politique. Durant ces années, il mène une action d’opposant à un régime parlementaire qu’il considère incapable de faire face aux défis de la Guerre froide et de la guerre d’Algérie. C’est d’ailleurs à la faveur des graves troubles politiques causés par la question algérienne qu’il revient au pouvoir en 1958.


En 1958, de retour au pouvoir après ses quelques années de « traversée du désert », de Gaulle met en œuvre son projet constitutionnel tel qu’il l’avait présenté dans son discours de Bayeux du 16 juin 1946. La Constitution de la Ve République renforce le pouvoir exécutif et notamment les pouvoirs du chef de l’Etat.

 

La révision constitutionnelle de 1962 qui prévoit l’élection du président de la République au suffrage universel direct renforce encore la présidentialisation du régime. Enfin, le général de Gaulle inaugure par sa pratique des institutions une action politique privilégiée dans ses « domaines réservés » : la Défense nationale et les Affaires étrangères. En 1969, l’usure du pouvoir se fait sentir, quelques mois après les événements de mai 1968. Après son échec lors d’un référendum, de Gaulle démissionne, considérant qu’il n’a plus ni l’autorité ni la légitimité pour lui permettre de mener à bien son action politique.

 

Sujet 3 :  Les années de Gaulle en France (1958-1969)

(Annales Brevet Juin 2003 - Académies de Bordeaux, Caen, Clermont-Ferrand, Limoges,  Nantes)

 

Document 1 : Allocution du général de Gaulle, octobre 1962
Voici quatre ans, le peuple s'est donné à lui-même une Constitution. [...] Nous sommes à présent en plein essor de prospérité et en plein progrès social, sur la base d'un franc solide, d'échanges extérieurs positifs et de budgets équilibrés. [...] Ayant réglé, au fond, l'affaire algérienne, nous sommes maintenant en paix partout : ce qui en un quart de siècle, ne nous était jamais arrivé. [...] Enfin, si récemment encore notre pays était considéré comme "l'homme malade de l'Europe", aujourd'hui son poids et son rayonnement sont reconnus partout dans l'univers. Il s'agit que le Président soit élu dorénavant au suffrage universel. Français, Françaises, le projet de loi que je vous soumets propose que le Président de la République, votre président, sera élu par vous-mêmes. [...] Une fois de plus, le peuple français va faire usage du référendum, ce droit souverain, qui à mon initiative, lui fut reconnu en 1945 et qu'il a recouvré en 1958.
Général de Gaulle, Allocution radiodiffusée et télévisée, octobre 1962, extrait.


 
Document 2 : L'évolution de l'équipement des ménages français (1954-1975)

L'évolution de l'équipement des ménages français de 1954 à 1975


Document 3 : Tracts de mai 1968

Tract de mai 68

 

 

 

 Sources : BDIC et BNF.

QUESTIONS (8 points)


Question 1 (document 1)
Quelle modification de la constitution propose le général de Gaulle en 1962 ?


Question 2 (documents 1 et 2)
Quelle est la situation de la France dans les domaines économiques, sociaux et en politique étrangère ?


Question 3 (document 3 )
Durant la crise de mai 1968, quelles critiques sont adressées au général de Gaulle, et quelles revendications sont exprimées par ces tracts ?


PARAGRAPHE ARGUMENTE (10 points)
Rédigez un paragraphe argumenté d'une vingtaine de lignes répondant au sujet suivant :
"Les années De Gaulle en France (1958-1969)".
Vous utiliserez en priorité vos connaissances ainsi que les informations prélevées dans les documents.


Réponse à la question 1 (document 1) Quelle modification de la constitution propose le général de Gaulle en 1962 ?

En 1962, de Gaulle propose de modifier la Constitution adoptée en 1958 : il s’agit de faire élire le président de la République par le suffrage universel direct, alors qu’il était jusqu’à présent élu au suffrage universel indirect.


Réponse à la question 2 (document 1 et 2) Quelle est la situation de la France dans les domaines économiques, sociaux et en politique étrangère ?

Dans le domaine économique et social, la situation de la France du début des années 1960 est plutôt bonne et l’on est en plein dans ce que l’on a appelé les « Trente Glorieuses ». Le pays connaissait des taux de croissance annuelle d’environ 5 % et un chômage très faible voire résiduel. Le nouveau franc avait permis de consolider la situation monétaire. Enfin, l’Etat-providence et l’augmentation générale des salaires avaient rendu possible le rapide équipement des ménages en biens électroménagers (réfrigérateurs, machines à laver, téléviseurs). La consommation était en outre encouragée par le développement de la publicité et du crédit qui rendait possible l’acquisition d’une automobile. D’ailleurs, c’est en partie pour protester contre le modèle de vie proposé dans le cadre de la société de consommation que la contestation sociale eut lieu en mai 1968. Dans le domaine de la politique étrangère, les années de Gaulle sont dominées par trois axes : la fin de la décolonisation (meurtrière en Algérie, pacifique en Afrique noire), la Guerre froide, et la construction européenne. Mais un seul principe guide la politique étrangère du général de Gaulle : la volonté d’affirmer l’indépendance et la grandeur nationale.


Réponse à la question 3 (document 3) Durant la crise de mai 1968, quelles critiques sont adressées au général de Gaulle, et quelles revendications sont exprimées par ces tracts ?

Durant la crise de mai 1968, les critiques adressées au général dans ces tracts illustrent l’écart générationnel qui le séparait des étudiants nés pour la plupart après la Seconde Guerre mondiale. Les critiques concernent l’usure du pouvoir et la revendication d’un droit à la parole et à l’expression publique par les jeunes générations.


Paragraphe argumenté Rédigez un paragraphe argumenté d'une vingtaine de lignes répondant au sujet suivant : "Les années De Gaulle en France (1958-1969)".


Les années de Gaulle en France sont particulièrement riches tant sur le plan de la politique intérieure que de la politique extérieure. Nous allons dresser le tableau de cette période qui va de 1958 à 1969 en étudiant tout d’abord la mise en place de nouvelles institutions avant d’étudier la politique étrangère de la France et de terminer par sa situation économique et sociale.


Sur le plan institutionnel, les années de Gaulle sont indissociables de la mise en place de la Ve République et du renforcement du pouvoir exécutif. La pratique gaullienne des institutions favorise même la présidentialisation du pouvoir, avec la révision de la Constitution de 1962 instituant l’élection du président de la République au suffrage universel direct. De Gaulle se réserva également des domaines d’action privilégiés comme la Défense nationale et les Affaires étrangères.


Dans ses deux « domaines réservés », le principe qui dirigea l’action du général fut l’affirmation de l’indépendance et de la grandeur nationale. Indépendance par rapport notamment à l’allié américain, dont il refusait l’hégémonie. Indépendance qui se manifesta par la volonté de doter la France de la dissuasion nucléaire. Quant à la grandeur nationale, il était d’autant plus nécessaire de l’affirmer que de Gaulle avait mis fin à l’empire colonial français en accordant son indépendance aux colonies d’Afrique noire et, au terme d’une guerre cruelle, à l’Algérie en 1962. De Gaulle comptait sur la construction européenne pour garantir la puissance internationale de la France. En outre, la mise en place du Marché Commun favorisa la croissance de l’économie française.


En effet, les années de Gaulle se traduisent par une bonne santé économique dans le cadre des « Trente glorieuses ». Croissance annuelle moyenne autour de 5 %, plein emploi, retour à l’équilibre monétaire, modernisation économique et industrielle : tout cela permet le développement de classes moyennes et l’entrée dans la société de consommation, qui fut critiquée par certains (mai 1968).

 

Sujet 4 :  L'appel du 18 juin 1940

 

Appel du 18 juin 1940

« Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat ! (...)
La défaite est-elle définitive ? non ! (...) car la France n’est pas seule. Elle a un vaste empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut comme l’Angleterre utiliser sans limite l’immense industrie des Etats-Unis. Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France.
Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui vendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. Demain comme aujourd’hui je parlerai à la radio de Londres ».

Question 1

Quelle est la nature du document ?

 

Question 2

Présentez son auteur et le contexte de sa rédaction.

 

Question 3

Pourquoi de Gaulle lance-t-il un appel le 18 juin ?

 

Question 4

Pense-t-il que la défaite est définitive ? Pourquoi ?

 

Question 5

A qui fait-il appel ?

Element de réponse pour la question 1 Quelle est la nature du document ?

Ce document est un discours prononcé par le général de Gaulle le 18 juin 1940, à Londres, sur les ondes de la BBC.

 

Element de réponse pour la question 2 Présentez son auteur et le contexte de sa rédaction

Le général de Gaulle a refusé l’armistice signé par le maréchal Pétain avec l’Allemagne nazie après la défaite française de mai-juin 1940. Il s’est réfugié à Londres pour appeler son pays à résister.

 

Element de réponse pour la question 3 Pourquoi de Gaulle lance-t-il un appel le 18 juin ?

De Gaulle lance son appel le 18 juin car la veille, le 17 juin, le nouveau chef du gouvernement français, le maréchal Pétain, a demandé l’armistice (la cessation des combats) à l’Allemagne. De Gaulle exprime dans son appel à la poursuite des combats le refus de la défaite et la volonté de mobiliser le plus grand nombre de Français possible.

 

Elément de réponse pour la question 4 Pense-t-il que la défaite est définitive ? Pourquoi ?

Non, pour le général de Gaulle la défaite n’est pas définitive. Il pense au contraire que la guerre n’en est qu’à ses débuts, et que d’autres pays sont appelés à y participer. Pour lui, la France libre doit pouvoir s’appuyer sur les ressources de l’empire colonial français, et doit poursuivre le combat aux côtés de l’allié britannique qui dispose lui d’un accès à l’immense potentiel industriel américain.  

 

Elément de réponse pour la question 5 A qui fait-il appel ?

A tous les Français susceptibles d’être utiles à la résistance : les militaires, mais aussi les ouvriers et les ingénieurs, capables de mettre leur force de travail au service de la Résistance.

 

Sujet 5 :  Discours du général de Gaulle à Bayeux, 16 juin 1946

 


Discours du général de Gaulle à Bayeux, 16 juin 1946


Invité par la municipalité de Bayeux pour le deuxième anniversaire de la libération de la ville, de Gaulle prononce un grand discours sur la future Constitution de la France :

« L’unité, la cohésion, la discipline intérieure du gouvernement de la France doivent être des choses sacrées, sous peine de voir rapidement la direction même du pays impuissante et disqualifiée. Or, comment cette unité, cette cohésion, cette discipline, seraient-elles maintenues à la longue si le pouvoir exécutif émanait de l’autre pouvoir auquel il doit faire équilibre (...) ? C’est donc du chef de l’Etat, placé au-dessus des partis, (...) que doit procéder le pouvoir exécutif. Au chef de l’Etat la charge d’accorder l’intérêt général quant au choix des hommes avec l’orientation qui se dégage du Parlement (...). A lui l’attribution de servir d’arbitre au-dessus des contingences politiques (...).Soyons assez lucides et assez forts pour nous donner et pour observer des règles de vie nationale qui tendent à nous rassembler quand, sans relâche, nous sommes portés à nous diviser contre nous-mêmes ! »

Charles de Gaulle, Discours et messages, Berger-Levrault, 1946, et Plon, 1970.


Vocabulaire :
Emaner : provenir de (ici : être choisi par)
Procéder : ici, cela signifie aussi « provenir de »
Contingences politiques : circonstances politiques

Question 1

Quelle est la nature du texte ? Présentez son auteur et le contexte de la rédaction.

 

Question 2

Que redoute l’auteur dans sa première phrase ? La suite des événements lui a-t-elle donné raison ?

 

Question 3

Quel est cet « autre pouvoir » dont parle l’auteur ? Que dénonce-t-il ?

 

Question 4

Qui doit, selon l’auteur, jouer le premier rôle dans la direction du pays ? Pourquoi ?

Eléments de réponse pour la question 1 Quelle est la nature du texte ? Présentez son auteur et le contexte de la rédaction

Ce texte est un discours prononcé en juin 1946 par le général de Gaulle, l’ancien chef de la France libre au cours de la Seconde Guerre. Le général de Gaulle a quitté en janvier 1946 la place qu’il occupait à la tête du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF). Il était en désaccord avec le projet de Constitution défendu par les principaux partis politiques (PCF, SFIO, MRP). Ceux-ci voulaient mettre en place un régime parlementaire dans lequel le pouvoir législatif était prédominant.

 

Eléments de réponse pour la question 2 Que redoute l’auteur dans sa première phrase ? La suite des événements lui a-t-elle donné raison ?

Il redoute que le gouvernement de la France manque d’unité et de soutien de la part des députés, et que son action soit, par conséquent, affaiblie. L’histoire de la IVe République valide ses hypothèses, une vingtaine de gouvernements s’étant succédé en une douzaine d’années, entre 1946 et 1958. La IVe République fut considérablement affaiblie par son instabilité ministérielle chronique.

 

Eléments de réponse pour la question 3 Quel est cet « autre pouvoir » dont parle l’auteur ? Que dénonce-t-il ?

L’autre pouvoir dont parle de Gaulle est le pouvoir législatif. Il critique le fait que le gouvernement émane de l’Assemblée nationale, à cause de la procédure d’investiture : chaque nouveau gouvernement doit se soumettre au vote des députés pour être investi. Ces mêmes députés ont le pouvoir de  renverser un gouvernement qui ne serait plus soutenu par une majorité d’entre eux. Or les majorités à l’Assemblée nationale étaient très fragiles, ce qui favorisait les chutes de gouvernement. De Gaulle dénonçait donc la soumission du pouvoir exécutif (gouvernement) au pouvoir législatif (Assemblée nationale).

 

Eléments de réponse pour la question 4 Qui doit, selon l’auteur, jouer le premier rôle dans la direction du pays ? Pourquoi ?

Pour de Gaulle, c’est au chef de l’Etat que doit revenir le pouvoir de jouer le premier rôle, car sa position en fait un arbitre placé « au-dessus des partis » dans la mesure où il ne doit pas être responsable devant l’Assemblée nationale.

 

Sujet 6 :  « Une certaine idée de la France »

 


« Une certaine idée de la France »

« Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a en moi d’affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J’ai d’instinct l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang : que seules de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans grandeur. »

Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, tome 1, Plon, 1954

Question 1

Présentez l’auteur et la nature du texte, ainsi que le contexte de sa rédaction.


Question 2

Selon Charles de Gaulle, quel rang la France doit-elle occuper ? Pourquoi ?

Eléments de réponse pour la question 1  Présentez l’auteur et la nature du texte, ainsi que le contexte de sa rédaction

L’auteur est Charles de Gaulle, le chef de la Résistance au cours de la Seconde Guerre mondiale. Ce texte est extrait de ses mémoires, rédigées à une époque où Charles de Gaulle est à l’écart du pouvoir : il a démissionné de ses fonctions de chef du gouvernement provisoire de la République française en 1946. Il faudra attendre 1958 pour qu’il soit rappelé à la tête du pays.

 

Eléments de réponse pour la question 2 Selon Charles de Gaulle, quel rang la France doit-elle occuper ? Pourquoi ?

Selon Charles de Gaulle, la France doit occuper le premier rang parmi les nations : « la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang ». Pour de Gaulle, cette place privilégiée de la France s’explique par l’histoire : il semble que la France ait toujours eu une « destinée exceptionnelle » (exemples : la Révolution française, les droits de l’homme, la Résistance).

 

Sujet 7 :  L’indépendance nationale selon de Gaulle

 


L’indépendance nationale selon de Gaulle

" Nous avons choisi l’indépendance. Il s’agit que, sans renier notre amitié américaine, nous nous comportions en Européens que nous sommes. Chaque nation doit être responsable d’elle-même. De là, notre réprobation devant la guerre qui s’étend en Asie de jour en jour (...), le concours que nous apportons au développement de bon nombre d’Etats africains, les rapports que nous nouons avec la Chine (...). Bref, il y a maintenant une politique de la France, et elle se fait à Paris. Au point de vue de la sécurité, notre indépendance exige, à l’ère atomique où nous sommes, que nous ayons les moyens voulus par dissuader, nous-mêmes, un éventuel agresseur ".


Charles de Gaulle, discours radiotélévisé du 27 avril 1965.

Question 1

Quelle est la nature du document et son auteur ? Présentez le contexte dans lequel ce texte a été écrit.

 

Question 2

Quelle est la guerre en Asie que mentionne Charles de Gaulle ?

 

Question 3

Vis-à-vis de quel pays la France veut-elle se monter indépendante ?

 

Question 4

De quelle manière la France entend-elle mettre en application son indépendance ?

 

Eléments de réponse pour la question 1 Quelle est la nature du document et son auteur ? Présentez le contexte dans lequel ce texte a été écrit

Ce texte est un discours diffusé à la radio et à la télévision. Il a été prononcé par le général de Gaulle, président de la République depuis 1958. A l’époque où de Gaulle prononce ce discours, le monde est divisé en deux blocs, l’un dominé par l’URSS, l’autre par les Etats-Unis. C’est à ce bloc occidental que la France est rattachée.

 

Eléments de réponse pour la question 2 Quelle est la guerre en Asie que mentionne Charles de Gaulle ?

Il s’agit de la guerre du Vietnam, où les Etats-Unis tentent d’éliminer la présence communiste.

 

Eléments de réponse pour la question 3 → Vis-à-vis de quel pays la France veut-elle se monter indépendante ?

De Gaulle souhaite que la France se montre plus indépendante vis-à-vis des Etats-Unis.

 

Eléments de réponse pour la question 4 De quelle manière la France entend-elle mettre en application son indépendance ?

Pour être indépendante des Etats-Unis, la France doit mener sa propre politique étrangère : de Gaulle s’oppose donc à la guerre du Vietnam et entretient de bonnes relations avec des pays communistes comme la Chine. Il place la France au premier plan en Afrique (coopération, francophonie). Enfin, il donne à la France les moyens de se défendre elle-même (bombe atomique, 1960).