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LE POINT SUR…


Le point sur... La 2eme Guerre mondiale

 

Le point sur… La Deuxième Guerre mondiale


En guerre contre l’Allemagne depuis le 1er septembre 1939, la France est envahie par les troupes hitlériennes qui lancent leur attaque le10 mai 1940. Écrasées, les troupes françaises ne peuvent freiner l’avance des Allemands. Le 14 juin, ces derniers sont à Paris. Réfugié à Bordeaux, le gouvernement français se dote le 16 juin d’un nouveau chef, le maréchal Pétain, qui signe l’armistice puis choisit une politique de collaboration avec le IIIe Reich. Mais certains civils et militaires refusent ces choix et entrent en résistance...

 



Agressions de l’Allemagne hitlérienne contre ses pays voisins :


-    12-13 mars 1938 : annexion de l’Autriche
-    Septembre 1938 : Hitler revendique et obtient les Sudètes. Il s’agit d’une région située à l’ouest de la Tchécoslovaquie et peuplée de trois millions d’Allemands. Hitler, à ce titre, la revendique comme partie intégrante de l’Allemagne, dans la perspective du « Grand Reich ». En septembre 1938, au cours d’une conférence à Munich où sont présents le Premier ministre anglais – Chamberlain – et le Président du Conseil français – Daladier –, Hitler obtient que lui soient livrées les Sudètes. Ces accords de Munich, signés par la France et le Royaume-Uni dans l’espoir de préserver la paix, suscitent un vif émoi en Europe. Les espoirs des signataires s’envolent d’ailleurs rapidement  puisqu’en mars 1939, les Allemands envahissent le reste de la Tchécoslovaquie.
-    14-16 mars 1939 : invasion du reste de la Tchécoslovaquie
-    1er septembre 1939 : invasion de la Pologne.
 

 


Camps de concentration : les camps de concentration apparaissent en Union soviétique et en Allemagne dans les années 1930.

En URSS, l’univers concentrationnaire, appelé le « Goulag » (Direction générale des camps), se compose de camps situés le plus souvent en Sibérie. Les détenus y sont soumis aux travaux forcés, dans le but de favoriser leur « rééducation ». Entre 1932 et 1940, six millions de personnes – opposants politiques, personnes gênantes –  sont passées par ces camps où la mortalité est très élevée.

L’Allemagne nazie met-elle aussi en place un système concentrationnaire  : en novembre 1933 ouvre le premier camp de concentration, celui de Dachau (autres camps  : Bergen-Belsen, Ravensbrück, Buchenwald…) Y sont envoyés, jusqu’en 1939, les opposants politiques, notamment les communistes (150 000 de 1933 à 1939). Les détenus sont soumis aux travaux forcés et subissent tortures ou exécutions sommaires.

 


Camps d’extermination : propres à l’Allemagne nazie, les camps d’extermination apparaissent en 1940 – le premier est celui d’Auschwitz, ouvert en décembre 1940, qui accueille bientôt 100 000 détenus. Suivront les camps de Treblinka, Chelmno, Sobibor, Maïdanek, Belzec, tous situés sur le territoire polonais conquis par les Allemands.
Le rôle de ces camps est l’élimination systématique des ennemis de la race aryenne, c’est-à-dire les Juifs, les Tziganes, les homosexuels, les handicapés, mais aussi des opposants politiques. Pour parvenir à cette élimination systématique, Hitler et Heydrich mettent au point la « solution finale »  : une organisation logistique très rigoureuse permet de rafler les victimes, de les acheminer par train vers les camps, de séparer les hommes valides des femmes, enfants et vieillards qui seront exterminés. Les biens des prisonniers sont également triés et confisqués par l’administration des camps.
Pour parvenir à tuer quotidiennement plus de 10 000 personnes, chaque camp s’équipe à partir de 1941 de chambres à gaz où les victimes sont tuées par un insecticide, le zyklon B. Les corps, trop nombreux pour être enterrés, sont brûlés dans des fours crématoires. On estime à 10 millions les victimes des camps d’extermination nazis.

 



Gouvernement provisoire en exil : contre le gouvernement de Vichy, qui renie la tradition républicaine de la France, le général de Gaulle construit au fur et à mesure des années un gouvernement en exil, qu’il promet de soumettre au verdict des urnes une fois la France libérée.
Le premier embryon de ce gouvernement provisoire en exil est le CNFL, Comité national français de Londres, créé en 1941, destiné à affirmer l’existence de la France  libre auprès des alliés. En juin 1943 est créé à Alger le CFLN, Comité français de libération nationale, à la tête duquel est placé le général de Gaulle. Ce CFLN se transforme en GPRF, Gouvernement provisoire de la République française, à la veille de la Libération.
 

 

 


Lois antisémites :

Dates

Mesures antijuives

27 septembre 1940

En zone occupée, un fichier recensant tous les Juifs est établi

3 octobre 1940

1er statut des Juifs : est juive toute personne issue de trois grands-parents de race juive. Les Juifs sont exclus de tout poste dans la fonction publique, la presse, le cinéma.

4 octobre 1940

Les préfets sont autorisés à interner les Juifs en « camps spéciaux ».

Octobre 1940

En application des ordonnances allemandes, les cartes d’identité des Juifs de zone occupée portent la mention « juif ». De même pour les entreprises.

29 mars 1941

Création du Commissariat national aux questions juives.

2 juin 1941

2e statut des Juifs  : Exclus des professions libérales, artisanales, commerciales, industrielles, ils sont obligés de se faire recenser en zone occupée dans un camp spécial.

22 juillet 1941

Loi retirant aux Juifs la propriété de leurs biens.

28 mai 1942

Ordonnance allemande obligeant les Juifs de plus de 6 ans à porter l’étoile jaune en zone occupée.

Juillet 1942

Le secrétaire général à la Police, René Bousquet, s’engage à faire arrêter les Juifs en zones occupée et non occupée. Pierre Laval propose que les enfants juifs de moins de 16 ans soient déportés avec leurs parents.

16-17 juillet 1942

Rafle du Vel d’Hiv.

31 juillet 1944

Départ du dernier convoi de Juifs en provenance de France vers Auschwitz.

 

 





La Résistance



L’acte de naissance de la Résistance est l’appel lancé sur les ondes de la BBC le 18 juin 1940 par le général de Gaulle, qui a quitté la France pour poursuivre la guerre depuis Londres, où sont réfugiés de nombreux gouvernements en exil de pays occupés. Refusant la défaite militaire, cet officier encore inconnu du grand public appelle tous les Français, militaires ou civils, de métropole ou d’outre-mer, à le rejoindre pour poursuivre la lutte.

Cette Résistance extérieure est longtemps isolée. Soutenue bon gré mal gré par le Premier ministre britannique Winston Churchill, elle n’a pas l’appui des États-Unis. De Gaulle est confronté à un problème de légitimité : il n’a pas été élu par le peuple, ni désigné par les institutions.
Pourtant, la résistance extérieure réussit à gonfler ses troupes et à se doter de structures solides :
- une ébauche de gouvernement, le CFLN (Comité français de Libération nationale) qui devient GPRF (Gouvernement provisoire de la République française) en 1944.
- Une armée : les FFL (Forces françaises libres) qui participent à de nombreux combats au cours de la Seconde Guerre.

Simultanément, en France métropolitaine, une résistance intérieure se met en place. Née de l’hostilité suscitée par la présence de l’occupant, cette résistance est très hétérogène. En zone occupée, des mouvements comme Libération Nord, Organisation civile et militaire, ceux de la résistance, Francs-tireurs et Partisans, regroupent les Français hostiles à la collaboration. En zone libre, Combat, Franc-Tireur, Libération etc., multiplie les actions et cachent des opposants dans les maquis.

Charles de Gaulle est rapidement convaincu de la nécessité d’unifier ces différents mouvements, qui appartiennent à des camps politiques distincts. Dans cet objectif, en 1942, il envoie Jean Moulin en France. Ce dernier réussit à unifier la Résistance en 1943 en créant le Conseil national de la Résistance (CNR), qui inspirera les réformes de la France d’après-guerre. Les formations militaires des différents mouvements de résistance sont regroupées dans les FFI (Forces françaises de l’intérieur).
 



Armée de la Résistance extérieure : de Gaulle dote la Résistance extérieure d’une armée, les FFL – Forces françaises libres. Les FFL s’illustrent dans de nombreux combats derrière Koenig à Bir Hakeim (1942), derrière Leclerc à Koufra (1941), puis lors de la libération de Paris, de Strasbourg…

 


Croix de Lorraine : emblème des ducs d’Anjou devenus ducs de Lorraine en 1473, la croix de Lorraine devient en juillet 1940 l’emblème de la France libre. Cette croix a pour objectif de lutter contre la croix gammée adoptée par les nazis.

 


Mouvements de Résistance, en zone sud : Combat, Libération, Franc-tireur, Front national de lutte pour l’indépendance de la France (communiste).

Mouvements de Résistance, en zone nord : Libération-nord, Défense de la France, ceux de la résistance (CDLR), ceux de la Libération (CDLL), Organisation civile et militaire (OCM), Front national de lutte pour l’indépendance de la France (communiste).
 

 


Libération
 


Débarquement : l’opération « Overlord », prévue initialement pour le 5 juin 1944, est reportée au 6 juin pour cause de mauvais temps. Durant la nuit, sous le commandement du général américain Eisenhower, 6 697 navires, 14 600 bombardiers et chasseurs quittent le sud de l’Angleterre pour les côtes normandes. Jusqu’au 16 juin, 620 000 soldats débarquent sur le sol de France malgré une terrible défense allemande.
Tandis que les Alliés trompent les Allemands en leur faisant croire à un débarquement plus important à Calais, les résistants harcèlent les forces d’occupation dans le reste du territoire, rendant impraticables un certain nombre de voies de communication vers la Normandie.
Le débarquement marque le début de la Libération du territoire. Cette Libération est longue et marquée par de terribles massacres, comme celui d’Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944.

La libération du territoire est menée grâce à l’action conjointe des Alliés et de la Résistance. Les FFI et les FFL libèrent la Corse en 1943. Ils participent également à la reconquête de la métropole, comme à Paris, où les FFI déclenchent l’insurrection en août 1944 avant l’arrivée de la 2e D.B. (Division blindée) commandée par le général Leclerc.
Les résistants auront une part prépondérante dans la reconstruction politique et économique de la France. Les orientations établies dès 1944 par le CNR ont inspiré en grande partie les réformes de l’après-guerre (restauration de la démocratie, nationalisation des grands moyens de production, création de la sécurité sociale...).

 


Épuration : à la Libération, 8 000 à 9 000 personnes sont exécutées sommairement comme collaborateurs, tandis que des milliers de femmes, accusées d’avoir eu des relations intimes avec les Allemands, sont tondues. Ces débordements sont rapidement canalisés et la justice reprend ses droits, permettant à l’épuration de s’effectuer de façon légale. Une Haute Cour de justice est créée en novembre 1944 pour juger les principaux hommes politiques de Vichy. Pétain, Laval et Darnand sont condamnés à mort. Le premier est gracié, mais les deux autres sont exécutés.

 

 

Bilan : 50 millions de morts :

 

Pays

Pertes militaires

Pertes civiles

Pertes totales

En % de la population totale

URSS

13 600 000

7 500 000

21 100 000

10 %

Pologne

120 000

5 300 00

5 420 000

15 %

Yougoslavie

300 000

1 200 000

1 500 000

10 %

Allemagne

4 000 000

3 000 000

7 000 000

12 %

Japon

2 700 000

300 000

3 000 000

4 %

Italie

300 000

100 000

400 000

1 %

France

250 000

350 000

600 000

1.5 %

Royaume-Uni

326 000

62 000

388 000

0.8 %

États-Unis

300 000

-

300 000

0.2 %

Chine

Entre 6 000 000 et  20 000 000

-

Source : A.Nouschi, Bilan de la Seconde Guerre mondiale, Le Seuil, 1996