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LE POINT SUR…


Le point sur... La décolonisation

 

Le point sur... La décolonisation
 

 


Algérie : par son histoire, l’Algérie est un des territoires auxquels la France de la IVe République se sent le plus attachée. Après une conquête qui dure de 1830 à 1843, l’Algérie n’est pas une simple colonie, mais devient rapidement un département français (1848). En outre, de nombreux Européens s’y installent – même si la population musulmane reste très largement supérieure en nombre avec, en 1954, 8 400 000 personnes. La population européenne, majoritairement française, s’élève à la même date à 984 000 personnes, dont 80% sont nées en Algérie même. C’est dire leur attachement à cette terre et leur sentiment de refus quand s’esquisse la perspective de l’indépendance.


Algérie (Guerre d’Algérie) : Le 1er novembre 1954, le Front de libération nationale (FLN) algérien lance une insurrection armée contre les Français en Algérie. C’est le début d’une guerre que la IVème République ne parvient pas ni à éviter, ni à conclure. Malgré la présence de 400 000 militaires français en Algérie dès 1956, malgré l’allongement du service militaire à 27 mois, la France ne parvient pas à écraser la rébellion.
Le 13 mai 1958, des Français partisans de l’Algérie française se soulèvent à Alger et forment un Comité de salut public, appelant de Gaulle à revenir au pouvoir à Paris. Une fois président du Conseil, puis président de la République, le général de Gaulle amorce une politique différente de celle attendue par les partisans de l’Algérie française. Conscient du caractère inéluctable de la décolonisation et du coût humain et financier de la guerre, de Gaulle avance vers une solution négociée.


Il annonce dans son plan de Constantine (octobre 1958) des réformes économiques et sociales favorisant l’assimilation des Musulmans. Il va un peu plus loin en avançant l’idée de l’autodétermination de l’Algérie (septembre 1959), puis en parlant « d’Algérie algérienne » (juin 1960), ce qui mécontente les partisans de l’Algérie française. Lors du référendum du 8 janvier 1961, 75% des Français se prononcent en faveur de l’autodétermination. Malgré cela, les partisans de l’Algérie française tentent de prendre le pouvoir à Alger (putsch des généraux, 22 avril 1961) et se regroupent dans l’OAS (Organisation de l’armée secrète) qui multiplie les attentats contre de Gaulle et les Musulmans.


Des négociations s’ouvrent en mai 1961 entre le FLN et la France. Elles aboutissent à un cessez-le-feu (19 mars 1962) puis aux accords d’Evian. L’indépendance de l’Algérie est proclamée le 3 juillet 1962. Son principe avait recueilli lors du référendum du 8 avril 1962 l’approbation de 90% des Français.
La fin de la guerre d’Algérie donne lieu à des épisodes tragiques, marqués par le terrorisme de l’OAS, le départ d’Algérie de centaines de milliers d’Européens et de harkis (soldats algériens ayant combattu aux côtés de la France) menacés par les membres du FLN.
 

 


Communauté française : prévue par la Constitution de 1958, la Communauté française remplace l’Union française créée en 1946. C’est une association entre la France et les colonies, celles-ci étant libres ou non d’y adhérer. Si elles refusent, l’indépendance leur est automatiquement accordée.

 


Conférence de Bandung : du 18 au 24 avril 1955, 29 Etats d’Afrique et d’Asie se réunissent à Bandung (Indonésie) pour dénoncer le colonialisme. Parmi les représentants de ces pays se trouvent certains leaders de pays ayant acquis leur indépendance – Soekarno pour l’Indonésie, Nehru pour l’Inde, Nasser pour l’Égypte. Aucun représentant des puissances coloniales n’a été convié. L’acte final de la conférence affirme son opposition au colonialisme mais également à la logique des blocs. Refusant d’appartenir au camp capitaliste ou au camp soviétique, les pays présents à Bandung se revendiquent « non-alignés » et soulignent leur solidarité dans la lutte pour leur indépendance.
 

 


Discours de Brazzaville : percevant dès la fin de la Seconde Guerre mondiale les aspirations de plus en plus fortes des peuples colonisés à l'indépendance, le général de Gaulle organise en février 1944 une grande conférence sur ce thème, à Brazzaville (capitale du Congo français). L'acte final de cette conférence prévoit une plus grande participation des peuples colonisés à l'exercice du pouvoir dans leur pays :
" Je m'engage, explique de Gaulle, à associer les peuples colonisés à la question des affaires publiques de leur pays " proclame de Gaulle dans l’extrait de l'acte final de la conférence de Brazzaville.
Mais ces avancées apparaissent minces pour les peuples concernés, car elles restent inscrites dans le cadre de l'empire français :
" Les fins de l'œuvre de civilisation accomplie par la France dans les colonies écartent toute idée d'autonomie, toute possibilité d'évolution hors du bloc français de l'empire ; la constitution éventuelle, même lointaine, de self-governments dans les colonies est à écarter. "
 

 


Guerre d'Indochine : alors que l'Indochine a déclaré son indépendance en 1945, la IVe République reste intransigeante et refuse de reconnaître cette autonomie autoproclamée. Malgré l'accord négocié entre le général Leclerc, Sainteny et Hô Chi Minh (chef du Viêt-minh, parti indépendantiste), une issue pacifique devient improbable. À partir de 1946, les troupes indépendantistes du général Giap déclenchent donc contre l'armée française une guérilla qui ne cesse de s'intensifier. Malgré les succès militaires français sous le commandement du général de Lattre de Tassigny (1950-1051) et une aide financière importante des États-Unis, les troupes communistes renforcent leurs positions au nord-ouest de la péninsule. Le successeur de De Lattre, le général Navarre, décide d'intervenir dans cette zone en investissant la zone de Dien Bien Phu*, point stratégique vers la Chine et le Laos. C'est là que les Français essuieront une cruelle défaite qui les amènera à quitter l'Indochine.

 

Guerre d'Indochine (La défaite de Dien Bien Phu)  : les troupes françaises entrent dans Dien Bien Phu en novembre 1953 et établissent un camp retranché dans cette zone qui se présente comme une vaste cuvette entourée de collines. Le Viêt-minh déclenche son offensive le 23 mars 1954 contre les 16 000 Français pris dans ce piège naturel.
Sous le commandement du lieutenant-colonel de Castries – promu général au cours de la bataille –, les Français résistent désespérément aux assauts continuels du Viêt-minh, équipé de matériel soviétique et chinois. Les soldats du Viêt-minh réussissent à traîner jusqu’aux collines de Dien Bien Phu de l’artillerie lourde et des canons anti-aériens : 200 000 obus écrasent les troupes assiégées et coupées de l’extérieur ; les avant-postes tombent les uns après les autres. L’assaut final est lancé le 1er mai : le combat devient corps à corps dans les tranchées boueuses. 4 000 Français trouvent la mort, 8 000 sont faits prisonniers. Malgré ses 8 000 victimes, le Viêt-minh sort vainqueur de la bataille. Le 7 mai, les derniers survivants français hissent le drapeau blanc.
Cette défaite conduit la France à évacuer son armée d’Indochine et à entamer des négociations avec le Viêt-minh. Le président du Conseil, Pierre Mendès-France, signe les accords de paix de Genève en juillet 1954. La présence française en Indochine est terminée. Le Vietnam (une des provinces d’Indochine) est coupé en deux par une ligne de démarcation située sur le 17e parallèle : au nord s’établit la République démocratique du Vietnam communiste ; au sud, un gouvernement pro américain.
 

 


Indépendance de l’Inde : proclamée en août 1947 après des négociations entre la Grande-Bretagne et les leaders indépendantistes indiens, cette indépendance s’accompagne d’une scission (division) de l’Inde en deux États. L’Union indienne rassemble les hindouistes, le Pakistan rassemble les musulmans. Les transferts de populations donnent lieu à des violences meurtrières.