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LE POINT SUR…


Le point sur... La France face au monde bipolaire


Le point sur… La France face au monde bipolaire



Guerre froide : période allant de 1947 à 1954 environ (elle est suivie d’une période de coexistence pacifique – 1955-1962 – puis de détente) et se caractérisant par une extrême tension entre deux les deux blocs. Le bloc de l’ouest, derrière les États-Unis, et le bloc de l’est, derrière l’URSS, s’affrontent par le biais de la propagande ou de pays interposés, sans aller toutefois jusqu’au conflit direct.

Peu après la fin de la Seconde Guerre, les divergences s'accroissent entre les deux grandes puissances victorieuses, les États-Unis et l'URSS. Désaccords idéologiques (démocratie libérale et capitalisme dans un cas, totalitarisme, collectivisation et économie étatisée dans l'autre), rivalités (l'URSS a libéré l'Europe de l'Est et y maintient son influence, tandis que les États-Unis veillent sur l'Europe de l'Ouest), peur réciproque.
Dès la fin de l’année 1945, Churchill évoque un " rideau de fer " qui serait tombé sur l’Europe, la partageant en deux parties, chacune reliée à un des deux Grands : les Américains regroupent derrière eux et aident financièrement les pays de l'Europe de l'Ouest afin d’éviter l’expansion communiste (doctrine Truman d’endiguement), tandis que l'URSS rassemble les pays de l'Est contre l'impérialisme américain. Cette division se traduit par la création d'organisations et d’alliances qui séparent le monde en deux camps, et dont voici les principales :
 

 

 

Camp américain

Camp soviétique

1949

Création de l'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), alliance militaire sous domination américaine.

Création du Conseil d’Assistance économique mutuelle (CAEM), union commerciale entre l'URSS et les démocraties populaires d’Europe orientale.

1950

 

Alliance entre l'URSS de Staline et la Chine communiste de Mao.

1951

Alliance militaire entre les États-Unis et le Japon.

 

1954

Création de l'Organisation du Traité de l’Asie du Sud-Est (OTASE), alliance militaire regroupant les États-Unis, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Thaïlande, Philippines, la France et la Grande-Bretagne.

 

1955

 

Création du Pacte de Varsovie, alliance militaire qui répond à l'OTAN.

 

 

Cette situation entraîne d'importantes tensions : chaque camp diabolise l'autre, la propagande multiplie les accusations. Dans cette ambiance lourde éclatent plusieurs crises qui placent le monde au bord de la guerre.


En 1948, dans l'Allemagne divisée en quatre zones d'occupation (britannique, américaine, française et soviétique), l'URSS met en place le blocus de Berlin-ouest, occupé par les Occidentaux. Il s’agit pour Staline de faire tomber cette enclave occidentale au cœur de la zone d’occupation soviétique. Les États-Unis répliquent par un pont aérien pour ravitailler la population de berlinoise pendant toute la durée du blocus, soit presque un an. En 1949, la division de l'Allemagne en deux États est officiellement entérinée : la République fédérale d’Allemagne (RFA) soutenue par les États-Unis à l'Ouest s'oppose à la République démocratique allemande (RDA) sous influence soviétique à l'Est.



En 1949, la victoire des communistes de Mao Zedong sur les nationalistes de Tchang Kaï-Chek, en Chine, marque l’expansion du communisme en Asie. En 1950, les communistes implantés au nord de la Corée tentent de prendre le pouvoir dans l'ensemble du pays. Aidés par Mao Zedong, ils envahissent la Corée du Sud. Les États-Unis interviennent alors militairement. Pendant trois ans, ils affrontent les troupes du Nord soutenues par l'URSS et la Chine. Après trois années d’une guerre meurtrière, on en revient au statu quo ante bellum : la Corée se retrouve divisée en deux le long du 38e parallèle, avec au nord un régime communiste et au sud, un régime protégé par les Américains.


Au début des années 1960, la guerre froide connaît un regain de tension en Europe : en 1961, les Soviétiques font construire un mur pour séparer Berlin-Est et Berlin-Ouest et éviter ainsi l'exode des Allemands qui vivent dans leur zone. En 1962, avec la crise de Cuba, les États-Unis et l'URSS sont au bord de l'affrontement direct. La peur soulevée par cette perspective amène les deux Grands à chercher l'apaisement. Une période de " détente " commence.

 



La IVe République et le camp atlantique :

Après la Seconde Guerre mondiale, la France est dépendante de l'aide américaine pour sa reconstruction. Cette aide est financière (plan Marshall) et ouvre le pays aux produits américains. Sur le plan de la Défense, la France dépend également des États-Unis : en 1949, elle adhère à l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord) qui regroupe plusieurs pays du Nord dans une alliance militaire dirigée par les États-Unis, contre l'URSS.


Départ des communistes du gouvernement  français (Mai 1947 ) : alors que certains ministres communistes appartiennent au gouvernement Ramadier, le PCF refuse de voter une loi sur les salaires proposée par ce même gouvernement. En conséquence, les ministres communistes sont exclus du gouvernement. Cette rupture entre les partis au pouvoir et le PCF est le fruit d’une série de désaccords de plus en plus graves  :
-    Alors que la pénurie persiste en France et que les grèves se multiplient, les communistes sont favorables à une politique sociale audacieuse, à laquelle ne sont pas prêts les autres membres du gouvernement.
-    La politique vis-à-vis des colonies est un autre sujet de désaccord entre le PCF et les autres partis au pouvoir.
-    Le contexte de guerre froide envenime les relations : les communistes français sont accusés de servir l’URSS.




De Gaulle et le refus de l’hégémonie des deux blocs :

À partir de 1958, Charles de Gaulle inaugure une politique d'indépendance nationale : tout en restant dans le bloc occidental, il refuse énergiquement l’hégémonie américaine et entend redonner à la France un rôle de puissance à part entière. Pour cela, il s’investit particulièrement dans la Défense et les Affaires étrangères qui deviennent les « domaines réservés » du président de la République :

- dans le domaine de la Défense nationale, de Gaulle estime que le pays doit se doter d’une force de dissuasion afin de na pas dépendre du parapluie nucléaire américain. La première bombe atomique française explose en 1960 à Reggane (Sahara), et de Gaulle refuse de signer le traité de 1963 sur l'arrêt des essais nucléaires dans l'atmosphère. En 1966, il prend la décision spectaculaire de retirer la France du commandement intégré de l'OTAN, même si en réalité, la France reste membre de l'Alliance atlantique.

- En ce qui concerne les relations internationales, Charles de Gaulle multiplie les voyages diplomatiques et cherche à nouer des liens avec les pays du bloc de l'Est (URSS, Pologne…). Il n’hésite pas à dénoncer la politique américaine au Vietnam (discours de Phnom Penh en 1966) et l'influence des États-Unis sur le Canada francophone (" Vive le Québec libre ! ", s’écrie-t-il à Québec en 1967).