Discours

Discours au monde (1958-1969)

Allocution prononcée à la radiodiffusion et la télévision Roumaine, 18 mai 1968

 

 

Avant de regagner Paris, où les événements l'ont décidé d'avancer son retour de quelques heures, le Général de Gaulle prononce à Bucarest une allocution radiodiffusée et télévisée.

 

A vous tous, Roumaines et Roumains, je dis ce soir combien je suis honoré, heureux, touché, de vous avoir rendu visite.

J'en suis honoré, parce qu'ainsi j'ai pu vous apporter le salut de mon pays. Il y a bien longtemps que nos deux peuples sont amis. Mais c'est surtout au cours des grandes épreuves de ce siècle qu'on a apprécié, en France, toute la valeur de la Roumanie. Nous, Français, mesurons en connaissance de cause ce que ces guerres, ces drames et ces bouleversements ont représenté de sacrifices et de chagrins pour chacune de vos familles en même temps que pour votre patrie. Nous n'ignorons pas que vous y avez fait face avec un magnifique courage. Nous savons que la Roumanie, bien que réduite dans sa superficie, en est sortie plus roumaine que jamais.

Je suis heureux d'être venu. Car, à côté des belles et nobles choses que le passé vous a léguées, j'ai vu quels progrès modernes vous êtes en train d'accomplir, dans l'industrie, l'agriculture, l'enseignement, la technique. J'ai vu de vos usines en plein rendement, de vos champs très bien cultivés, de vos jeunes gens remplis d'ardeur, de vos professeurs, ingénieurs, spécialistes, débordant de capacités. Mais aussi j'ai vu votre peuple, fier, actif et bien vivant. Aucun pays du monde ne pourrait s'en réjouir plus que la France qui, depuis toujours et surtout aujourd'hui, aime et estime la Roumanie ; la France qui souhaite ardemment la voir forte et prospère ; la France qui compte la trouver à ses côtés afin d'aider notre Europe à respirer enfin librement, grâce à l'indépendance de chaque nation, à la fin des blocs opposés, à la franche coopération établie d'un bout à l'autre pour la paix et pour le progrès.

Je suis touché jusqu'au plus profond de mon âme par votre accueil, par la façon dont la France, en ma personne, a été reçue chez vous, par les émouvantes acclamations que d'innombrables hommes, femmes, enfants, roumains lui adressèrent à mon passage, tour à tour à Bucarest, à Craiova, à Bals, à Slatina, à Pitesti, à Topoloveni, à Gaesti, à Tirgoviste, à Ploiesti, etc.

Da ! Toate mârturiile care, peste tot si in chip unanim, mi le?ati dat de vâzut, de auzit si de înteles vor lâsa o amintire nestearsâ, pentru intotdeauna, exceptionalei noastre prietenii.

Fiecareia si fiecareia dintre voi, multumesc mult, si noroc bun !

Trâiascâ România !