Discours
Discours au monde (1958-1969)
Discours en Tchécoslovaquie, 2 janvier 1944
Toast adressé à S. E. M. Edouard BENÈS, Président de la République Tchécoslovaque, lors de son passage à Alger.
C'est avec une grande joie que nous saluons la présence à Alger de S. E. M. Édouard Benès, Président de la République tchécoslovaque.
Il nous paraît tout d'abord particulièrement heureux de voir dans la capitale provisoire de la France en guerre le chef très respecté d'un État que lient à la France, non seulement l'amitié séculaire des deux peuples, mais encore une alliance consacrée déjà lors de la dernière guerre et devenue dans celle-ci plus chère et plus solide au milieu de nos épreuves communes et de nos efforts conjugués.
Mais notre satisfaction est rendue plus profonde encore par le fait que le Chef de l'État tchécoslovaque est M. le Président Édouard Benès, l'homme d'État dont le courage, le patriotisme et la merveilleuse intelligence de l'ordre international, ont fait littéralement un symbole de la cause que nous défendons et que nous ferons triompher contre un abominable agresseur.
Je dis que nous ferons triompher cette cause. Mais je crois pouvoir dire aussi que l'Europe, une fois victorieuse, saura, cette fois, tirer parti de sa cruelle victoire et, suivant les principes de votre politique, s'organiser pour la paix dans la coopération. A cet égard, M. le Président, vous prouvez le mouvement en marchant. Après que l'accord conclu le 29 septembre 1942 entre votre Gouvernement et le Comité National Français eut replacé sur ses bases notre alliance naguère bafouée par le détestable Munich, après qu'un règlement analogue eut été réalisé entre la Grande-Bretagne et la Tchécoslovaquie, après que vous eûtes renouvelé les fondements de l'amitié de la nation dont vous êtes le chef avec les États-Unis d'Amérique, voici que vous revenez de Moscou, ayant signé avec le Gouvernement de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques le traité clair et fort qui fixe, dès le présent, et assure pour l'avenir, la conjonction de deux politiques contre la menace perpétuelle du germanisme Je puis vous assurer, Monsieur le Président, qu'aucune puissance ne se réjouit plus que la France de la réussite, aujourd'hui certaine et bientôt éclatante, de votre politique de grand patriote et de grand Européen.
Permettez-moi d'ajouter qu'aucun peuple n'éprouvera une joie plus sincère que le peuple français quand il vous verra, demain, sur le sol de votre patrie, rassembler une fois de plus autour de votre personne la noble nation tchécoslovaque et continuer de la conduire vers ses grandes destinées.
Je lève mon verre en l'honneur de M. le Président Benès, de Mme Édouard Benès à qui nous serions heureux que vous vouliez bien, Monsieur le Président, exprimer nos très respectueux hommages, en l'honneur de la vaillante Tchécoslovaquie, si nécessaire à l'Europe et si chère au coeur de la France.














