Discours
Discours au monde (1958-1969)
Toast adressé à M. José Lenart, Président du Conseil des Ministres de Tchécoslovaquie, 26 octobre 1967
Le Général de Gaulle prend la parole lors d'une réception donnée au Palais de l'Élysée en l'honneur de M. Josef Lenart, Président du Conseil des ministres de Tchécoslovaquie.
Monsieur le Président,
Nous nous félicitons de vous recevoir et nous attachons une grande importance à votre visite.
Elle donne à penser, en effet, que les relations de notre pays et du vôtre tendent à reprendre le caractère particulièrement cordial et constructif qu'elles avaient naguère. Comment ne pas rappeler quel rôle la France a joué dans la naissance de la Tchécoslovaquie en tant qu'État souverain après la Première Guerre mondiale, et quel prestige avaient chez nous les Présidents Masaryk et Benes ? Si, à Munich, le fait, pour l'Occident, d'avoir abandonné l'indépendance de la Tchécoslovaquie doit être marqué d'une pierre noire à jamais, la solidarité rétablie au cours de la guerre même entre la France Libre et le Gouvernement tchécoslovaque en exil ne saurait être méconnus. La victoire finale fut notamment celle de nos deux pays. Il est vrai que les événements politiques survenus ensuite en Europe du Centre et de l'Est, en particulier à Prague, et la division en deux blocs de notre continent qui en fut la conséquence, tinrent nos deux peuples fâcheusement éloignés. Mais il semble que cette période s'achève et, peut-être, la France y est-elle pour quelque chose ? Dès lors, il devient très naturel que nos deux pays établissent entre eux, à tous égards, des rapports beaucoup plus étroits. Ils ont commencé de le faire. Ils doivent poursuivre dans cette voie. D'autant mieux qu'ils ont tous deux, au point de vue de l'économie, du développement scientifique et de la culture, tout ce qu'il faut pour une active coopération.
C'est ce que nous pensons à Paris. C'est aussi ce que vous pensez vous-même, et dont votre présence est la preuve. Nous sommes certains, qu'à la suite de votre visite et des entretiens qu'elle nous a donné l'occasion d'avoir avec vous et avec les personnalités qui vous accompagnent, le rapprochement et l'effort commun de la Tchécoslovaquie et de la France vont recevoir une nouvelle impulsion. L'union de l'Europe et la paix du monde n'ont qu'à y gagner.
Je lève mon verre en l'honneur de Monsieur Joseph Lenart, Président du Conseil des ministres de Tchécoslovaquie, et en l'honneur de la Tchécoslovaquie.














