Discours

Discours au monde (1958-1969)

Toast adressé à S.A.R. Norodom Sihanouk, Chef de l'Etat du Cambodge, 21 février 1967

 

 

Le Général de Gaulle prend la parole lors d'une réception donnée au Palais de l'Élysée en l'honneur du Chef d'État du Cambodge.

 

Monseigneur,

C'est pour nous une grande joie et un grand honneur de Vous recevoir. C'est également un avantage car nous y trouvons l'occasion de nous entretenir avec Votre Altesse Royale de tout ce qui est commun au Cambodge et à la France et qui s'est révélé de la manière la plus éclatante et la plus émouvante lors de la magnifique réception que Vous-même et Votre peuple nous avez réservée l'été dernier.

Ce qui est commun au Cambodge et à la France, c'est d'abord leur amicale coopération. A cet égard, beaucoup est fait ou en train de se faire dans les domaines culturel, économique, technique, militaire, etc. Mais beaucoup doit être fait encore. Laissez-moi Vous redire, Monseigneur, que la France attache au développement du Cambodge un profond intérêt, non seulement en raison de la haute estime et de la grande amitié qu'elle lui porte, mais encore parce que le succès du peuple khmer lui paraît essentiel à la cause qu'elle a faite sienne, celle du progrès, de l'indépendance et de la paix des nations, notamment dans la région d'Asie qu'une guerre odieuse déchire en ce moment.

Oui, Monseigneur, ce qui est commun au Cambodge et à la France, c'est aussi et c'est surtout la condamnation du détestable conflit qui fait rage aux portes mêmes de Votre pays et la certitude que ce drame ne peut trouver d'issue que par la fin de l'intervention extérieure qui en est cause' et par un accord de tous les intéressés sur le droit du peuple vietnamien à disposer de lui-même, la neutralisation de l'Asie du Sud-Est, enfin la reconstruction et le développement des régions ravagées. S'il devait arriver, qu'an jour, la route s'ouvrît vers ce but, nul doute que, pour ce qui les concerne, Votre gouvernement et le nôtre la suivraient la main dans la main.

Je lève mon verre en l'honneur de Son Altesse Royale le prince Norodom Sihanouk, chef de l'État du Cambodge, en l'honneur de Madame la princesse Monique à qui nous nous félicitons de présenter nos respectueux hommages, en l'honneur de l'amitié fidèle du Cambodge et de la France.