Discours
Discours au monde (1958-1969)
Toast adressé à S.E. M. Cyrankiewicz, Président du Conseil des Ministres de la République Populaire de Pologne, 11 septembre 1965
Le Général de Gaulle prend fa parole lors d'une réception donnée au Palais de l'Élysée en l'honneur du Président du Conseil polonais.
Monsieur le Président,
Votre visite officielle à Paris est pour nous, à tous égards, un événement considérable. Il l'est au point de vue national car, de tous temps, ce qu'est, ce que fait, ce que soutire, ce que réussit, la Pologne intéresse au premier chef et émeut notre pays. Au long de notre Histoire, nous nous sommes fait de vous, Polonais, l'idée très chère et très vivante d'un peuple sans cesse battu par des tempêtes que sa personnalité et son courage lui ont toujours permis de surmonter et qui fut l'ami et l'allié de la France chaque fois qu'il lui fut possible d'agir à sa volonté. Comment, à ce sujet, n'évoquerais?je pas très haut le souvenir de la dernière guerre où nos épreuves furent simultanées, nos espérances communes et nos efforts respectifs tendus vers la même victoire ? Mais aussi, comment ne dirais?je pas quelle considération nous avons pour le très vaste effort de reconstitution et de développement accompli, depuis lors, par votre pays ?
D'autre part, votre présence ici nous paraît marquer ce fait, à nos yeux capital, que, pour nos deux pays, séculairement conscients de ce qu'ils valent, les contingences idéologiques et les systèmes politiques du moment, quelles que soient leurs différences, ne sauraient les empêcher d'être l'un en face de l'autre et de se voir mutuellement tels qu'ils sont dans leur profondeur et dans leur réalité.
Enfin, dans l'ordre européen et, j'ajoute, international, la rencontre délibérée de nos deux Gouvernements, l'examen qu'ils font ensemble des problèmes qui se posent à eux dans le monde d'aujourd'hui et le développement de leur coopération revêtent un caractère à la fois important et exemplaire.
Sans méconnaître, Monsieur le Président, que, par le temps qui court, les réalisations communes à la Pologne et à la France, dans les domaines politique, économique et culturel, sont naturellement complexes et nécessairement progressives, nous sommes tout prêts, pour notre part, à les développer dans le présent et dans l'avenir. Car ainsi, nous sommes certains de bien servir, tout d'abord notre pays et, laissez?moi ajouter, le vôtre, ensuite et par là même notre Europe, enfin la cause de l'équilibre et de la paix du monde entier.
Monsieur le Président, je lève mon verre en votre honneur. En même temps, j'adresse à la Pologne le témoignage de l'amitié fidèle et confiante de la France.
Niech zyje Polska !














