Discours
Discours au monde (1958-1969)
Toast adressé à S.E. M. Moktar Ould Daddah, Président de la République Islamique de Mauritanie, 23 mai 1962
Le Général de Gaulle prend la parole lors d'une réception donnée au Palais de l'Élysée en l'honneur du Président de la République islamique de Mauritanie.
La France se félicite de recevoir en votre personne la Mauritanie, son amie. Car, si cette contrée est empreinte d'un caractère géographique et humain très particulier, si certains ont pu se demander quel serait son comportement dés lors que le génie des temps modernes l'aurait abordée à son tour, bref, si elle a pu parfois poser comme une énigme quant à son avenir, chacun est aujourd'hui fixé. La voici marchant sur la route qu'elle-même a choisie. Cette route est celle du progrès. Elle y avance en compagnie de la France.
L'institution de la Mauritanie en un État cohérent est la preuve de cette réussite. Combien celle-ci est-elle méritoire ! Population vivant, pour la plus grande partie, éparse et mobile sur de très vastes espaces ; ressources naturelles qui ont longtemps paru des plus limitées ; voisins souvent difficiles pour une région qui se situe entre le Maghreb et l'Afrique noire et entre l'Atlantique et le Sahara, telles étaient en effet, les conditions dans lesquelles votre pays a dû ériger sa personnalité et sa souveraineté nationales. Qu'il y soit cependant parvenu, voilà qui démontre d'une manière éclatante sa réalité, sa vitalité et sa capacité ! C'est qu'un peuple courageux et vigoureux l'habite. Les Maures nous semblent, à nous Français qui les connaissons bien, dignes d'être maîtres d'eux-mêmes. D'ailleurs, la nature ou bien la Providence ? a fait en sorte que votre sous-sol recèle des gisements miniers assez importants pour assurer à votre pays les moyens économiques et financiers qui lui permettront de contribuer largement et bientôt à son propre développement. En outre, le cordial soutien de la plupart des jeunes États d'Afrique issus de la Communauté a facilité, d'abord la naissance de la Mauritanie en tant que peuple souverain, ensuite son existence au point de vue international.
Mais il me faut ajouter que la France a pu et a voulu, en toute connaissance de cause, aider la Mauritanie à accomplir son évolution. Nous avons conclu avec vous de solides accords à cet égard. Je puis vous assurer que, pour notre part, nous entendons poursuivre la marche à vos côtés dans la voie féconde et fraternelle de la coopération. D'autant plus, Monsieur le Président, que, parmi toutes les raisons que nous avons de faire confiance à votre pays, l'une des meilleures, c'est que vous êtes qui vous êtes. Votre personnalité, nous la connaissions bien déjà avant que vos compatriotes vous aient confié la responsabilité d'être le Chef de leur État. Mais, depuis, en vous voyant conduire au milieu de beaucoup d'obstacles les affaires intérieures et extérieures de la Mauritanie, notre considération et notre estime à votre égard se sont élevées au plus haut degré. Partout ici vous en verrez la preuve. Et moi, ce soir, je vous le dis franchement et simplement.
Je lève mon verre en l'honneur de M. le Président Moktar Ould Daddah, Président de la République islamique de Mauritanie, en l'honneur de Madame Moktar Ould Daddah à qui nous sommes heureux de présenter nos très respectueux hommages, en l'honneur de la Mauritanie sur qui la France croit pouvoir compter et qui peut compter sur la France.














