Discours

Discours au monde (1958-1969)

Toast adressé à S.E. M. Philibert Tsiranana, Président de la République malgache, 26 octobre 1960

 

Le Général de Gaulle prend la parole lors d'une réception donnée au Palais de l'Élysée en l'honneur du Président de la République malgache.

 

Votre voyage ofliciel à Paris revêt une grande signification. Certes, l'amitié qui lie nos deux peuples y trouve son compte. Certes, nous, Français, et je puis le dire moi?même en particulier, éprouvons un grand plaisir à vous voir, vous?même et Madame Tsiranana. Mais aussi, la visite que vous faites à la France est, dans toute l'acception et l'étendue du terme, celle d'un Chef d'État.

Or, il est bien vrai qu'à vous, Malgaches, tout commande d'être un État. Votre passé historique, d'abord, dont le Palais de vos rois sur la colline de Tananarive est le témoignage à la fois noble et émouvant. La nature de votre peuple, empreinte d'une marque si particulière et tirée tout à la fois de l'Asie et de l'Afrique. La situation de votre île, au grand large de l'Afrique du Sud et tendue vers l'Océan Indien comme une antenne ou comme une avant?garde. Enfin, une longue volonté d'être vous?mêmes tout en pratiquant amplement les relations avec les autres et, notamment avec la France.

Eh bien ! Monsieur le Président, votre présence à Paris est, à cet égard, une réussite. D'abord pour la République malgache dont la souveraineté se trouve ainsi une, fois de plus consacrée par la République française. Pour vous aussi qui, nous en sommes témoins, avez si passionnément et habilement servi votre pays dans son accession au rang d'un État maître de lui?même. Pour la France enfin qui s'en réjouit de toute son amicale confiance et ? qui, au milieu des dangers qui pèsent sur le monde, voit désormais en Madagascar comme un bon compagnon dans l'effort que les peuples libres fournissent en commun pour leur propre développement, pour la sauvegarde de ce qu'ils sont, pour le progrès de tous les hommes.

Je lève mon verre en l'honneur du Président Tsiranana, Président de la République malgache, en l'honneur de Madame Tsiranana à qui j'exprime mes hommages respectueux, en l'honneur de Madagascar, pour toujours cher au coeur de la France !