Discours

Le Président de la Cinquième République (1958-1969)

Appel aux Algérois à la suite de la "semaine des barricades", 25 janvier 1960

 

A la suite de la publication par un journal allemand d'une interview selon laquelle il aurait vigoureusement critiqué la politique d'autodétermination, le général Massu, commandant le Corps d'armée d'Alger, a été rappelé à Paris. En dépit d'un démenti, formulé en termes ambigus, il a été relevé de son commandement le 22 janvier 1960. Le 24 janvier, les leaders activistes partisans de l'Algérie française organisent à Alger des manifestations et, en fin de journée, ouvrent le feu contre les gendarmes mobiles chargés de les disperser. Ils se retranchent ensuite dans les Facultés autour desquelles ils construisent des barricades. Informé des événements à Colombey-les-deux-Églises, le 24 janvier en fin de journée, le général de Gaulle regagne Paris et lance, au début de la journée du 25 janvier, un appel aux Algérois.

Allocution radiodiffusée prononcée au palais de l'Elysée.

 

L'émeute qui vient d'être déclenchée à Alger est un mauvais coup porté à la France.

 

Un mauvais coup porté à la France en Algérie.

 

Un mauvais coup porté à la France devant le monde.

 

Un mauvais coup porté à la France au sein de la France.

 

Avec le Gouvernement, d'accord avec le Parlement, appelé et soutenu par la Nation, j'ai pris la tête de l'État pour relever notre pays et, notamment, pour faire triompher dans l'Algérie déchirée, en unissant toutes ses communautés, une solution qui soit française.
Je dis en toute lucidité et en toute simplicité que si je manquais à ma tâche, l'unité, le prestige, le sort de la France seraient du même coup compromis. Et, d'abord, il n'y aurait plus pour elle aucune chance de poursuivre sa grande oeuvre en Algérie.

 

J'adjure ceux qui se dressent à Alger contre la patrie, égarés qu'ils peuvent être par des mensonges et par des calomnies, de rentrer dans l'ordre national. Rien n'est perdu pour un Français quand il rallie sa mère, la France.

 

J'exprime ma confiance profonde à Paul Delouvrier, Délégué général, au général Challe, Commandant en chef, aux forces qui sont sous leurs ordres pour servir la France et l'État, à la population algérienne, si chère et si éprouvée.

 

Quant à moi, je ferai mon devoir.

 

Vive la France !