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Biographies de personnalités


BLUM Léon (1872 - 1950)

Il est né à Paris le 9 avril 1872. Après l'École normale supérieure, il mène une carrière littéraire et juridique. Lors de l'Affaire Dreyfus, il adhère au Parti socialiste et collabore à L'Humanité de Jean Jaurès. Il s'oppose à la disparition de la SFIO au congrès de Tours de 1920. Fondateur du nouvel organe national, Le Populaire, il devient le chef de la SFIO. Député de la Seine (1919-1928), battu en 1928, il est élu à Narbonne (1929-1940). Avec la victoire du Front populaire, il devient Président du Conseil (juin 1936), on lui doit les Accords Matignon, la loi des 40 heures, les congés payés, les nationalisations. L'échec de sa politique économique et financière, la non-intervention dans la guerre d'Espagne, l'antisémitisme croissant entraînent sa chute (juin 1937), et à nouveau en mars 1938. Il dénonce les Accords de Munich (septembre 1938), et refuse de voter les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940. Jugé au procès de Riom, il est livré aux Allemands et déporté. Président du Conseil du dernier Gouvernement provisoire (décembre 1946-janvier 1947), il s'oppose, par la suite, aux excès du régime parlementaire comme à de Gaulle. Il meurt le 30 mars 1950.

 

 

CHAMBERLAIN Arthur Neville (Grande-Bretagne)

Né le 18 mars 1869 à Edgbaston, près de Birmingham, il devient maire de cette ville, en 1915, est élu député conservateur, en 1918, et devient ministre de la Santé en 1923, puis de 1924 à 1929. Chancelier de l'Echiquier de 1931 à 1937, il réoriente et modernise l'économie britannique, revient au protectionnisme et à la préférence impériale. Très populaire, il succède à Baldwin au poste de Premier ministre en 1937. Mal préparé et mal conseillé, pacifiste, il s'efforce de mener une politique d'apaisement face à Hitler. Il signe les accords de Munich, le 29 septembre 1938 avec Daladier, Mussolini et Hitler, et est acclamé comme champion de la paix. Après l'annexion de la Bohême et de la Moravie par les Allemands, en mars 1939, il change de politique, conclut des pactes d'assistance avec la Pologne, la Grèce et la Roumanie. Le 3 septembre 1939, il déclare la guerre à l'Allemagne après l'invasion de la Pologne le 1er. Débordé par la défaite alliée en Norvège, il cède sa place à Winston Churchill, le 10 mai 1940. Il meurt à Heckfield, près de Birmingham, le 9 novembre 1940.

 

 

DALADIER Edouard (1884-1970)

Il naît, le 18 mai 1884, à Carpentras (Vaucluse) d'un père boulanger. Professeur agrégé d'histoire, il s'engage dans la politique, devient maire de sa ville natale en 1911 et député radical-socialiste du Vaucluse à partir de 1919. Concurrent d'Édouard Herriot, son ancien professeur, au sein du Parti radical qu'il préside en 1927-1930 puis en 1936-1938, il incarne l'aile gauche favorable à une alliance englobant les communistes. Sept fois ministre entre 1924 et 1932, il devient président du Conseil et ministre de la Guerre en 1933, puis président du Conseil et ministre des Affaires étrangères en 1934, mais il est renversé après le 6 février. Président du Conseil et ministre de la Défense nationale et de la Guerre entre avril 1938 et mars 1940, il signe les Accords de Munich (29 septembre 1938). Arrêté par Vichy après l'échec de son embarquement sur le Massilia pour l'Afrique du Nord, il est jugé au procès de Riom. Déporté en Allemagne (43-45), il retrouve, à la Libération, son mandat de député (1946-1958), et redevient président du Parti radical-socialiste en 1957-1958. Il meurt le 10 octobre 1970.

 

 

HERRIOT Edouard (France)

Né le 5 juillet 1872 à Troyes (Aube), dans une famille modeste, agrégé de lettres (1893), il adhère, au moment de l'affaire Dreyfus, au Parti radical, qu'il préside presque toujours de 1919 à 1957. Il est maire de Lyon en 1905. Ministre des Travaux publics et du Ravitaillement (1916-1917), député du Rhône de 1919 à 1940, chef de l'opposition au Bloc national, il constitue le Cartel des gauches qui gagne les élections en 1924. Président du Conseil de juin 1924 à avril 1925, en charge des Affaires étrangères, son gouvernement évacue la Ruhr et reconnaît l'URSS. Poincaré lui confie l'Instruction publique (1926-1928) ce que critique l'aile gauche du parti radical. Président du Conseil en 1932, son parti soutient le Front populaire, et il préside la Chambre (juin 1936-juillet 1940). Antimunichois, il préconise l'abstention le 10 juillet 1940. Hostile au régime de Vichy, il est en résidence surveillée en 42, puis déporté (44-45). Réélu maire de Lyon et député du Rhône (1945), il préside l'Assemblée nationale (1947-1954). Défenseur du régime parlementaire, il s'oppose au PC et au RPF. Membre de l'Académie française depuis 1946, il meurt le 26 mars 1957.

 

 

HITLER Adolf (Allemagne)

Né à Brunau (Haute-Autriche), le 20 avril 1889. Il combat durant la Grande Guerre et se révolte contre le traité de Versailles. En 1921, il est à la tête du Parti ouvrier allemand national-socialiste (NSDAP). Après l'échec de son coup d'Etat à Munich, en novembre 1923, il est condamné à 5 ans de forteresse où il écrit Mein Kampf. Libéré, il entreprend la conquête du pouvoir, qu'il atteint légalement le 30 janvier 1933, à la faveur de la crise économique. Il installe une dictature fondée sur l'antisémitisme et le racisme : pleins pouvoirs, police politique (Gestapo), camps de concentration, parti unique. En 1936, il remilitarise la Rhénanie, annexe l'Autriche (Anschluss) le 13 mars 1938, puis la région techécoslovaque des Sudètes (accords de Munich signés par Chamberlain et Daladier, 29 septembre 38). Le 22 mai 39, il signe le Pacte d'Acier avec l'Italie, et, le 23 août, le pacte germano-soviétique. Le 1er septembre, il attaque la Pologne, le 10 mai 1940, la France, et l'URSS, le 22 juin 1941. Ses victoires lui permettent d'occuper une grande partie de l'Europe et d'imposer le régime nazi. A partir de 1943, il essuie de graves revers. Il se suicide à Berlin, le 30 avril 1945.

 

 

MAYER Emile (181-1938)

Il est né le 8 mai 1851 d'un père inspecteur des Manufactures de l'Etat à Nancy, qui prend le nom de Mayer en 1854. Polytechnicien, officier d'artillerie, il fut ami et condisciple de Joffre et de Foch, conseiller militaire de Jaurès et compagnon de Léon Blum. Théoricien de l'art militaire, son salon parisien est le lieu de rencontre des esprits libres et anticonformistes de l'entre-deux-guerres. Le commandant de Gaulle y est introduit par Lucien Nachin et le fréquente surtout à partir de 1931, quand il est au Secrétariat de la Défense nationale. Le colonel Mayer apprécie les écrits de De Gaulle, et défend ses idées sur l'armée motorisée et les grandes unités mécaniques et il contribue à les faire connaître : c'est ainsi que de Gaulle put rencontrer Paul Reynaud. Il meurt le 28 novembre 1938.

 

 

NACHIN Lucien (1885-1952)

Né en 1885, fils d'un gendarme du Pas-de-Calais, enfant de troupe, il sort premier de l'école de Saint-Maixent, officier à 23 ans, il est en captivité à partir de 1915. Sans chance de promotion, il choisit de quitter l'armée en 1923 avec le grade de capitaine, et entre dans les transports parisiens. Officier de réserve, il sera lieutenant-colonel en 1928. Les échanges avec le capitaine de Gaulle commencent en 1923, et Nachin a servi d'intermédiaire entre Emile Mayer qu'il avait rencontré en 1908 et de Gaulle. Ils fréquentent le salon d'Emile Mayer. Directeur d'une collection consacrée aux classiques de l'art militaire chez Berger-Levrault, il fait ainsi des préfaces à l'œuvre de Machiavel, Guibert ou Clausewitz. Il soutient les thèses de De Gaulle sur l'armée motorisée et les divisions blindées autonomes. Il meurt en juin 1952.

 

 

PAUL-BONCOUR Joseph (France)

Il est né le 4 août 1873 à Saint-Agnan (Loir-et-Cher). Avocat, il débute sa carrière politique comme secrétaire particulier de Waldeck-Rousseau (1898-1902) et fonde en 1902 le Conseil juridique de la Bourse du travail. Député socialiste indépendant (1909-1914) et ministre du Travail (1911), il adhère en 1916 à la SFIO, et il est élu député de la Seine (19-24), puis du Tarn (24-31). Il rompt en 1931 en raison de divergences d'idées sur la défense et la participation au gouvernement. Il participe en 1935, avec Déat, à la création de l'Union socialiste et républicaine qu'il préside, mais il démissionne en avril 1938, à cause de l'orientation pacifiste de Déat. Sénateur socialiste indépendant (31-40), à nouveau ministre (Affaires étrangères : 1932-1933, 1933-1934, 1938 et délégué à la SDN (1936). L'un des 80 parlementaires à refuser les pleins pouvoirs à Pétain, il participe à la Résistance intérieure. Membre de l'Assemblée consultative en 1944, il est élu SFIO au Conseil de la République (1946-1948). Délégué de la France à la conférence de San Francisco en 1946, il préside la Fédération internationale des droits de l'homme. Il meurt le 28 mars 1972.

 

 

REYNAUD Paul (1878 - 1966)

Il naît le 15 octobre 1878 à Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence). Avocat, député des Basses-Alpes puis de Paris (1928-1940), il est plusieurs fois ministre sous la IIIe République. Membre de l'Alliance démocratique (droite modérée), il en démissionne quand Flandin approuve les Accords de Munich (septembre 1938). Il est un des rares hommes politiques de l'entre-deux-guerres à croire aux théories de De Gaulle sur l'armée. Président du Conseil et ministre des Affaires étrangères (21 mars-16 juin 1940), il est, en mai, ministre de la Défense nationale et de la Guerre, nomme Pétain vice-président du Conseil, et de Gaulle sous-secrétaire d'Etat à la Guerre, le 5 juin. Refusant la capitulation, il cède sa place à Pétain, est interné sur ordre de ce dernier (41-42), puis déporté en Allemagne. Après la Libération il est député du Nord (1946-1962), ministre (notamment de l'Économie nationale et des Finances en 1948), délégué au Conseil de l'Europe (1949-1955). Rallié à de Gaulle en 1958, il préside le Comité consultatif constitutionnel. Il rompt en 1962 et soutient Lecanuet lors de l'élection présidentielle de 1965. Il meurt le 21 septembre 1966.

 

 

ROURE Rémy (France)

 

Né le 3 octobre 1885 à Arcens (Ardèche), fils d'agriculteur, il débute jeune dans le journalisme, à L'information sociale (1909), puis au Temps (1910). Au cours de la Première Guerre mondiale, il est blessé, fait prisonnier en Artois, et interné en Allemagne où il a pour compagnon de captivité le capitaine de Gaulle, avec lequel il se lie d'amitié. Editorialiste, en 1919, à L'Eclair, puis à L'Avenir d'André François-Poncet, il revient au Temps de 1925 à 1939. Replié à Lyon pendant l'Occupation, il organise, dès 1941, des groupes de résistance. Membre du comité directeur de Liberté, il fait partie du mouvement Combat et rédige le Bulletin de la France Combattante. Arrêté par la Gestapo en octobre 1943, il est déporté à Auschwitz, puis à Buchenwald. A sa libération, en 1945, il apprend la mort, à Ravensbruck, de sa femme Hélène, arrêtée le 3 avril 1944. Ayant rejoint la rédaction du Monde, à son retour, il démissionne en mai 1952, et entre au Figaro. Prix Pelman de la presse en 1957, auteur de plusieurs ouvrages sous le pseudonyme de Pierre Fervacque, il meurt à Paris, le 8 novembre 1966.