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Bernard Dupérier, le grand chef
Bernard Dupérier, le grand chef, Espoir n°129, janvier 2002
Né Bernard Sternberg de Amella le 13 juin 1907 à Paris, Dupérier adoptera le nom de jeune fille de sa mère lorsqu'il rejoindra clandestinement la RAF en mars 1941. Entre temps, ce fils d'industriel n'aura de cesse de concrétiser son rêve : voler. Passant outre l'interdiction paternelle, il s'engage fin 1927 dans l'aviation et rejoint la 5e escadrille d'observation à Marrakech pour deux ans. Il remplace son père à la tête des affaires au décès de celui- ci, mais poursuit son rêve en construisant un bimoteur amphibie et en servant de pilote d'essais à la firme SAFA qui importe les Koolhoven.
A la mobilisation, il est affecté au GB 11/32 et participe à son unique mission de guerre de la campagne de France, le 9 septembre 1939, en menant un vol de reconnaissance sur Bloch 200 au-dessus de Trêves. Son groupe est replié en Afrique du Nord pour être transformé sur DB-7.
Démobilisé après l'armistice, il réussit à obtenir un poste de représentant qui l'amène à effectuer un voyage d'affaires aux Etats-Unis en décembre 1940. Il ne rentrera pas. Passé au Canada, il gagne la Grande- Bretagne et s'engage dans les FAFL.
D'abord affecté au n° 242 et 615 Squadrons, le capitaine Dupérier rejoint le n° 340 Squadrons (« Ile de France ») dès sa création, en octobre 1941 pour prendre en charge le Flight B ou escadrille « Versailles ». Il est nommé Squadron leader le 11 avril 1942, le lendemain de la toute première mission du groupe, qui voit la disparition de son chef, le capitaine de corvette de Scitivaux.
Retiré du front le 30 novembre 1942, Dupérier est envoyé en mission au Canada. Affecté à son retour au n° 341 Squadron ou GCIII/2 « Alsace » comme « surnuméraire », il en prend le commandement par intérim après la mort du commandant Mouchotte, le 27 août 1943. Un mois plus tard, il est nommé Wing Commander du célèbre Wing de Biggin Hill. Il sera avec Demozay l'un des deux Français à commander une escadre de chasse de la RAF Début 1944, il rejoint l'état-major du général Koenig. Cependant, la guerre derrière un bureau ne lui convient guère, alors il se porte volontaire pour des missions spéciales. Il est parachuté dans le maquis près de Saint-Brieuc, le 4 août 1944, mais est grièvement blessé à la jambe deux jours plus tard par un obus antichar. La guerre est finie pour lui. Clopin-clopant, soutenu par ses anciens équipiers, il participe au défilé sur les Champs-Elysées.
Hautement décoré, il est rendu à la vie civile en avril 1946 et devient successivement fondateur de la compagnie Air Transport, conseiller du ministre de l'Air, consultant de Boeing et enfin administrateur d'Air France. Il est également l'auteur de deux livres, dont l'un La Vieille équipe, paru chez Berger-Levrault en 1946, est un intéressant témoignage sur les premiers combats aériens de la France libre.
Président de l'Aéro-Club de France entre 1967 et 1977, Bernard Dupérier nous a quittés en juin 1996.














