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Biographies de parlementaires n'ayant pas voté les pleins pouvoirs le 10 juillet 1940
AURIOL Vincent (1884-1966)
Né le 27 août 1884 à Revel (Haute-Garonne), il devient avocat au barreau de Toulouse. Adhérent à la SFIO dès sa création en 1905, il est cofondateur du journal Midi socialiste en 1908. Député socialiste de Muret en mai 1914, il en devient maire en 1915. Il préside la commission des Finances de la Chambre (1924-1926). Ministre des Finances du Front populaire, il procède à la dévaluation du franc. Garde des Sceaux du cabinet Chautemps, il est ministre d'Etat dans le second cabinet Blum (mars-avril 38). Le 10 juillet 40, il est l'un des 80 parlementaires à refuser les pleins pouvoirs à Pétain. Arrêté, assigné à résidence, il gagne le maquis en 42, Londres puis Alger en 43, où il est membre de l'Assemblée consultative provisoire comme représentant de la SFIO, avant de présider les deux Assemblées constituantes. Le 16 janvier 47, il est élu président de la République par le Congrès de Versailles. Favorable au retour de De Gaulle en 58, il démissionne de la SFIO, critiquant la politique de Guy Mollet. Opposé à l'évolution constitutionnelle de la Ve République, il démissionne du Conseil constitutionnel. Il publie son Journal d'un septennat. Il meurt le 1er janvier 1966.
BLUM Léon (1872-1950)
Il est né à Paris le 9 avril 1872. Après l'École normale supérieure, il mène une carrière littéraire et juridique. Lors de l'Affaire Dreyfus, il adhère au Parti socialiste et collabore à L'Humanité de Jean Jaurès. Il s'oppose à la disparition de la SFIO au congrès de Tours de 1920. Fondateur du nouvel organe national, Le Populaire, il devient le chef de la SFIO. Député de la Seine (1919-1928), battu en 1928, il est élu à Narbonne (1929-1940). Avec la victoire du Front populaire, il devient Président du Conseil (juin 1936), on lui doit les Accords Matignon, la loi des 40 heures, les congés payés, les nationalisations. L'échec de sa politique économique et financière, la non-intervention dans la guerre d'Espagne, l'antisémitisme croissant entraînent sa chute (juin 1937), et à nouveau en mars 1938. Il dénonce les Accords de Munich (septembre 1938), et refuse de voter les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940. Jugé au procès de Riom, il est livré aux Allemands et déporté. Président du Conseil du dernier Gouvernement provisoire (décembre 1946-janvier 1947), il s'oppose, par la suite, aux excès du régime parlementaire comme à de Gaulle. Il meurt le 30 mars 1950.
GOUIN Félix (1884-1977)
Né le 4 octobre 1884 à Peypin (Bouches-du-Rhône), fils d'instituteurs, il devient avocat au barreau de Marseille. Il est député (SFIO) des Bouches-du-Rhône de 1924 à 1958. Il est l'un des 80 députés à voter, le 10 juillet 1940, contre les pleins pouvoirs à Pétain. Lors du procès de Riom (février-avril 1942), il assure la défense de Léon Blum. A Alger, il préside l'Assemblée consultative provisoire (1943-1945). Réélu député de Marseille en 1945, il préside la première Assemblée constituante, et succède au général de Gaulle à la tête du Gouvernement provisoire (janvier-juin 1946). Vice-président du Conseil dans le gouvernement Bidault (juin-décembre 1946), il est ensuite ministre d'Etat chargé du Plan dans les cabinets Blum (décembre 1946-janvier 1947) et Ramadier (janvier-octobre 1947). Il est délégué de la France à l'ONU et membre de la Commisssion des Affaires étrangères, il est très favorable à la construction européenne.Opposé au retour du Général et à l'adoption de la Constitution de la Ve République, il se retire peu à peu de la vie politique et meurt à Nice le 25 octobre 1977.
MANDEL Georges (1885-1944)
Né le 5 juin 1885 à Chatou (Seine-et-Oise) d'une famille qui a quitté l'Alsace en 1871, pour rester française. Journaliste à L'Aurore, il devient chef de cabinet de Clemenceau, président du Conseil (1917-1918), où il coordonne l'activité politique du gouvernement. Député de Gironde entre 1919 et 1940 (sauf 1924-28), ce serviteur de l'Etat est ministre des PTT (1934-1936), des Colonies (1938-1940), il tente de réorganiser ces ministères avec autorité. Appelé à l'Intérieur par Reynaud le 10 mai 40, antinazi notoire, il fait arrêter les sympathisants aux régimes fascistes. Contre la capitulation, il s'embarque sur le Massilia, pour le Maroc, avec d'autres parlementaires. Arrêté, interné, il est remis aux Allemands, déporté puis livré à la Milice qui l'assassine en forêt de Fontainebleau le 7 juillet 1944.
PAUL-BONCOUR Joseph (1873-1972)
Il est né le 4 août 1873 à Saint-Agnan (Loir-et-Cher). Avocat, il débute sa carrière politique comme secrétaire particulier de Waldeck-Rousseau (1898-1902) et fonde en 1902 le Conseil juridique de la Bourse du travail. Député socialiste indépendant (1909-1914) et ministre du Travail (1911), il adhère en 1916 à la SFIO, et il est élu député de la Seine (19-24), puis du Tarn (24-31). Il rompt en 1931 en raison de divergences d'idées sur la défense et la participation au gouvernement. Il participe en 1935, avec Déat, à la création de l'Union socialiste et républicaine qu'il préside, mais il démissionne en avril 1938, à cause de l'orientation pacifiste de Déat. Sénateur socialiste indépendant (31-40), à nouveau ministre (Affaires étrangères : 1932-1933, 1933-1934, 1938 et délégué à la SDN (1936). L'un des 80 parlementaires à refuser les pleins pouvoirs à Pétain, il participe à la Résistance intérieure. Membre de l'Assemblée consultative en 1944, il est élu SFIO au Conseil de la République (1946-1948). Délégué de la France à la conférence de San Francisco en 1946, il préside la Fédération internationale des droits de l'homme. Il meurt le 28 mars 1972.
RAMADIER Paul (1888-1961)
Né le 17 mars 1888 à La Rochelle (Charente-Maritime), il adhère au parti socialiste en 1904. Avocat, maire de Decazeville à partir de 1919, il est élu député SFIO de l'Aveyron (1928). Sous-secrétaire d'Etat aux Travaux publics et aux Transports du premier gouvernement du Front populaire (1936), il est ministre du Travail de 1938 à 1940. Il refuse de voter les pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940, et entre dans la Résistance. A la Libération, il est à nouveau maire, député et ministre du Ravitaillement (44-45) et participe à l'élaboration de la Constitution de la IVe République. Très contesté pour le coût social de sa politique de lutte contre l'inflation, il se retire en novembre 47, mais est plusieurs fois ministre, notamment aux Affaires économiques et financières (56-57), lançant un emprunt et crée la taxe sur l'automobile. Il place sa confiance en de Gaulle en 1958, mais est battu aux élections. Il meurt en 1961.













