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Télégramme du colonel Leclerc - Douala - 27 août 1940


 

Télégramme du colonel Leclerc, Commissaire général à toutes régions et subdivisions - Doula - 27 août 1940


N° 4409 - Déclarations du colonel Leclerc, commissaire général.

Le Cameroun, depuis le jour même de l'armistice, a crié son indignation, son désir de continuer la lutte aux côtés des Alliés, sa volonté de rester libre et de ne pas se soumettre à l'ennemi. Le général de Gaulle, chef reconnu des Français Libres, a entendu cet appel. En son nom, j'ai pris ce matin, 27 août 1940, le poste de commissaire général et déclare le Cameroun autonome politiquement et économiquement. Accueilli avec un élan magnifique par la très grande majorité des éléments civils et militaires de Douala, je suis en mesure d'affirmer dès maintenant que la vie normale reprend son cours, qu'il n'y a eu aucun trouble ni aucun désordre. Les populations de toutes les villes du Cameroun se doivent de suivre l'exemple de Douala. Je leur apporte un appui effectif et suis décidé à aider de tous mes moyens et toutes mes forces les initiatives de ceux qui veulent savoir leur honneur dans le respect des traités. Le Cameroun doit voir très rapidement, du fait de la cessation du blocus et des accords mis au point par le général de Gaulle avec le gouvernement britannique, sa situation économique améliorée. Les militaires et les fonctionnaires français de l'Empire ont manifesté la haute conscience qu'ils avaient de leurs devoirs, ils sont assurés de recevoir normalement les soldes et appointements auxquels ils ont droit. Mon intention, au nom du général de Gaulle, est de restaurer la vie économique normale du pays, de renforcer sa défense vis-à-vis de tout ennemi venu de l'extérieur, surtout de conserver à la France qui reviendra un jour libre et victorieuse avec l'aide de son alliée, un des plus beaux territoires d'outre-mer. Il ne faut pas oublier que c'est essentiellement la présence à côté de forces britanniques d'un élément français puissant et organisé qui a provoqué les promesses répétées du gouvernement britannique, en particulier celles de M. Winston Churchill, de rendre à la France la totalité de son territoire, ses colonies et ses libertés. La France enchaînée, toutes les colonies, la Grande-Bretagne, le monde, ont les yeux fixés sur le premier territoire qui a manifesté son esprit d'indépendance et sa volonté de rester purement français.


Colonel Leclerc.