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De Gaulle, Jean Moulin, et le Conseil National de la Résistance


 

René HOSTACHE

De Gaulle, Jean Moulin, et le Conseil national de la Résistance, Espoir n°48, 1988

 

Jean Moulin, obtient conformément aux consignes de Londres, une séparation au sein de chacun des mouvements, de l'action militaire et de l'action politique. C'est le préalable nécessaire à la création d'une "Armée Secrète" résultant de la fusion des formations paramilitaires des mouvements de zone Sud : "Combat", "Libération" et "Franc-Tireur", et des cinq mouvements de zone Nord : "Organisation Civile et Militaire", "Libération Nord", "Ceux de la Résistance", "Ceux de la Libération" et le "Front National". Le général Delestraint accepte d'en assumer le commandement et se place ainsi sous les ordres du général de Gaulle, qu’il avait eu, avant la guerre, sous son autorité.

Simultanément Jean Moulin crée, sous son autorité directe, deux services techniques : le "Service des Opérations aériennes et maritimes" (SOAM) qui deviendra plus tard le "Service des Atterrissages et Parachutages" (SAP) et le "Service Radio" dit WT. Il crée aussi deux organismes qui auront un rôle plus politique : le "Bureau d'Information et de Presse" (BIP), véritable agence de presse clandestine qui sera dirigé par Georges Bidault et le "Comité Général d'Etude" (CGE) chargé de préparer des mesures législatives et administratives à prendre lors de la libération. Enfin, Jean Moulin parvient à rassembler dans un même "Conseil national de la Résistance" les représentants des huit principaux mouvements de résistance, des deux centrales syndicales reconstituées dans la clandestinité (CGT et CFTC) et des six partis ou tendances politiques ayant eu un groupe parlementaire sous la IIIe République (parti communiste, parti socialiste, parti radical, Parti démocrate populaire, Alliance démocratique et Fédération républicaine).