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Biographies de personnalités


 

ABOULKER José (France)

Né le 5 mars 1920 à Alger, jeune médecin des hôpitaux de Paris, José Aboulker entre dans la Résistance en février 1941. D'août 1941 à novembre 1942, il est l'un des principaux animateurs de la Résistance en Algérie et prépare le débarquement allié. Dans la nuit du 8 novembre 1942, il dirige l'occupation d'Alger, ralliant une partie de la police et évacuant la préfecture assiégée. Arrêté, il rejoint Londres en avril 1943 et s'engage dans les Forces françaises libres. Délégué à l'organisation du service de santé des maquis et des FFL, il est envoyé en mission en octobre 1943, puis de Londres et d'Alger dirige les opérations de parachutage d'équipements chirurgicaux sur la France. Après la guerre, José Aboulker entre au parti communiste et devient un spécialiste en neuro-chirurgie, connu dans le monde entier. Il s'engage pour l'indépendance de l'Algérie et s'oppose au retour du général de Gaulle en 1958. Mais, fidèle au chef de guerre, il vote en sa faveur en 1965. Il appartient au service médical d'urgence constitué pour le président de la République après l'attentat du Petit-Clamart.

 

 

AUBRAC Lucie et Raymond

Lucie, née le 29 juin 1912, décédée le 14 mars 2007, Raymond, né le 31 juillet 1914, s'engagent dès 1940 dans la Résistance à Lyon où ils contribuent à créer le mouvement Libération-sud. Raymond devient membre de l'état-major de l'Armée secrète de Delestraint. Arrêté le 15 mars 1943 par la Milice, il l'est à nouveau par Barbie, le 21 juin, à Caluire, avec Jean Moulin. Il est libéré en octobre par un groupe franc dirigé par sa femme et part en février 1944 pour Londres, puis pour Alger. Lucie est chargée de la mise en place des comités départementaux de libération et déléguée à l'Assemblée consultative provisoire, comme représentante de Libération-sud. Nommé par le général de Gaulle à Marseille, Raymond Aubrac est le plus jeune Commissaire de la République (1944-1945). Ingénieur des Ponts et Chaussées, il entre au ministère de la Reconstruction et s'occupe du déminage du pays (1945-1948), tandis que Lucie, agrégée d'histoire qui avait été révoquée par Vichy, reprend son enseignement.

 

 

ASTIER de LA VIGERIE Emmanuel (d') (1900 - 1969)
Né le 6 janvier 1900 à Paris. Officier de marine, il démissionne en 1923 et devient journaliste proche de l'Action française et de Drieu La Rochelle. Mais dans les années 30, il se tourne vers la presse politique de gauche. Refusant la défaite et le régime de Vichy, il fonde avec les Aubrac et Cavaillès, dès la fin de 1940, un mouvement de résistance qui deviendra Libération-Sud, et un journal, Libération. Il salue de Gaulle comme symbole de l'union de la Résistance. A l'automne 42, il est chargé des affaires politiques au Comité directeur des Mouvements unis de Résistance présidé par Jean Moulin. En juin 1943 il est commissaire à l'Intérieur du CFLN puis membre de l'Assemblée consultative et du CNR. En 1945, il est élu député d'Ile-et-Vilaine, soutenu par les communistes (député jusqu'en 1958). En 1948, il est cofondateur du mouvement qui lance l'appel de Stockholm contre la bombe atomique américaine. Après son voyage en URSS en 1956, il dénonce le stalinisme, l'intervention soviétique en Hongrie. En 1958, il refuse l'opposition systématique à de Gaulle dont il se rapproche. Il meurt en juin 1969.

 

 

BLOCH-LAINE François (France) Né le 25 mars 1912, il entre, en 1936, à l'Inspection des finances après des études de droit et Sciences politiques. Pendant l'Occupation, il coordonne les opérations de financement de la résistance. En 1944, il devient sous-directeur du Trésor, puis en 1945-46, conseiller financier du haut-commissaire en Indochine avant d'être directeur de cabinet du ministre des Finances du Gouvernement provisoire, Robert Schuman (juin 1946). Nommé, en mai 1947 directeur du Trésor, il réforme les finances de l'État, avant de prendre, en 1952, la direction de la Caisse des dépôts et consignations. En 1967, Georges Pompidou lui confie la présidence du Crédit Lyonnais, deuxième banque française de dépôts, dont il devient le président honoraire en 1984. Auteur, à la demande du gouvernement Mauroy, d'un rapport sur l'état de la France en 1981, il préside l'établissement public chargé de la construction de l'Opéra Bastille (1983-1985).

 

 

BROSSOLETTE Pierre (1903 - 1944)
Né le 25 juin 1903 d'un père enseignant, élève à l'École normale supérieure, il est reçu second à l'agrégation d'histoire en 1925, derrière Georges Bidault. Militant socialiste, il est journaliste à Notre temps puis au Populaire. Il est écarté de Radio-PTT en 1939 en raison de son opposition aux accords de Munich. Lieutenant en 1939, capitaine en 1940, il refuse l'armistice et s'engage dans la Résistance. Interdit d'enseignement par Vichy, il ouvre à Paris avec sa femme une librairie qui deviendra un lieu de rencontre de la Résistance, et il participe à la création de mouvements comme Libération-nord et Organisation civile et militaire (OCM). En avril 1942, il gagne Londres pour y représenter les mouvements zone nord et devient adjoint du colonel Passy au BCRA. Parachuté à Paris pour unifier les mouvements de zone nord, il s'oppose à la création du CNR voulue par Jean Moulin, mais s'incline à la demande de De Gaulle. Lors d'une nouvelle opération en septembre 1943, il est arrêté et emprisonné à Rennes. Torturé par la Gestapo il se suicide en se jetant du cinquième étage, le 22 mars 1944.

 

 

CAPITANT René (France) Né le 19 août 1901 en Isère à la Tronche, René Capitant demeure dans le souvenir de ceux qui l'ont connu un grand juriste et une âme passionnée. Docteur et agrégé des Facultés de Droit, il est nommé en 1930 à l'université de Strasbourg. A sa demande, il est mobilisé en 1939 et affecté au quartier général de la 5eme armée. Il répond en 1940 à l'appel du 18 juin et contribue à fonder, à Clermont-Ferrand, un mouvement de résistance qui deviendra Combat. Muté en février 1941 comme professeur de droit à l'université d'Alger, il développe le gaullisme en Afrique du Nord et crée le mouvement Combat-Empire qui participe au débarquement des Alliés en Afrique du Nord. Il accueille de Gaulle à Alger le 30 mai 1943 et est nommé par celui-ci commissaire à l'Instruction publique du Comité français de la Libération, puis ministre de l'Education nationale du gouvernement provisoire de 1944 à 1945. Il est élu cette même année député du Bas-Rhin et publie plusieurs articles sur la Constitution. Il fonde le 20 janvier 1946 avec Louis Vallon "L'Union gaulliste", première esquisse du "Rassemblement du peuple français". Il est élu député du Quartier latin lors de l'élection de la première Assemblée nationale le 10 novembre. Professeur à la Faculté de Droit de Paris en 1951, il milite à la Présidence du Conseil national du "Rassemblement du peuple français" de 1952 à 1957. Nommé directeur de la Maison franco-japonaise à Tokyo de 1957 à 1960, il adhère à "L'Union démocratique du travail", à son retour en France. Il est député de la 3eme circonscription de la Seine (Quartier latin) en 1962, réélu en mars 1967 et juin 1968. Président de la Commission des Lois de l'Assemblée nationale de 1962 à 1968, il est conseiller municipal de Paris à partir de 1965. Garde des Sceaux et ministre de la Justice de par la volonté du général de Gaulle en 1968, il donne sa démission dés l'annonce du départ de celui-ci. Dans sa vie et dans son œuvre écrite, René Capitant combat pour la justice. Il s'est toujours soucié de l'indépendance nationale, des conditions d'une véritable démocratie et a voulu promouvoir la Participation . Il meurt le 23 mai 1970.

 

 

DARLAND François (France)

Né à Nérac (Lot-et-Garonne) le 7 août 1881, il sort de l'École Navale en 1901 et participe brillamment à la Première Guerre. Directeur de cabinet du ministre de la Marine de 1925 à 1934, il dirige de 1934 à 1936 l'escadre de l'Atlantique et est nommé chef d'état-major de la Marine par Blum, séduit par cet amiral républicain. Favorable à l'armistice, il devient secrétaire d'État à la Marine de Vichy en juin 1940, vice-président du Conseil et successeur désigné du Maréchal en février. Il cumule d'énormes pouvoirs. Favorable à la collaboration politique et militaire avec Hitler, il concède, par les protocoles de Paris en 1941, l'ouverture de certains ports français d'outre-mer. Au retour de Laval (17 avril 1942) il démissionne de ses fonctions gouvernementales. Commandant en chef de l'armée d'armistice, il est à Alger lors du débarquement allié le 8 novembre 1942. Soutenu par les Américains il se proclame Haut Commissaire en Afrique du Nord, mais est assassiné le 24 décembre à Alger par un jeune résistant royaliste, Fernand Bonnier de la Chapelle.
            

 

 

DELESTRAINT Charles

Né le 12 mars 1879 à Biache-Saint-Waast (Pas-de-Calais), sorti de l'Ecole de Saint-Cyr, il participe brillamment à la Première Guerre. Il devient, l'un des spécialiste des blindés entre les deux guerres mondiales, et rencontre, à ce titre, le colonel de Gaulle. Général de division en 1940, il organise la Résistance dans la région de Lyon, et est nommé par de Gaulle chef de l'Armée secrète qu'il s'efforce d'armer et de coordonner, en zone sud (1942), avant d'en prendre le commandement pour la France entière. Arrêté à Paris le 9 juin 1943, il est déporté au Struthof, puis à Dachau, où il est exécuté sur ordre de Berlin quelques jours avant la libération du camp par les Américains, le 19 avril 1945.

 

 

DEWAVRIN André (1911-1998)

Né le 9 juin 1911 à Paris, polytechnicien, il enseigne, en 1938, à Saint-Cyr. Capitaine en 1939, il est volontaire pour l'expédition de Norvège. Il gagne Londres après avoir entendu Pétain le 21 juin 1940. Nommé par de Gaulle à la tête du 2e Bureau, sous le nom de "colonel Passy", il dirige, en 1942, le Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) de la France libre. Parachuté en France en février 1943, il rationalise la collecte de renseignements, Pierre Brossolette se chargeant des contacts politiques. Chef d'état major du général Koenig en 1944, pour diriger les FFI de Bretagne, il est à la tête, en mai 1945, de la Direction générale des études et recherches (DGER), qui deviendra le Service de Documentation extérieure du contre-espionnage (SDECE) jusqu'au départ du général de Gaulle en janvier 1946. Un scandale politico-financier visant à atteindre de Gaulle le conduit en prison (mai 46), sans qu'aucune accusation ne lui soit portée. Dewavrin se retire alors dans le privé. Il meurt le 21 décembre 1998.

 

 

FRENAY Henri (1905 - 1988)

Né le 19 novembre 1905 à Lyon, fils de colonel, il étudie à Saint-Cyr et à l'Ecole supérieure de guerre. Capitaine en 1934, il est fait prisonnier en 1940. Il s'évade, fonde le Mouvement de libération nationale et organise la résistance en zone Nord. Fondateur, fin 1941, du mouvement Combat, il est Commissaire aux prisonniers et déportés dans le comité français d'Alger (1943), avant d'en devenir le ministre dans le gouvernement provisoire (1944-45). Partisan d'une Europe fédérale, il s'éloigne ensuite du général de Gaulle, et appelle à voter contre lui lors de l'élection présidentielle de 1965. Administrateur de sociétés, il écrit plusieurs ouvrages sur la Résistance dont La Nuit finira (1973). Il meurt à Porto-Vecchio (Corse) le 6 août 1988. François Mitterrand préside les cérémonies organisées en sa mémoire aux Invalides, le 20 septembre 1988.

 

 

GOUIN Félix (France) Né le 4 octobre 1884 à Peypin (Bouches-du-Rhône), fils d'instituteurs, il devient avocat au barreau de Marseille. Il est député (SFIO) des Bouches-du-Rhône de 1924 à 1958. Il est l'un des 80 députés à voter, le 10 juillet 1940, contre les pleins pouvoirs à Pétain. Lors du procès de Riom (février-avril 1942), il assure la défense de Léon Blum. A Alger, il préside l'Assemblée consultative provisoire (1943-1945). Réélu député de Marseille en 1945, il préside la première Assemblée constituante, et succède au général de Gaulle à la tête du Gouvernement provisoire (janvier-juin 1946). Vice-président du Conseil dans le gouvernement Bidault (juin-décembre 1946), il est ensuite ministre d'Etat chargé du Plan dans les cabinets Blum (décembre 1946-janvier 1947) et Ramadier (janvier-octobre 1947). Il est délégué de la France à l'ONU et membre de la Commisssion des Affaires étrangères, il est très favorable à la construction européenne.Opposé au retour du Général et à l'adoption de la Constitution de la Ve République, il se retire peu à peu de la vie politique et meurt à Nice le 25 octobre 1977.

 

 

KARSENTY Bernard (1920)

Né à Oran en 1920, il entre à Paris au cours Simon pour devenir acteur. Il gagne Marseille en juin 1940 et prend connaissance de l'appel du général de Gaulle le 19 juin. Il est à Alger en novembre 1941 et se joint au groupe de patriotes gaullistes. Membre de ce réseau clandestin, il recrute des groupes d'action, cherche des armes et s'efforce de convaincre des militaires d'aider au débarquement des Alliés. Il est l'un des organisateurs de la rencontre de Cherchell entre les résistants et les représentants d'Eisenhower, et de la prise d'Alger le 8 novembre 1942. Il rejoint ensuite les Forces françaises libres en Angleterre et est nommé officier d'état-major à Carlton Gardens. A Alger en mai 1943, il prépare avec le groupe "Combat " l'arrivée de De Gaulle. Elève officier de l'Ecole de Cherchell, il est incorporé dans la 1ere DFL et remonte jusqu'à Colmar où il arrive en décembre 1944. Il y apprend l'exécution de son frère et la déportation de son père. Il est alors affecté à l'Office de recherche des criminels de Lyon. Après la guerre, il fonde et dirige plusieurs sociétés.

 

 

LEVY Jean-Pierre (1911-1996)

Né à Strasbourg (Bas-Rhin) le 28 mai 1911, diplômé de l'Institut d'enseignement commercial supérieur de Strasbourg. Il fonde en 1941 le Mouvement Franc-Tireur, en 1943, il devient membre du Conseil national de la Résistance (CNR), et participe à la libération de Paris. Après avoir occupé de hautes fonctions au sein de l'administration, ce Compagnon de la Libération, est nommé, le 15 septembre 1971, président du Centre national pour l'exploitation des Océans (CNEXO), jusqu'à sa retraite. Il décède à Paris le 15 décembre 1996.

 

 

MAYER Emile (France)

Il est né le 8 mai 1851 d'un père inspecteur des Manufactures de l'Etat à Nancy, qui prend le nom de Mayer en 1854. Polytechnicien, officier d'artillerie, il fut ami et condisciple de Joffre et de Foch, conseiller militaire de Jaurès et compagnon de Léon Blum. Théoricien de l'art militaire, son salon parisien est le lieu de rencontre des esprits libres et anticonformistes de l'entre-deux-guerres. Le commandant de Gaulle y est introduit par Lucien Nachin et le fréquente surtout à partir de 1931, quand il est au Secrétariat de la Défense nationale. Le colonel Mayer apprécie les écrits de De Gaulle, et défend ses idées sur l'armée motorisée et les grandes unités mécaniques et il contribue à les faire connaître : c'est ainsi que de Gaulle put rencontrer Paul Reynaud. Il meurt le 28 novembre 1938.

 

MICHELET Edmond (France)
Né le 8 octobre 1889 à Paris et engagé volontaire en janvier 1918, il préside l'Association catholique de la jeunesse catholique (ACJF) du Béarn (1922-1925) puis adhère aux Équipes sociales. Résistant dès juin 1940, il constitue le mouvement Liberté, qui participe à la création de Combat en 1941. Chef régional des Mouvements unis de la résistance (MUR) en 1942, arrêté par la Gestapo en février 1943, il est déporté à Dachau. Il est membre de l'Assemblée consultative provisoire, ministre des Armées (novembre 1945-janvier 1946), il est député MRP de Corrèze. Adhèrent du RPF, il est exclu du MRP, puis membre du Conseil de direction du RPF (1949-1953). Battu aux législatives, il est sénateur de la Seine (1952-1959), et sera à la tête de tous les partis gaullistes du RPF à l'UNR-UDT. Il est successivement ministre des Anciens combattants et Victimes de guerre (1958), puis ministre de la Justice (1959-1961). Membre du Conseil constitutionnel, il succède à André Malraux en 1969 sous la présidence de Pompidou, comme ministre des Affaires culturelles, jusqu'à son décès à Marsillac (Corrèze) le 9 octobre 1970.

 

 

MONNERVILLE Gaston (1897-1991

Né à Cayenne le 2 janvier 1897, avocat en 1918, il est député de la Guyane (1932-1940) et sous-secrétaire d'Etat aux Colonies (1937-1939). Engagé volontaire en 39, il commande des FFI dans le Massif central. Député de l'Assemblée consultative provisoire et des Assemblées constituantes, il travaille à la création des Départements d'outre-mer. Sénateur de la Guyane (1946-1948),puis du Lot (1948-1974), président du Conseil de la république (46-58), puis du Sénat (58-69, il s'oppose vivement à l'élection présidentielle au suffrage universel. Membre du Conseil constitutionnel (1974-1983), il meurt le 7 novembre 1991.

 

 

MONNET Jean (France)

Né le 9 novembre 1888 à Cognac (Charente) dans une famille de négociants, il est chargé d'organiser, pendant la Première Guerre, l'approvisionnement des armées et devient, en 1919, secrétaire général adjoint à la Société des nations (SDN) qu'il quitte en 1923. Après une carrière de financier international, en 1939 il préside le Comité de coordination de l'effort de guerre allié, il est membre du Conseil anglo-américain de production d'armement aux Etats-Unis (1940-1943). A la demande de Roosevelt, il va à Alger pour conseiller Giraud, et lui inspire le discours démocratique du 14 mars 1943 et joue un rôle important dans l'arrivée de De Gaulle. Commissaire à l'Armement du CFLN, il négocie en 1944 les accords de prêt-bail avec les Etats-Unis. Il est le premier Commissaire au Plan (1947-1952) avec le souhait de moderniser la France. Chargé, dès 1950, d'élaborer le traité de la Communauté du Charbon et de l'Acier, il est président de la Haute-Autorité de la CECA (1952-1954). En 1955, il crée et préside le Comité d'action pour les Etats-Unis d'Europe. Il meurt le 16 mars 1979, et les cendres du "père de l'Europe" sont transférées au Panthéon le 9 novembre 1988.

 

 

MOULIN Jean (1899 - 1943)

Né à Béziers le 20 juin 1899, il est le plus jeune sous-préfet de France en 1925, membre du cabinet de Pierre Cot, ministre de l'Air du Front populaire. Préfet de Chartres (juin 1940), antifasciste, antimunichois, il refuse de signer un document présenté par les Allemands accusant les tirailleurs sénégalais d'atrocités contre les civils ; humilié, torturé, il tente de se suicider (17-18 juin). Relevé de ses fonctions par Vichy, il rallie de Gaulle (1941). Chargé de coordonner les mouvements de résistance de la zone sud, il est parachuté le 1er janvier 1942, organise une Armée secrète unique confiée à Delestraint, et les Mouvements unis de Résistance (début 1943).Représentant permanent de De Gaulle pour les 2 zones, il est chargé de créer un Conseil de la Résistance mais se heurte à des oppositions des chefs des MUR. Arrêté par la Gestapo à Caluire (Rhône) le 21 juin 1943, torturé par Barbie, il meurt sans doute le 8 juillet 1943, lors de son transfert en déportation en Allemagne. Bidault lui succède à la tête du CNR. Incinéré au Père Lachaise, ses cendres sont transférées au Panthéon le 19 décembre 1964.

 

 

PINEAU Christian (1904-1995)

Né le 14 octobre 1904 à Chaumont-en-Bassigny (Haute-Marne), il exerce diverses fonctions dans la banque, milite à la CGT, dont il devient secrétaire du conseil économique, et lance le journal Banque et Bourse (1937). Chef de cabinet de son beau-père, Jean Giraudoux, au commissariat à l'Information, il fonde, dès l'armistice, un journal clandestin et le mouvement Libération-nord qui prendra de l'importance grâce aux réseaux de syndicats. Il rencontre de Gaulle à Londres en 42 et obtient de lui une Déclaration clairement démocratique. Arrêté par la Gestapo en mai 1943, il est déporté à Buchenwald (en décembre). Rentré à Paris en mai 1945, il est élu député SFIO de la Sarthe (1946-1958), devient ministre du Ravitaillement (30 mai-21 novembre 1945), puis des Travaux publics (novembre 1947-septembre 1948, septembre 1948-février 1950). Ministre des Affaires étrangères (1er février 1956-14 mai 1958), il doit gérer la crise de Suez et la négociation des traités de Rome. Sous la Ve République, il ne garde que ses mandats locaux. Il meurt à Paris, le 5 avril 1995.

 

 

PUCHEU Pierre (France)

Né le 27 juin 1899 à Beaumont-sur-Oise, boursier, il entre à l'Ecole normale supérieure, délaisse l'enseignement, et entre dans le groupe Worms. Membre des Croix-de-Feu, puis du Parti populaire français (PPF) de Doriot après le 6 février 34, il est nommé par Darlan, en février 1941, secrétaire d'Etat à la Production industrielle, puis, en juillet, ministre de l'Intérieur. Il participe alors à la répression contre la Résistance, et à la désignation des otages, notamment les communistes fusillés de Châteaubriant (Loire-Atlantique), le 22 octobre 1941. Après le retour de Laval en avril 1942, il quitte le gouvernement. Ne croyant plus à la victoire allemande après le débarquement en Afrique du Nord (novembre 42), il tente de changer de camp et prend contact avec Giraud. Arrêté à Alger en mai 1943, il est condamné à mort, et fusillé le 20 mars 1944, devenant ainsi le premier épuré officiel.

 

 

RAVANEL Serge (France)
Né en 1920, il entre à Polytechnique en 1939 et termine ses études à Lyon où l'école s'est repliée. En 1941, il crée un mouvement de résistance. En 1942, il est au comité directeur du mouvement Libération, puis devient chef des groupes francs des MUR (Mouvements unis de résistance) qui se transformera en MLN (Mouvement de libération nationale). En 1944, il est membre de l'état-major national des Corps francs de la libération. Il se rend à Toulouse où il est nommé par le général Koenig chef régional des FFI avec le grade de colonel. Il coordonne les combats de la libération dans la région et organise les FFI en unités régulières. Il y rencontre de Gaulle lors de son voyage en 1944. Il démissionne de l'armée en 1950.

 

 

TERRENOIRE Louis (France)

Né le 10 novembre 1908 à Lyon (Rhône), il est responsable de syndicats chrétiens (1928), rédacteur en chef de La Voix sociale, puis du Nouveau Journal de Lyon (1930-1931), et rejoint, en 1932, L'Aube (périodique démocrate-chrétien). Résistant dès 1940, il devient secrétaire du Conseil national de la résistance (CNR) en 1943. Arrêté par la Gestapo, en décembre 1943 puis en mars 1944, il est déporté à Dachau. Député MRP de l'Orne aux deux Assemblées constituantes, puis à l'Assemblée nationale (1946), il adhère au RPF et devient vice-président du Mouvement républicain populaire indépendant, après son exclusion du MRP hostile à la double appartenance. Secrétaire général du RPF (51-54), il échoue à la députation sous la IVe République, mais retrouve son siège à partir de 1958. Président du groupe UNR de l'Assemblée nationale (1959-1960), il est ministre de l'Information (1960-1961) puis ministre délégué chargé des relations avec le Parlement (1961-1962). Secrétaire général de l'UNR (mai-décembre 1962), il est co-directeur de l'hebdomadaire UNR-UDT Notre République (1963-1964). Il renonce en 1973 à son siège de député et meurt le 8 janvier 1992.