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l'Ecole militaire des cadets de la France libre
Pierre Lefranc
l'Ecole militaire des cadets de la France libre, Espoir n°135, juin 2003
Il est facile d'imaginer l'embarras du général de Gaulle voyant arriver des adolescents répondant à son appel à continuer le combat, et dont la plupart n'ont pas atteint l'âge de porter les armes. Que faire de ces jeunes coupés de leur famille, en pays étranger et alors que leur formation a été brutalement interrompue ?
Parant au plus pressé, voici durant l'été 1940 ces volontaires en culottes courtes, habillés en boys-scouts, logés sous la tente et chantant autour d'un feu de camp. Mais ces garçons ne sont pas venus pour ça et ne manquent pas de le faire savoir.
Dans un premier temps ceux qui préparaient leur baccalauréat sont pris en mains et se présentent à un examen improvisé, et les autres s'impatientent.
Le destin voulut bien que se trouvât à Londres, rallié d'Afghanistan à la France libre, un jeune professeur auquel le Général confia aussitôt le soin de transformer la troupe des campeurs indisciplinés en élèves d'un véritable établissement militaire. Le choix se révéla excellent et André Beaudouin prend en février 1941 le commandement de ce qui est devenu l'Ecole militaire des Cadets, appellation donnée aux élèves officiers en Grande-Bretagne. Dès lors, encadrés par des instructeurs de Saint-Cyr, les volontaires ne se posent plus de questions et acceptent avec ardeur leur double formation civile et militaire.
Surmontant de rudes obstacles, ils viennent essentiellement de France, mais aussi des Amériques du Nord et du Sud, du Liban, d'Egypte, de Polynésie, de Madagascar, d'Islande, de Belgique et même de Suède. Ils étaient bien jeunes ces futurs officiers auxquels le 13 septembre 1941 le général de Gaulle remet leur fanion. De la promotion « Libération » (mai 1942), sur quinze aspirants, huit seront tués à l'ennemi.
En mai 1942, quittant les locaux de la Public School de Malvern (Worcestershire), l'Ecole s'installe dans le manoir de Ribbesford près de Bewdley (Worcestershire). Les quatre promotions suivantes seront : « Bir-Hakeim » (décembre 1942), « Fezzan-Tunisie » (janvier 1943), « Corse et Savoie » (décembre 1943), « 18 juin » (juin 1944).
Les promus sont sans délai envoyés partout où les Forces françaises libres sont engagées : Egypte, Tripolitaine, Fezzan, Tunisie, Italie, France, Hollande, Allemagne. Chefs de section d'infanterie, parachutistes ou officiers de liaison, toujours en première ligne, ils paieront un lourd tribut : un sur quatre a donné sa vie pour la France.
Une loi de la République a assimilé l'Ecole à l'Ecole spéciale militaire de Saint- Cyr et son drapeau a été décoré de la Légion d'honneur, de la Médaille de la Résistance et des croix de guerre française et luxembourgeoise. Il a été déposé en présence du général de Gaulle au Musée du Souvenir à Saint-Cyr-Coëtquidan. Un mémorial érigé à Coëtquidan rappelle les sacrifices des Cadets, une promotion de Saint-Cyr porte le nom de l'Ecole et plusieurs villes de France, dont Paris, ont attribué le nom de l'Ecole à une rue.
Les liens tissés entre les anciens Cadets sont demeurés puissants. L'Amicale très active qui les réunit leur permet de ne pas oublier le privilège qui leur a été accordé de pouvoir être fiers de leur jeunesse.














