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Biographies de collaborateurs


 

BRASILLACH Robert (1909-1945)
Né le 31 mars 1909 à Perpignan (Pyrénées-orientales), ancien élève de l'Ecole normale supérieure, il devient critique littéraire à l'Action française (1931), où il rencontre Maurras. Après le 6 février 1934, il épouse les thèses du fascisme. Romancier apprécié, rédacteur en chef de Je suis partout, journal raciste et antisémite, il milite pour la collaboration avec l'Allemagne et l'avènement d'une Europe nouvelle dominée par les nazis. Il est condamné à mort à la Libération, et exécuté au fort de Montrouge, le 6 février 1945, de Gaulle a refusé sa grâce au nom de la responsabilité des intellectuels.



DARLAN François (1881-1942)
Né à Nérac (Lot-et-Garonne) le 7 août 1881, il sort de l'École Navale en 1901 et participe brillamment à la Première Guerre. Directeur de cabinet du ministre de la Marine de 1925 à 1934, il dirige de 1934 à 1936 l'escadre de l'Atlantique et est nommé chef d'état-major de la Marine par Blum, séduit par cet amiral républicain. Favorable à l'armistice, il devient secrétaire d'État à la Marine de Vichy en juin 1940, vice-président du Conseil et successeur désigné du Maréchal en février. Il cumule d'énormes pouvoirs. Favorable à la collaboration politique et militaire avec Hitler, il concède, par les protocoles de Paris en 1941, l'ouverture de certains ports français d'outre-mer. Au retour de Laval (17 avril 1942) il démissionne de ses fonctions gouvernementales. Commandant en chef de l'armée d'armistice, il est à Alger lors du débarquement allié le 8 novembre 1942. Soutenu par les Américains il se proclame Haut Commissaire en Afrique du Nord, mais est assassiné le 24 décembre à Alger par un jeune résistant royaliste, Fernand Bonnier de la Chapelle.



DARNAND Joseph (1897-1945)
Né en 1897 à Coligny (Ain), il participe héroïquement à la Grande Guerre. Il adhère à l'Action française en 1925 et rejoint en 1928 les Croix de Feu, la Cagoule, et adhère au Parti populaire français de Doriot en 1936. Jugeant la Légion française des combattants trop modérée, il crée en 1941, dans les Alpes-maritimes, le Service d'ordre légionnaire (SOL), mouvement paramilitaire, antisémite, reconnu par Pétain. Le SOL devient la Milice française en 1943 qui doit défendre la révolution nationale aux côtés de l'Allemagne. Darnand prête serment à Hitler et entre dans la Waffen SS. Laval le couvre et la Milice développe le terrorisme, devenu légal, contre les maquis. En septembre 1944, il gagne Sigmaringen et intègre la Milice dans la division SS Charlemagne. Arrêté, condamné par la Haute Cour de Justice, il est exécuté le 10 octobre 1945.



DEAT Marcel (1894-1955)
Né le 7 mars 1894 à Guérigny (Nièvre), reçu à l'École normale supérieure en 1914, il est aussitôt mobilisé comme soldat et combat brillamment. Il entre à l'ENS en 1919 et est agrégé de philosophie. Il adhère en 1920 à la SFIO, député de la Marne (1926-1928), puis de Paris en 1932, il est pour la participation au gouvernement, et exclu de la SFIO en 1933. Il fonde alors le Parti socialiste de France, puis en 1935 l'Union socialiste et républicaine qui participe à la majorité du Front populaire. Député d'Angoulême, il déclenche une campagne pacifiste, publiant dans L'Oeuvre un article contre la guerre : "Mourir pour Dantzig ?" (4 mai 1939). Le 10 juillet 1940 il vote les pleins pouvoirs à Pétain. Dirigeant L'Oeuvre jusqu'en 1944, il fonde en 1941 le Rassemblement national populaire collaborationniste, et milite pour le retour de Laval. En mars 44, il est ministre du Travail et de la Solidarité nationale. Réfugié en Allemagne, il est reçu par Hitler et crée la Commission gouvernementale française de Sigmaringen, transformée en 1945 en Comité français de libération. Condamné à mort par contumace le 19 juin 1945, il se réfugie en Italie, où il meurt le 5 mars 1955.



DORIOT Jacques (1898-1945)
Il est né le 26 septembre 1898 à Bresle (Oise). Ouvrier à Saint-Denis, il milite à partir de 1916 aux Jeunesse socialistes. Mobilisé en 1917, il est fait prisonnier. En 1920, il adhère au Parti communiste. Membre dès 1922 du présidium du comité exécutif de l'Internationale communiste, il devient secrétaire de la Fédération française des Jeunesses communistes en 1923. Contre l'occupation de la Ruhr, il est en prison lorsqu'il est élu député de la Seine en 1924. Maire de Saint-Denis en 1931, il est exclu du PC en 1934 pour avoir pratiqué une politique unitaire, après le 6 février 1934. Réélu député de la Seine en 1936, il fonde le Parti Populaire Français (PPF), d'inspiration nationale-communiste. Préconisant une politique de collaboration avec l'Allemagne dès 1939, il dirige le journal collaborationniste Le Cri du Peuple, et s'engage en 1942 dans la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF), combattant sous l'uniforme allemand. Il meurt dans sa voiture, mitraillée sur une route allemande par un avion, le 22 février 1945.



LAVAL Pierre (1883-1945)

Né à Châteldon (Puy-de-Dôme) le 28 juin 1883, il est fils d'aubergiste. Avocat au barreau de Paris il réussit bien et se constitue clientèle et patrimoine. Député SFIO en 1914, maire d'Aubervilliers en 1923, il est député (socialiste-indépendant) de 1924 à 1927, et ministre du Cartel de gauche. Rompant avec la gauche, il est sénateur en 1927, puis président du Conseil (1930-1932). Ministre des Affaires étrangères de 1934 à 1936, il favorise le rapprochement avec l'Italie, et signe le pacte franco-soviétique en 1935. Vice-président du Conseil, il organise le vote des pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 1940, prépare la politique de collaboration et l'entrevue de Montoire. Écarté le 13 décembre 1940, Pétain est contraint de le rappeler en avril 1942. Après l'occupation de la zone sud il se soumet de plus en plus à Hitler (STO, présence des chefs de la Milice au gouvernement en 1944). Assigné à résidence à Sigmaringen (août 1944) il se réfugie en Espagne en avril 1945. Livré aux Français, il est condamné à mort après un procès hâtif, et exécuté le 15 octobre 1945.



MAURRAS Charles (1868-1952)

Né le 20 avril 1868 à Martigues (Bouches-du-Rhône), à Paris à 17 ans, il collabore à divers périodiques, dont La Cocarde, revue boulangiste républicaine dirigée par Maurice Barrès. S'engageant dans les luttes politiques avec l'affaire Dreyfus, il crée en 1899 L'Action française où le rejoint Léon Daudet. Il y diffuse des thèses nationalistes et antiparlementaires. Ayant progressivement converti les dirigeants de la Ligue d'Action Française au monarchisme, en tant que "nationalisme intégral", il rompt avec le nationalisme républicain de la Ligue de la Patrie française et de Maurice Barrès. Il est mis à l'index par le Saint Siège en 1926. Antigermanique, il admire Mussolini et Franco, puis salue comme "divine surprise" l'arrivée de Pétain au pouvoir. Pendant l'Occupation, il s'oppose aux collaborateurs de Paris et aux "dissidents" de Londres. Arrêté en septembre 1944, condamné à la réclusion perpétuelle et à la dégradation civique le 27 janvier 1945, il est exclu de l'Académie française (élu en 1938). Détenu à Riom puis à Clairvaux, gracié en 1952 et placé en résidence surveillée dans une clinique, il meurt le 16 novembre 1952.



PUCHEU Pierre

Né le 27 juin 1899 à Beaumont-sur-Oise, boursier, il entre à l'Ecole normale supérieure, délaisse l'enseignement, et entre dans le groupe Worms. Membre des Croix-de-Feu, puis du Parti populaire français (PPF) de Doriot après le 6 février 34, il est nommé par Darlan, en février 1941, secrétaire d'Etat à la Production industrielle, puis, en juillet, ministre de l'Intérieur. Il participe alors à la répression contre la Résistance, et à la désignation des otages, notamment les communistes fusillés de Châteaubriant (Loire-Atlantique), le 22 octobre 1941. Après le retour de Laval en avril 1942, il quitte le gouvernement. Ne croyant plus à la victoire allemande après le débarquement en Afrique du Nord (novembre 42), il tente de changer de camp et prend contact avec Giraud. Arrêté à Alger en mai 1943, il est condamné à mort, et fusillé le 20 mars 1944, devenant ainsi le premier épuré officiel.