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Chronologie de la Libération de Paris


 

Pierre LEFRANC

La France dans la guerre. 1940-1945, jour après jour, Plon, 1990

 

 

25 Aôut 1944

7 heures A la périphérie de Paris, les G.T. de la 2e D.B. se mettent en marche.
8 heures Les G.T. pénètrent dans Paris par les portes de Gentilly, d’Orléans et de Saint-Cloud. La 4e D.I. américaine pénètre par la porte d’ Italie, traverse la Seine, parvient à la Seine puis se scinde en deux groupes se dirigeant vers l’ Est par le faubourg Saint-Antoine et l’avenue Daumesnil.
8 heures 30 Le G.T. Billotte arrive à la préfecture de police. Billotte, a près des discussions avec Ely, Chaban-Delmas et Parodi, rédige un ultimatum à Choltitz, commandant de Paris pour le Reich. Choltitz le refuse.
9 heures Les F.F.I. déclenchent l’attaque de la caserne Prince-Eugène, place de la République.
10 heures Après être entré dans Paris par la porte d’Orléans, Leclerc établit son P.C. à la gare Montparnasse puis rejoint la préfecture de police.
11 heures La caserne de la Tour-Maubourg se rend au G.T. Dio qui se dispose autour du secteur Ecole militaire-Quai d’Orsay.
Les F.F.I. et le détachement Dronne s’emparent du central téléphonique Archives.
12 heures 30 Pour la première fois depuis juin 1940, le drapeau tricolore flotte sur la Tour Eiffel.
14 heures Un détachement de la 2e D.B. commence l’attaque de l’îlot du Luxembourg. Les F.F.I. du colonel Fabien se joignet aux blindés.
14 heures 30 Le G.T. Langlade obtient la reddition des Allemands du Majestic, ancien siège du Militarbefehlshaber in Frankreich, le commandement en chef pour la France.
Luxembourg. Les F.F.I. du colonel Fabien se joignet aux blindés.
15 heures Après de rapides et violents combats dans le secteur Concorde-Tuileries, les blindés du G.T. Billotte et les F.F.I. prennent l’hôtel Meurice, siège du Q.G. du commandant du Gross-Paris et capturent Choltitz.
Les F.F.I. s’emparent de la Porte de Clignancourt.
15 heures 30 Le Général Leclerc, commandant les forces françaises de Paris, reçoit la reddition de Choltitz dans la salle de billard de la préfecture de police. Sur l’acte de capitulation est adjointe la signature du colonel Rol-Tanguy, commandant les F.F.I. de l’Ile-de-France.
16 heures 15 A la gare Montparnasse, Choltitz signe l’ordre de reddition des points d’appui.
16 heures 30  Le Général De Gaulle arrive gare Montparnasse. Il est accueilli par Leclerc qui lui remet l’acte de capitulation de Choltitz.
17 heures Le Général De Gaulle s’installe au ministère de la Guerre, rue Saint-Dominique et y établit le siège du G.P.R.F.
Les Allemands de la caserne Prince-Eugène se rendent.
17 heures 30 Les Allemands du point d’appui Palais Bourbon-Quai d’Orsay se rendent à l’enseigne de vaisseau Philippe de Gaulle.
18 heures 35 Les Allemands du Luxembourg cessent le feu.
19 heures De Gaulle est reçu par le C.P.L. et le C.N.R. à l’Hôtel de Ville. A Bidault qui lui demande de proclamer la République, de Gaulle rappelle qu’elle n’a jamais cessé d’exister. Il improvise une allocution qui sera aussitôt diffusé par la Radiodiffusion de la Nation française :

" Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l’émotion qui étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains. Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies. Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec le concours et l’appui de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle ".
20 heures L’ensemble des îlots de résistance allemands dans Paris se sont rendus. En revanche, à Vincennes, Champigny, Saint-Denis, Joinville, les garnisons allemandes refusent de se rendre.

Les pertes causées par la bataille de Paris sont pour la 2e D.B. de 76 tués et de 200 blessés ; pour les F.F.I. de 901 tués, de 1 455 blessés et de 233 capturés ; pour les Allemands de 3 200 tués et de 12 800 prisonniers.

26 Aôut 1944

15 heures A l’Arc de Triomphe, le général de Gaulle ranime la flamme. Précédé par quatre chars de la 2e D.B., entouré de Parodi, du C.N.R. et du C.P.L., des généraux Leclerc, Koenig (qui vient de prendre ses fonctions de gouverneur militaire de Paris), Valin, Juin, de l’amiral d’Argenlieu, de Gaulle descend à pied les Champs-Elysées. Il évoquera ce moment historique dans ses Mémoires de guerre :
Devant moi, les Champs-Elysées ! Ah ! c’est la mer ! une foule immense massée de part et d’autre de la chaussée. Peut-être deux millions d’âmes
De l’Etoile à la Cité, passant par la Concorde et l’Hôtel de Ville, la 2e D.B. défile triomphalement.
16 heures 15 De Gaulle arrive à Notre-Dame. Des coups de feu éclatent alors, provoquant un début de panique dans la foule. Imperturbable, de Gaulle assiste au Magnificat dans la cathédrale.
Après-midi Au Nord, les Allemands font mouvement vers Paris et s’accrochent avec les F.F.I. et des éléments de la 2e D.B. à Saint-Denis, La Courneuve.
23 heures 45 la Luftwaffe bombarde Paris, tuant 189 personnes, en blessant 890 et détruisant 431 immeubles entièrement et 1 597 partiellement.
Huit appareils des groupes de chasse Ile-de-France et Cigognes ratissent le ciel entre Paris et Rouen
Nuit du 26 au 27 la défense française est renforcée à Saint-Denis (détachement Roumanzioff, G.T. Dio et Langlade). Le G.T. Billotte couvre l’Ouest de Paris tandis que la 4e D.I. américaine attaque le bois de Vincennes.