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Jean Donnedieu de Vabres


 

Jean DONNEDIEU de VABRES

Extrait de l'ouvrage Avec de Gaulle (tome 1) de la Fondation Charles de Gaulle, Nouveau-Monde Editions, 2003.

 

Jean Donnedieu de Vabres, qui avait dans la clandestinité participé au Comité général d’études, était, en août 1944, chef de cabinet d’Emile Laffon, secrétaire général provisoire du ministère de l’Intérieur. Voici selon lui comment la Libération fut perçue de la Place Beauvau :


« La seconde étape a été l’insurrection parisienne à la mi-août. Nous nous sommes installés place Beauvau, qui était autrefois le ministère de l’Intérieur et qui allait le redevenir. Nous avons poussé notre exploration jusqu’à la rue des Saussaies, voisine de la place Beauvau et nous avons découvert les restes de la Gestapo qui venait de partir, avec les instruments de torture qui étaient encore là, les baignoires de triste mémoire. Notre petite équipe est placée sous l’autorité d’Emile Laffon, qui est un ancien de la Résistance qui prend le titre de secrétaire général provisoire à l’Intérieur en attendant – on attendait beaucoup de choses à cette époque – l’arrivée du ministre de l’Intérieur qui sera pendant quelques semaines seulement Emmanuel d’Astier de la Vigerie. Nous sommes les témoins des combats de rue, nous apercevons le Grand Palais qui brûle. Les forces de Leclerc sont à la porte d’Orléans, le général de Gaulle n’est pas encore arrivé, notre pouvoir ne s’exerce pas encore dans un grand rayon d’action. Nous nous efforçons dans un premier temps de mettre de l’ordre dans les mairies de Paris où règne une anarchie complète. On voit apparaître un nouveau préfet de police, Luizet, un préfet de la Seine, Flouret, avec auprès de lui Jean Mons dont j’ai bien connu la carrière qui était secrétaire général de la préfecture de la Seine. »