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Quand la technologie française s'expose en Chine
Philippe OULMONT
Dans les années soixante, le gouvernement de Pékin est désireux de stimuler des échanges techniques et commerciaux avec la France et l'Europe, notamment en attirant des missions d'hommes d'affaires et de négociants. Le député Jacques Duhamel, ancien responsable du Centre national du commerce extérieur, se rend à la foire de Canton dès 1962 et participe ensuite à toutes les manifestations commerciales françaises. En 1963, l'ancien ambassadeur Guillaume Georges-Picot est reçu à Pékin à la tête d'une délégation du CNPF pour promouvoir un projet d'exposition technique française.
A la demande des Chinois, la première exposition qui ouvre ses portes dans la capitale, en septembre 1964, est consacrée aux technologies électriques et électroniques. Même si les relations diplomatiques sont désormais officiellement établies entre les deux pays, il s'agit encore d'une exposition privée, organisée par le CCPIT (Conseil chinois pour la promotion du commerce international) et le Comité France-Chine du CNPF. Elle n'est ouverte qu'au public institutionnel chinois (fonctionnaires, directeurs d'usines, ingénieurs, chercheurs). Mais le président Mao Tsé-toung invite personnellement à déjeuner à Hangzhou les responsables français de l'exposition, parmi lesquels se trouve Bernard de Gaulle, un neveu du Général. Ainsi et surtout grâce à l'ambassadeur de France Lucien Paye, reçu en même temps, le chef de l'Etat et le gouvernement français ont été bien informés des attentes chinoises. Il reste aussi à trouver des produits chinois à acheter en échange des biens industriels vendus par les Français.
L'année suivante, en novembre 1965, une grande exposition d'industries de biens d'équipements, avec plus de 250 exposants, présente officiellement les points forts de l'industrie française à 200 000 visiteurs chinois, parmi lesquels le premier ministre Chou En-lai qui prononce une allocution d'inauguration terminée par un toast à la victoire du général de Gaulle lors de l'élection présidentielle. En 1966, l'industrie française réussit encore à s'exposer à Shanghai, déjà agitée par des troubles politiques. Les autorités avaient garanti que tout se passerait bien et les échanges furent positifs. Mais ce développement spectaculaire est brisé net par les débuts de la Révolution culturelle. Il faudra attendre plusieurs années et le retour au calme pour que les entreprises françaises puissent revenir en Chine, en 1973. La position de la France sur le plan industriel et commercial n'est alors plus aussi privilégiée, face à la compétitivité reconnue des produits allemands et à l'arrivée des concurrents anglo-saxons.
Philippe Oulmont














