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6 juin 1964 - Allocution du général de Gaulle lors de la remise des Lettres de créance de l'Ambassadeur de Chine


Je me félicite de recevoir de vos mains les Lettres par lesquelles Son Excellence Monsieur le Président Liu Shao-Chi, Président de la République populaire de Chine, vous accrédite auprès de moi même et auprès du Gouvernement de la République française comme ambassadeur de Chine.


La cérémonie d'aujourd'hui est un événement qui revêt, sans aucun doute, aux yeux de votre pays et aux yeux du mien, une grande importance. D'abord, parce que le fait que la France et la Chine nouent entre elles de nouveau des relations normales est par lui même considérable puisque la Chine est un très grand pays et un très grand peuple. Ensuite, parce qu'entre votre pays et le mien il y a, nous semble-t-il et depuis toujours, les meilleures raisons de se connaître, de se comprendre et de coopérer dans tout ce que les hommes sur la terre ont à réaliser pour leur progrès et pour leur développement. Enfin, Monsieur l'Ambassadeur, l'acte par lequel nous nouons entre Pékin et Paris des relations diplomatiques normales peut avoir une vaste portée, parce que, pour le monde, ce dont il s'agit surtout, c'est de la paix. La paix est, évidemment, essentielle à tous les hommes et il n'est possible de l'établir sur la terre que si une puissance comme la Chine en fait partie intégrante. C'est la raison pour laquelle vous et nous, qui voulons la paix, pouvons et devons sans doute nous comprendre et nous entendre.


Monsieur l'Ambassadeur, vous pouvez être assuré de trouver auprès de moi et auprès du Gouvernement de la République française toutes les facilités pour l'accomplissement de votre haute et grande mission.