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Citations du général de Gaulle sur l'Europe (II)


 

 De Gaulle a déclaré, Espoir n°26, 1979

 

 

Le 23 février 1953 :

 

« Pour pouvoir aboutir à des solutions valables, il faut tenir compte de la réalité. La politique n'est rien d'autre que l'art des réalités. Or, la réalité, c'est qu'actuellement l'Europe se compose de nations. C'est à partir de ces nations qu'il faut organiser l'Europe et, s'il y a lieu, la défendre ».


Et ensuite il précise :

 

« Sur la base de cette alliance, il faut bâtir une Confédération, c'est-à-dire un organisme commun auquel les divers Etats, sans perdre leur corps, leur âme, leur figure, délèguent une part de leur souveraineté en matière stratégique, économique, culturelle.


Mais, à cette Confédération, on doit donner une base populaire et démocratique. Ce sont les peuples qui ont à la créer. Encore faut-il le leur demander. La première étape doit être un vaste référendum, organisé simultanément dans tous les pays intéressés. Il y aura là, au surplus, une grande force pour appuyer ceux qui veulent la communauté et une affirmation vis-à-vis des Etats totalitaires au-delà du rideau de fer.


Mon opinion est que les institutions confédérales doivent comporter : le Conseil des Premiers ministres ; une Assemblée procédant du suffrage universel et une autre représentant les réalités régionales, économiques, intellectuelles, morales, des Etats participants ; enfin une Cour, dont les membres, inamovibles, seront choisis parmi des magistrats.


Ainsi se mettent à vivre en coopération régulière et organisée les peuples de l'Europe. Le temps et les événements auront à faire ensuite le reste. Je crois bien qu'ils le feront parce qu'à moins de catastrophes, en marchant vers l'unité de l'Europe, on marche dans le sens de l'Histoire ».

 


On le voit de Gaulle n'envisage qu'une Confédération d'Etats et fait précéder toute élection au suffrage universel (il ne précise pas si c'est suffrage direct ou indirect) d'une Assemblée, d'un référendum « organisé simultanément dans tous les pays intéressés ». De plus, De Gaulle envisage alors deux Assemblées dont l'une « représenterait les réalités régionales, économiques, intellectuelles, morales, des états participants ».



Il nous semble indispensable pour la clarté du débat de rappeler les plus importantes et les plus récentes prises de position du général de Gaulle sur le sujet.

 

 

 


Le 13 décembre 1959.

« L'essentiel, pour jouerun rôle international, c'est d'exister par soi-même, chez soi. Il n'y a pas de réalité internationale qui ne soit d'abord une réalité nationale ».

 

 

 

 


Le 5 septembre 1960. Conférence de presse.

« Encore une fois, il est tout naturel que les Etats de l'Europe aient à leur disposition des organismes spécialisés pour les problèmes qui leur sont communs, pour préparer et au besoin pour suivre leurs décisions, mais ces décisions leur appartiennent. Elles ne peuvent appartenir qu'à eux et ils ne peuvent les prendre que par coopération. Assurer la coopération régulière de l'Europe occidentale, c'est ce que la France considère comme étant souhaitable, comme étant possible et comme étant pratique, dans le domaine politique, dans le domaine économique, dans le domaine culturel et dans celui de la défense. Cela comporte un concert organisé régulier des Gouvernements responsables et puis, aussi, le travail d'organismes spécialisés dans chacun des domaines communs, organismes subordonnés aux Gouvernements ; cela comporte la délibération périodique d'une assemblée qui soit formée par les délégués des parlements nationaux et, à mon sens, cela doit comporter, le plus tôt possible, un solennel référendum européen, de manière à donner à ce départ de l'Europe le caractère d'adhésion et de conviction populaires qui lui est indispensable ».

 

 



Le 15 mai 1962.

« Qu'est-ce que la France propose à ses cinq partenaires ? Je le répète une fois de plus. Pour nous organiser politiquement, commençons par le commencement. Organisons notre coopération. Réunissons périodiquement nos Chefs d'Etat ou de Gouvernement pour qu'ils examinent en commun les problèmes qui sont les nôtres et pour qu'ils prennent à leur égard des décisions qui seront celles de l'Europe. Formons une commission politique, une commission de défense et une commission culturelle, de même que nous avons déjà une commission économique à Bruxelles qui étudie les questions communes et qui prépare les décisions des six Gouvernements.

 

Naturellement, la commission politique et les autres procéderont, à cet égard, dans des conditions propres aux domaines particuliers qui seront les leurs. En outre, les ministres compétents à ces divers points de vue se réuniront chaque fois qu'il le faudra pour appliquer de concert les décisions qui auront été prises par le Conseil. Enfin, nous avons une Assemblée parlementaire européenne qui siège à Strasbourg et qui est composée de délégations de nos six Parlements nationaux. Mettons cette Assemblée à même de discuter des questions politiques communes comme elle discute déjà les questions économiques. Après expérience, nous verrons dans trois ans comment nous pourrons faire pour resserrer nos liens. Mais, tout au moins, nous aurons commencé à prendre l'habitude de vivre et d'agir ensemble. Voilà ce que la France a proposé. Elle croit que c'est là ce qui peut être fait de plus pratique ».

 

 



Le 19 avril 1963. Conférence de presse.

« Tout système qui consisterait à transmettre notre souveraineté à des aréopages internationaux serait incompatible avec les droits et les devoirs de la République française. Mais aussi, un pareil système se trouverait, à coup sûr, impuissant à entraîner et à diriger les peuples et, pour commencer, le nôtre, dans des domaines où leur âme et leur chair sont en cause. Cette abdication des Etats européens, en particulier de la France, aboutirait inévitablement à une sujétion extérieure. C'est, d'ailleurs, pour éviter une telle inconsistance et, de ce fait, une telle dépendance, que nous tenons à voir l'union de l'Europe constituée par des nations qui puissent et veuillent réellement lui appartenir ».

 

 

 

 


Le 23 juillet 1964. Conférence de presse.

« Une Europe européenne signifie qu'elle existe par elle-même et pour elle-même, autrement dit qu'au milieu du monde elle ait sa propre politique. Or, justement, c'est cela que rejettent, consciemment, ou inconsciemment, certains qui prétendent cependant vouloir qu'elle se réalise. Au fond, le fait que l'Europe, n'ayant pas de politique, resterait soumise à celle qui lui viendrait de l'autre bord de l'Atlantique leur paraît, aujourd'hui encore, normal et satisfaisant.


On a donc vu nombre d'esprits, souvent d'ailleurs valables et sincères, préconiser pour l'Europe, non point une politique indépendante, qu'en vérité ils n'imaginent pas, mais une organisation inapte à en avoir une, rattachée dans ce domaine, comme dans celui de la défense et celui de l'économie, à un système atlantique, c'est-à-dire américain, et subordonnée, par conséquent, à ce que les Etats-Unis appellent leur « leadership ». Cette organisation, qualifiée de fédérale, aurait eu comme fondements, d'une part un aréopage de compétences soustraites à l'appartenance des Etats et qu'on eût baptisé « Exécutif », d'autre part un Parlement sans qualifications nationales et qu'on eût dit « Législatif ». Sans doute, chacun de ces deux éléments aurait-il fourni ce à quoi il eût été approprié, savoir : des études pour l'aréopage et des débats pour le Parlement. Mais, à coup sûr, aucun des deux n 'aurait fait ce qu'en somme on ne voulait pas qu'il fasse, c'est-à-dire une politique. Car, si la politique doit évidemment tenir compte des débats et des études, elle est tout autre chose que des études et des débats.


La politique est une action, c'est-à-dire un ensemble de décisions que l'on prend, de choses que l'on fait, de risques que l'on assume, le tout avec l'appui d'un peuple. Seuls peuvent en être capables, et responsables, les Gouvernements des nations. Il n'est certes pas interdit d'imaginer qu'un jour tous les peuples de notre continent n'en feront qu'un et qu'alors il pourrait y avoir un Gouvernement de l'Europe, mais il serait dérisoire de faire comme si ce jour était venu ».

 

 

 



Le 4 février 1965. Conférence de presse.

« Il s'agit que l'Europe, mère de la civilisation moderne, s'établisse de l'Atlantique à l'Oural, dans la concorde et dans la coopération en vue du développement de ses immenses ressources et de manière à jouer, conjointement avec l'Amérique sa fille le rôle qui lui revient quant au progrès de deux milliards d'hommes qui en ont terriblement besoin ».

 

 

 

 


Le 14 décembre 1965. Entretien télévisé.

« Dès lors que nous ne nous battons plus entre Européens occidentaux, dès lors qu'il n'y a plus de rivalités immédiates et qu 'il n 'y a pas de guerre, ni même de guerre imaginable, entre la France et l'Allemagne, entre la France et l'Italie et, bien entendu, entre la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Angleterre, eh bien ! il est absolument normal que s'établisse entre ces pays occidentaux une solidarité. C'est cela l'Europe, et je crois que cette solidarité doit être organisée. Il s'agit de savoir comment et sous quelle forme.

 

Alors, il faut prendre les choses comme elles sont, car on ne fait pas de politique autrement que sur les réalités. Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant « l'Europe ! », « l'Europe ! », « l'Europe ! » mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien.

 

Je répète : il faut prendre les choses comme elles sont. Comment sont-elles ? Vous avez un pays français, on ne peut pas le discuter, il y en a un. Vous avez un pays allemand, on ne peut pas le discuter, il y en a un. Vous avez un pays italien, vous avez un pays belge, vous avez un pays hollandais, vous avez un pays luxembourgeois et vous avez, un peu plus loin, un pays anglais et vous avez un pays espagnol, etc. Ce sont des pays, ils ont leur histoire, ils ont leur langue, ils ont leur manière de vivre et ils sont des Français, des Allemands, des Italiens, des Anglais, des Hollandais, des Belges, des Espagnols, des Luxembourgeois. Ce sont ces pays-là qu'il faut habituer progressivement à vivre ensemble et à agir ensemble. A cet égard, je suis le premier à reconnaître et à penser que le Marché commun est essentiel, car si on arrive à l'organiser, et, par conséquent, à établir une réelle solidarité économique entre ces pays européens, on aura fait beaucoup pour le rapprochement fondamental et pour la vie commune. »

 

(...)


« Alors, vous en avez qui crient : « Mais l'Europe, l'Europe supranationale ! il n'y a qu'à mettre tout cela ensemble, il n'y a qu'à fondre tout cela ensemble, les Français avec les Allemands, les Italiens avec les Anglais », etc. Oui, vous savez, c'est commode et quelquefois c'est assez séduisant, on va sur des chimères, on va sur des mythes. Mais il y a les réalités et les réalités ne se traitent pas comme cela. Les réalités se traitent à partir d'elles-mêmes.

 

C'est ce que nous nous efforçons de faire, et c'est ce que nous proposons de continuer de faire. Si nous arrivons à surmonter l'épreuve du Marché commun — j'espère bien que nous le ferons — il faudra reprendre ce que la France a proposé en 1961 et qui n'avait pas réussi du premier coup, c'est-à-dire l'organisation d'une coopération politique naissante entre les Etats de l'Europe occidentale. A ce moment-là, il est fort probable qu'un peu plus tôt, un peu plus tard, l'Angleterre viendra se joindre à nous et ce sera tout naturel. Bien entendu, cette Europe-là ne sera pas comme on dit supranationale. Elle sera comme elle est. Elle commencera par être une coopération, peut-être qu'après, à force de vivre ensemble, elle deviendra une confédération ».

 

 

 


Le 28 octobre 1966. Conférence de presse.

« Pour ce qui est de l'Allemagne, malgré toutes les pertes que nous ont fait subir les guerres déclenchées par le premier Reich et par le troisième Reich, nous lui avons offert une franche réconciliation. J'ai moi-même parcouru ses villes, ses usines, ses campagnes, pour le criera son peuple, au nom de la France de toujours. Nous avons même été, il y aura bientôt quatre ans, jusqu'à conclure avec la République fédérale, et à sa demande, un traité qui aurait pu servir de base à une coopération particulière des deux pays dans les domaines de la politique, de l'économie, de l'agriculture et de la défense.

 

Ce n'est pas notre fait si les liens préférentiels, contractés en dehors de nous et sans cesse resserrés par Bonn et Washington, ont privé d'inspiration et de substance cet accord franco-allemand. Il est bien possible que, de ce fait, nos voisins d'outre-Rhin aient perdu quelques occasions quant à ce qui aurait pu être l'action commune des deux nations, parce que, pendant qu'ils appliquaient, non pas notre traité bilatéral, mais le préambule unilatéral qui en changeait tout le sens et qu'eux-mêmes y avaient ajouté, les événements marchaient ailleurs et notamment à l'Est et même peut-être à Washington, brouillant les données de l'affaire telles qu'elles étaient au départ. »

 

(...)


« Au surplus, pour que la Communauté économique des Six soit durable et pour qu'elle puisse aller en se développant, la coopération politique des Etats qui en sont membres est à coup sûr indispensable. Or, nous n'avons cessé de proposer qu'une telle coopération s'organise progressivement, à la seule condition qu'elle vise à définir et à suivre une politique qui soit européenne, et non point à se conformer par principe et nécessairement à une politique qui ne l'est pas. C'est cette condition qui a empêché jusqu'à présent le plan français d'être adopté, bien qu'aucun autre n'ait été formulé ».

 

 

 


Le 9 septembre 1968. Conférence de presse.

« Depuis 1958, nous, Français, n'avons pas cessé de travailler à mettre un terme au régime des blocs. C'est ainsi que, tout en pratiquant d'étroites relations avec les pays de l'Ouest européen et en allant jusqu'à changer, à l'égard de l'Allemagne, notre ancienne inimitié en cordiale coopération, nous nous sommes progressivement détachés de l'organisation militaire de l'O.T.A.N. qui subordonne les Européens aux Américains. C'est ainsi que, tout en participant au Marché commun, nous n'avons jamais consenti pour les Six au système dit « supranational » qui noierait la France dans un ensemble apatride et n'aurait d'autre politique que celle du protecteurd'outre-Océan. C'est ainsi que notre volonté de ne point risquer cette absorption atlantique est l'une des raisons pour lesquelles, à notre grand regret, nous avons jusqu'à présent différé l'entrée de la Grande-Bretagne dans l'actuelle Communauté ».

 

 

 



Avril 1970. Mémoire d'Espoir — Tome I.

« Je crois donc qu'à présent, non plus qu'à d'autres époques, l'union de l'Europe ne saurait être la fusion des peuples, mais qu'elle peut et doit résulter de leur systématique rapprochement. Or, tout les y pousse en notre temps d'échanges massifs, d'entreprises communes, de science et de technique sans frontière, de communications rapides, de voyages multiples. Ma politique vise donc à l'institution du concert des Etats européens, afin qu'en développant entre eux des liens de toutes sortes grandisse leur solidarité. Rien n'empêche de penser, qu'à partir de là, et surtout s'ils sont un jour l'objet d'une même menace, l'évolution puisse aboutir à une confédération.


En fait, cela nous conduit à mettre en œuvre la Communauté économique des Six : à provoquer leur concertation régulière dans le domaine politique ; à faire en sorte que certaines autres, avant tout la Grande-Bretagne, n'entraînent pas l'Occident vers un système atlantique qui serait incompatible avec toute possibilité d'une Europe européenne, mais qu'au contraire ces centrifuges se décident à faire corps avec le continent en changeant d'orientation, d'habitudes et de clientèles ; enfin, à donner l'exemple de la détente, puis de l'entente et de la coopération avec les pays de l'Est, dans la pensée que, par-dessus les partis pris des régimes et des propagandes, ce sont la paix et le progrès qui répondent aux besoins et aux désirs communs des hommes dans l'une et dans l'autre moitié de l'Europe accidentellement brisée ».

 

(...)


« D'autre part, les mêmes créateurs de mythes veulent faire voir dans l'Assemblée réunissant à Strasbourg des députés et des sénateurs délégués par les Chambres des pays membres, un « Parlement européen » lequel n'a, sans doute, aucun pouvoir effectif mais donne à l'« exécutif » de Bruxelles une apparence de responsabilité démocratique ».

 

(...)


« A quelle profondeur d'illusion ou de parti pris faudrait-il plonger, en effet, pour croire que des nations européennes, forgées au long des siècles par des efforts et des douleurs sans nombre, ayant chacune sa géographie, son histoire, sa langue, ses traditions, ses institutions, pourraient cesser d'être elles-mêmes et n'en plus former qu'une seule ?

 

A quelles vues sommaires répond la comparaison, souvent brandie par des naïfs, entre ce que l'Europe devrait faire et ce qu'ont fait les Etats-Unis, alors que ceux-ci furent créés, eux, à partir de rien, sur une terre toute nouvelle, par des flots successifs de colons déracinés ? Pour les Six, en particulier, comment imaginer que leurs buts extérieurs leur deviennent soudain communs, alors que leur origine, leur situation, leur ambition, sont très différentes ? Dans la décolonisation, que la France doit, dans l'immédiat, mener à son terme, que viendraient faire ses voisins ? Si, de tous temps, il est dans sa nature d'accomplir « les gestes de Dieu », de répandre la pensée libre, d'être un champion de l'Humanité, pourquoi serait-ce au même titre, l'affaire de ses partenaires ? L'Allemagne frustrée par sa défaite de l'espoir de dominer, à présent divisée et, aux yeux de beaucoup, suspectée de chercher sa revanche, a désormais sa grande blessure. Au nom de quoi faudrait-il que ce devienne automatiquement celle des autres ?

 

Dès lors que l'Italie, cessant d'être l'annexe de l'Empire des Germaniques, ou bien de celui des Français, puis écartée des Balkans où elle avait voulu s'étendre, demeure péninsulaire, confinée en Méditerranée et naturellement placée dans l'orbite des puissances maritimes, pour quelle raison se confondrait-elle avec les Continentaux ? Les Pays-Bas, qui depuis toujours ne doivent leur vie qu'aux navires et leur indépendance qu'aux recours venus d'outre-mer, par quel miracle consentiraient-ils à s'absorber parmi les terriens ? Comment la Belgique, tendue à maintenir en un tout la juxtaposition des Flamands et des Wallons, depuis que, par compromis, les puissances rivales parvinrent à faire d'elle un Etat, pourrait-elle se consacrer sincèrement à autre chose ? Au milieu des arrangements succédant aux rivalités des deux grands pays riverains de la Moselle, quel souci dominant peuvent avoir les Luxembourgeois, sinon que dure le Luxembourg ? »

 

(...)


« Tout de même que la transformation de la France est réclamée à grands cris par les féodalités économiques et sociales et les partis politiques français, mais que toute réforme qui change l'ordre établi est mal accueillie par tous, ainsi l'union du continent, proclamée comme nécessaire par les milieux dirigeants de nos partenaires européens et par nos propres chapelles, se heurtera-t-elle à un mur de réserves, d'exégèses et de surenchères quand je tâcherai de lui frayer la voie. Mais je pense que, si Rome ne fut pas bâtie en un jour, il est dans l'ordre des choses que la construction de l'Europe requière des efforts prolongés ».