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Charles de GAULLE : sur André Malraux...
Charles de GAULLE - Sur André Malraux...
En face de moi est Michel Debré. A ma droite, j'ai et j'aurai toujours André Malraux. La présence à mes côtés de cet ami génial, fervent des hautes destinées, me donne l'impression que, par là, je suis couvert du terre-à-terre. L'idée que se fait de moi cet incomparable témoin contribue à m'affermir. Je sais que, dans le débat, quand le sujet est grave, son fulgurant jugement m'aidera à dissiper les ombres.
Mémoires d'espoir - Le Renouveau. Paris, Plon, 1970.
Oui ! Cette perpétuelle ressemblance de l'art à l'art, en vertu de laquelle celui-ci, comme Malraux nous l'a montré, n'est jamais changé qu'en lui-même, fût-ce par l'éternité, ces contacts privilégiés qui s'épanouissent si bien au sein de l'internationale des professeurs, ce frémissement d'espoir que chaque découverte nouvelle, quels qu'en soient les inventeurs, fait passer dans toutes les âmes, cette profonde compréhension que la culture établit entre ceux qui l'aiment et la répandent, sortent, en vérité, d'une seule et même source, commune à toute l'Humanité, celle-là même qui attire à Paris la réunion amicale de vos éminentes délégations.
Allocution prononcée à l'occasion du XXe anniversaire de l'UNESCO, le 4 novembre 1966.
8 novembre 1957
Mon cher maître,
Hier, j'ai vu André Malraux et lui ai communiqué votre lettre. Nous en avons longuement parlé. Il a, comme moi-même, compris et profondément apprécié les sentiments et la suggestion que vous exprimez au sujet de l'Académie française et, plus particulièrement, de la prochaine élection. Mais, quoi qu'il puisse penser de ce qu'il adviendra de celle-ci, il m'a dit qu'il ne ferait pas actuellement acte de candidature.
J'ai cru comprendre, qu'indépendamment des raisons de principe qu'il peut avoir pour adopter cette attitude réservée, un motif du moment le détermine à s'y tenir. Malraux est en train d'écrire un ouvrage qui l'absorbe trop complètement pour qu'il veuille s'en distraire.
Il me reste à vous assurer, mon cher maître, que votre lettre si émouvante, au point de vue national le plus élevé, m'a vivement touché et que je serais désireux de vous en parler si j'ai la fortune de vous voir lors d'un de mes passages à Paris.
Veuillez croire, mon cher maître, à ma fidèle et dévouée amitié.
Lettre au professeur Pasteur Vallery-Radot.
2 janvier 1961
Mon cher ami,
La préface que vous avez écrite pour le livre Sumer de M. André Parrot m'a élevé jusqu'au plus haut d'où l'on puisse considérer le sujet. Une fois de plus, mais plus magistralement que jamais, vous portez votre lumière sur la divine "humanité" de l'Art, c'est-à-dire sur ce qu'il a d'essentiel, d'éternelle ressemblance à lui-même et, laissez-moi ajouter : de consolant. Nous sommes faits à notre propre image, mais cette image que reflète-t-elle ?
Quant à l'ouvrage, il est très beau. J'ai été, en outre, émerveillé de tout l'enrichissement récent ajouté aux trésors antérieurement découverts.
Ma femme a, comme moi, admiré votre oeuvre et le livre que vous éclairez. Elle vous en remercie, comme je le fais, mon cher ami, en vous demandant de croire à mon admiration dévouée.
Lettre à André Malraux.
8 janvier 1966
Mon cher ami,
Que le vent souffle plus ou moins fort, que les vagues soient plus ou moins hautes, je vous vois comme un compagnon à la fois merveilleux et fidèle à bord du navire où le destin nous a embarqués tous les deux...
Lettre à André Malraux.
9 juin 1967
Mon cher Premier ministre,
J'ai retenu de notre entretien du 19 mai que les souhaits et les projets de M. Malraux, quant à la politique de la culture, sont justifiés et que les moyens dont dispose le ministère d'Etat doivent en conséquence être réévalués. Le moment vient, en effet, où il convient que notre régime fasse valoir plus nettement la culture française à tous les égards.
Je vous demande de veiller à ce que, dès le budget de l'année prochaine, il soit ménagé à ce département ministériel une part plus notable des moyens financiers de l'Etat, tant pour le renforcement de son appareil administratif que pour l'accomplissement des objectifs du Plan.
J'ajoute que l'intention manifestée par M. Malraux d'implanter sans tarder, à Belleville, une maison de la culture exemplaire, pour autant que les fonds supplémentaires indispensables à cette entreprise lui soient accordés, est certainement à entériner. [...]
Lettre à Georges Pompidou.














