LA MEMOIRE

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Jean-Pierre Lévy (28 novembre 1911 - 15 décembre 1996)

Jean-Pierre LevyNé le 28 mai 1911 à Strasbourg, Jean-Pierre Lévy est issu d'une famille juive installée en Alsace depuis deux siècles. Il est officiellement de nationalité allemande jusqu'en 1918. Mais son éducation est toute imprégnée par le patriotisme alsacien et l'attachement aux valeurs républicaines de la France. Il n'a que 11 ans à la mort de son père et choisit alors de faire des études courtes à l'Institut d'enseignement commercial supérieur de Strasbourg. Ingénieur commercial à 18 ans, il est employé d'une entreprise de filature et de tissage. C'est à cette époque qu'il noue des contacts professionnels dans de nombreuses villes du Sud-Est. En 1930, il effectue son service militaire et suit les cours de l'Ecole d'élève-officier de réserve de Poitiers.
 

 

Après avoir servi pendant la bataille de France en tant que lieutenant de réserve, il est démobilisé le 24 août 1940. Réfugié à Lyon avec sa famille, il refuse l'armistice et cherche à rejoindre la France Libre à Londres. Mais ses tentatives restent vaines. Il se rapproche très vite du petit groupe « France-Liberté », qui distribue des tracts contre l'idéologie officielle du régime de Vichy. Jean-Pierre Lévy profite de ses déplacements professionnels pour étendre ses activités au-delà de la région lyonnaise. En décembre 1941, le groupe édite un journal de 4 pages, Franc-Tireur, diffusé à 5000 exemplaires. 37 numéros seront édités et atteindront 165 000 exemplaires en 1944. Bien qu'il soit le plus jeune et le moins engagé politiquement, il va s'imposer rapidement comme le principal organisateur du mouvement Franc-Tireur, un des trois principaux mouvements de zone sud (avec Combat, et Libération-Sud). Il soutient l'action de Jean Moulin et aide à la fusion de ces mouvements sous l'autorité de général de Gaulle au sein des Mouvements Unis de la Résistance (MUR) en janvier 1943.
 

 

Plusieurs fois inquiété par les services de police, il est libéré le 24 octobre 1942 grâce au dévouement de deux de ses camarades qui le disculpent à leur dépens. En décembre 1942, il entre dans la clandestinité et se réfugie à Miribel. Il rejoint Londres en avril 1943 où il est fait Compagnon de la Libération. De retour en France en juillet 1943, il poursuit son action au sein des MUR jusqu'à son arrestation à Paris le 16 octobre 1943. Il séjourne à la prison de la Santé dont il s'évade le 11 juin 1944 à la seconde tentative. Il poursuit ensuite son action, représentant son mouvement au sein du Conseil National de la Résistance.
 

 

Après la Libération, il connaît une brillante carrière de haut fonctionnaire. Il se consacre également à de nombreuses actions sociales et caritatives, notamment en faveur des orphelins. Grand Officier de l'ordre national du Mérite, il est Grand Croix de la Légion d'Honneur. Jean-Pierre Lévy décède le 15 décembre 1996 à Paris, à l'âge de 85 ans. Ses mémoires, écrits en collaboration avec l'historienne Dominique Veillon (Mémoires d'un franc-tireur, itinéraire d'un résistant 1940-1944) paraissent en 1998.

 

Pour en savoir plus :

Biographie de Jean-Pierre Levy sur le site de l'Ordre de la Libération