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Hommage à Paul-Marie de La Gorce

Paul-Marie de La Gorce, journaliste et écrivain, est mort mercredi 1er décembre à l'hôpital américain de Neuilly, à l'âge de 76 ans. Yves Guéna, président de la Fondation et de l'Institut Charles de Gaulle, a rendu un poignant hommage au "grand historien de De Gaulle".

 

Quand tomba la triste nouvelle de la mort de Paul-Marie de La Gorce, me revint par bribes un superbe poème de Federico Garcia Lorca :

« Non, je ne veux pas le voir le sang d'Ignacio dans l'arène »

Non, nous ne pouvions accepter la disparition de cet homme en pleine possession de toute son intelligence, en pleine activité.

« Il n'y eut prince dans Séville qu'on pût lui comparer, ni épée comme son épée, ni cœur qui fût aussi vrai ».

Oui, il avait tout les talents.

Une fois pour toutes, après s'être engagé à l'âge de 16 ans, en dissimulant son âge, dans les combats de la Libération, il avait choisi la Patrie et celui qui l'incarnait.

Il fut le grand historien de De Gaulle, et son superbe ouvrage sur le Libérateur de la Patrie et le Rénovateur de la République venait d'être traduit en chinois.

Ses connaissances, ses informations - souvent exceptionnelles - il avait le talent de les exposer avec la plus grande clarté, oralement ou par écrit, sans jamais buter ni sur une idée ni sur une tournure, ni sur un mot. Sa capacité de travail était infinie : il avait tout lu ; il aura écrit sur tout, et toujours avec un égal bonheur.

Non seulement il savait les choses, mais sur tous les problèmes, sur les pays arabes dans « l'Orient compliqué » - je le sais d'expérience - ou sur la baisse des impôts en France, il avançait des idées claires, opportunes et intéressantes. Et il en discutait toujours avec une courtoisie exquise.

Danielle, vous perdez un compagnon exceptionnel et vos enfants un père attentionné. Moi, je perds un ami sur qui, depuis bientôt quarante ans, j'ai toujours pu compter.

La Fondation Charles de Gaulle qui lui doit le plus clair de son redressement sait qu'elle ne pourra le remplacer. Et les grands éditorialistes de la presse ne doutent sûrement pas qu'ils ont perdu le meilleur d'entre eux.

Nous sommes nombreux, très nombreux à partager votre deuil et à porter une part de ce lourd fardeau.

Plût au ciel que cette immense solidarité dans l'épreuve allège un peu le poids de votre peine.

Hélas « la vie sépare ceux qui s'aiment Tout doucement sans faire de bruit… »

Adieu Paul-Marie !

 

Yves Guéna