LA MEMOIRE

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Hommage à Yvon Bourges

Yvon Bourges (1921-2009)

 « Une grande figure du gaullisme et un éminent serviteur de l’Etat » : à l’annonce de la mort d’Yvon Bourges, le 18 avril, douze mots ont suffi au Président de la République pour résumer une carrière exemplaire, « marquée, selon l’ancien président Giscard d’Estaing, par la loyauté, la compétence et la fidélité à ses engagements ».
 Né à Pau en 1921, fils d’officier, il avait rejoint la Résistance dès 1940, tout en  menant à bien ses études supérieures de droit public. Attaché à la préfecture de Rennes en 1942, chef du cabinet du préfet de la Somme deux ans plus tard, il n’avait jamais donné aucun gagne au régime de Vichy – au contraire, agissant dans l’ombre, avec efficacité, en faveur des résistants. Après la guerre, il avait poursuivi sa carrière administrative en Afrique noire, où l’avait fait venir Bernard Cornut-Gentille, alors haut commissaire en AEF. Gouverneur de la Haute-Volta à 35 ans (1956), il fut à son tour nommé haut commissaire en AEF en juillet 1958. Après avoir pris part – discrètement et efficacement, comme toujours – à la lutte contre l’OAS, aux côtés de Roger Frey, qui en avait fait son directeur de cabinet en 1961, il s’était lancé en politique dès la fin de la guerre d’Algérie.
Maire de Dinard (1962), député d’Ille-et-Vilaine (1962), il avait ensuite occupé de nombreuses fonctions ministérielles, notamment ministre du Commerce (1972), puis de la Défense (1975-1980), où il s’illustra en obtenant de Valéry Giscard d’Estaing une réévaluation du budget des armées et en contribuant au lancement du premier sous-marin nucléaire, L’Inflexible. Il avait été également député européen (1973-1975), sénateur (1980-1998) et président du conseil régional de Bretagne (1986-1998). Président du Mouvement Paneuropéen depuis 1993, convaincu que l'avènement de l'Europe était un grand projet politique pour les Français à l'aube du XXIe siècle, il avait publié en 1999 L’Europe notre destin (Hachette), où il analysait les conditions du succès de cette grande entreprise.
Dans l’éloge qu’il a prononcé à Saint-Louis des Invalides, lors de ses obsèques, le 23 avril, Valéry Giscard d’Estaing a souligné qu’il avait été « constamment inspiré par ce qu’il considérait comme le gaullisme, qui n’était pas pour lui l’appartenance à un parti, moins encore à un clan, mais le service de ce que le général de Gaulle avait défini comme une certaine idée de la France. »
François Broche