LA MEMOIRE

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Jean DUTOURD (14 janvier 1920 - 17 janvier 2011)

Anti-conformiste, à la fois anarchiste, monarchiste et gaulliste, Jean Dutourd, disparut le 17 janvier 2011. Son franc-parler et son esprit de résistance jalonnent toute sa vie.

Il s’engagea dans la guerre en 1940 à 20 ans, fait prisonnier, il s’évade rapidement et retourne à Paris. Il étudie alors la philosophie à la Sorbonne et se marie avec Camille Lemercier, puis s’engage dans la Résistance. Il est arrêté mais à nouveau s’échappe et peut participer à la Libération de Paris. Dès 1945, il se consacre à l’écriture. On lui doit plusieurs dizaines de romans, dont certains inspirés par son expérience de la guerre. Il collectionne les prix littéraires : prix Stendhal, Interallié… Ses lecteurs retiennent aujourd’hui, sa langue satirique, souvent polémique et son ironie ébouriffante, sa morgue à dénoncer la médiocrité de son temps.

Jean Dutourd fut conseiller littéraire chez Gallimard, éditorialiste et critique chez France-Soir. Il prit aussi sa place au sein du média radiophonique en assurant une chronique sur Radio-Courtoisie et en intervenant quotidiennement dans l’émission de Philippe Bouvard « Les Grosses Têtes ». Jean Dutourd est ainsi l’homme qui détonne et peut passer du coq à l’âne, de la provocation à la morale, du naturel à l’élégance, du juron désuet aux familiarités modernes.

Jean Dutourd partage avec le général de Gaulle, qu’il admire, la passion pour son pays et pour la langue française et engage sa vie à les défendre. La reconnaissance de son génie des mots et de son amour de la langue française par ses pairs est manifestée le jour de son élection à l’Académie Française, le 30 novembre 1978. Il y prend la suite de Jacques Rueff.

« Le seul bon auteur (à part moi) est un auteur mort » dit un jour Jean Dutourd, ne le détrompons pas ! Affirmant encore cela, continuons à nous réjouir de lire ses pamphlets mordants, son humour haut en couleur et sa plume infatigable.