La Boisserie : la rencontre Adenauer/de Gaulle. 1958.
Quand La Boisserie devient un lieu de pouvoir au service de la réconciliation franco-allemande.
En 1934, le commandant de Gaulle et son épouse acquièrent une résidence – La Boisserie – dans le petit village de Colombey-les-Deux-Églises. Là, le Général se réfugie pour affronter la "traversée du désert" et y rédige ses Mémoires de guerre.
Devenu président de la Cinquième République, le général de Gaulle s’installe à l’Élysée, mais n’en revient pas moins régulièrement passer le week-end à La Boisserie, qui reste un lieu presque exclusivement privé, à une exception près.
En effet, à son retour au pouvoir, Charles de Gaulle et Konrad Adenauer entament une série de contacts chaleureux qui marquent le début de la réconciliation franco-allemande. Pour signifier le caractère amical des rapports qu’il entretient avec le Chancelier de la République fédérale allemande, le général de Gaulle le convie – en septembre 1958 – dans l’intimité de La Boisserie. C’est la seule visite officielle d’un chef d’État jamais faite à Colombey-les-Deux-Églises.
Le général de Gaulle témoigne de cette visite dans ses Mémoires d’espoir :
« Dès qu’il comprend que mon retour est une autre chose qu’un épisode, le chancelier demande à me voir. C’est à Colombey-les-Deux-Églises que je le reçois, les 14 et 15 septembre 1958. Il me semble, en effet, qu’il convient de donner à la rencontre une marque exceptionnelle et que, pour l’explication historique que vont avoir entre eux, au nom de leurs deux peuples, ce vieux Français et ce très vieil Allemand, le cadre d’une maison familiale a plus de signification que n’en aurait eu le décor d’un palais. Ma femme et moi faisons donc au chancelier les modestes honneurs de La Boisserie. »
(Mémoires d’espoir, "Le Renouveau, L’Europe", Bibliothèque de La Pléiade, p. 1032)
C’est dans la bibliothèque que de Gaulle trouve la mort le 9 novembre 1970. Le cimetière de Colombey-les-Deux-Églises accueille les tombes du Général et de sa famille.














