LA MEMOIRE

LIEUX

SYMBOLES



La statue du général de Gaulle sur les Champs-Elysées

La statue du général de Gaulle sur l’avenue des Champs-Élysées à Paris, une œuvre de Jean Cardot.


C’est en 1998 que les membres du congrès de l'Association des Français libres, réunis Colombey-les-Deux-Églises, s’interrogent sur la nécessité de laisser à la postérité un souvenir tangible de leur action résistante. Le meilleur symbole : une statue du général de Gaulle, le chef de la France libre. Pourtant, la famille s’était toujours opposée à voir rendu un tel hommage, selon le vœu même du Général. L'Amiral Philippe de Gaulle donne pourtant son accord : plus d'un demi-siècle après la fin de la Guerre, près de trente ans après la disparition du Général, il est désormais temps d’élever une statue en l’honneur de l’homme du 18 juin.

Une souscription nationale est-elle ainsi lancée et Jacques Chirac est désigné président d'honneur.

Trouver l’emplacement idéal de la future statue fut un pari difficile : on avait alors envisagé de placer la statue au milieu de l'avenue des Champs-Élysées, mais cette solution posait un problème insoluble : ou le Général faisait face à l'Étoile – c'est-à-dire en sens inverse de la marche du 25 août – ou il regardait vers la Concorde – c'est-à-dire en tournant le dos aux défilés militaires.

Finalement, on choisit une avancée du trottoir, place Clemenceau, à l'angle des Champs-Élysées, de l'avenue Winston Churchill et l'avenue du général Eisenhower, au débouché de la station de métro. C’est un lieu symbolique, chargé de mémoire : il accueille chaque année la cérémonie parisienne de célébration du 11 novembre ; en 1944, Winston Churchill et le général de Gaulle y avaient déposé une gerbe au pied de la statue de Clemenceau. D’ailleurs, tout près de là, devant le Petit Palais, se trouve la statue de Churchill inaugurée en 1998.


Pour désigner le futur réalisateur de la statue, un concours a été organisé pour départager les sculpteurs. C’est Jean Cardot, qui a notamment signé la statue de Winston Churchill inaugurée en 1998 près du Petit Palais, qui est désigné.

 


Biographie de Jean Cardot, le sculpteur de la statue du  général de Gaulle.


Né le 20 juillet 1930 à Saint-Étienne (Loire), il vit et travaille aujourd'hui à Paris.

- Membre de l'Institut depuis 1983
- Chevalier de la Légion d'Honneur
- Commandeur dans l'Ordre des Arts et Lettres
- Président de l'Académie des Beaux-Arts (1992 et 1996)
- Professeur, Chef d'atelier de sculpture à l’école Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (1975-1995) et à l'École Nationale des Beaux-Arts de Lyon (1961-1964).
- Directeur des " Ateliers Beaux-Arts de la Ville de Paris " (inspecteur depuis 1983)


- Prix de Paris de la Ville de Lyon (1949)
- Premier Second Grand Prix de Rome (1956)
- Pensionnaire de la Casa Vélasquez (1957-1959)
- Prix de Brantôme (1961)
- Prix Antoine Bourdelle (1961)
- Prix Paul Baudry, Fondation Taylor (Mai 1989)


 Expositions et commandes publiques :
- 1961 : Bas-reliefs, Collège de Firminy
- 1963 : Terre cuite, Groupe scolaire, Saint-Bonnet-le-Château
- 1964 : Sculptures, Groupe scolaire des Vernes, Rive-de-Gier ; Groupe scolaire du Grand-Pont, Rive-de-Gier Usine Orega, Gray
- 1966 : Exposition personnelle, Galerie Hervé, Paris/Sculptures, Groupe scolaire de Beaulieu, Saint-Étienne
- 1967 : Le Taureau mourant, C.E. S. La Terrasse, Saint-Étienne
- 1968 : Sculptures, C.E.T., Poissy; C.E.T., Issoire
- 1969 : Exposition personnelle, Galerie Hervé, Paris/Sculpture-fontaine, C.S.U., Saint-Étienne
- 1971 : Exposition personnelle, Galerie Malaval, Lyon/Sculpture, C.E.T., Créteil
- 1972 : Sculptures, C.E.G., Panissière -, C.E.S., Saint-Martin-d'Heres
- 1973 : Sculpture-fontaine, Centre d'animation, Trappes/Sculptures, C.E.G., Largentière; C.E.T., Cambrai
- 1974 à 1977 : Expositions, Salon de Mai et Salon de la Jeune Sculpture, Paris
- 1974 : Sculptures, C.E.T., Colombes; C.E. S. La Talaudière, Saint-Étienne
- 1975 : Monument à la Résistance et à la Déportation du Val de Marne, Créteil
- 1976 : Exposition personnelle, Galerie Malaval, Lyon/Sculptures, Lycée de Denain; C.E.S. Marie Curie, Troyes-les-Chartreux
- 1977 : Expositions, Evreux; La Courneuve, Regard 77, Caen : Hommage à Saint-Exupéry, Lycée Saint-Exupéry, Créteil : Hommage à Jean Vilar, Lycée Jean Vilar, La Courneuve : Hommage à Jules Valès, C.E. S., Saint-Étienne : Sculpture, Le Lamentin en Guadeloupe
- 1978 : Monument à la Liberté, Créteil sculpture, siège de la B.N.P., Londres 1979 : Ensemble sculpté, Lycée Jules Uhry, Crefl
- 1980 : Ensemble jeu, sculpture, Ecole maternelle, rue Saint-Jacques, Paris
- 1982 : Sculpture, Lycée hôtelier, Blois
- 1983 : Exposition collective, Onze sculpteurs à Franconville
- 1984 : Sculpture, centrale nucléaire, Paluel 1985 Exposition personnelle, Galerie Malaval, Lyon
- 1987 : Sculpture, centrale nucléaire, Cattenom : Rose des vents, Ecole maternelle Ile-de-la-Jatte, Neuilly-sur-Seine
- 1988 : Main en bronze, Sarrebourg
- 1990 : Grande Duchesse Charlotte de Luxembourg, Luxembourg : Exposition, Galerie Clairefontaine, Luxembourg
- 1991 : Envol, Coignières-Maurepas : Pierre de Coubertin, Comité National Olympique et Sportif français, Paris 13è/Exposition personnelle, Galerie Fondation Taylor, Paris
- 1993 : La Semeuse, Caisse d’épargne, Saint-Étienne
- 1998 : Monument en hommage à Winston Churchill, Paris
- 2000 : Statue en hommage au général de Gaulle, Paris


Pour en savoir plus sur Jean Cardot : Henry Bonnier, Jean Cardot, éditions Adam Biro, Paris, 2000



L’ambition de Jean Cardot est de faire revivre "le de Gaulle de son enfance".
Au cours de ces travaux préparatoires, il se confronte à quelques remarques anecdotiques de la part des membres du jury, et notamment de l'Amiral de Gaulle : "on ne voit pas la cravate, ni la croix de Lorraine qui était épinglée sur sa veste ce 26 août 1944 !". Cependant, l'Amiral de Gaulle a finalement déclaré à Jean Cardot "Je vous fais confiance". "L'amiral possède en effet cette qualité d'homme rare" avoue le sculpteur.
La maquette finale est achevée : un plâtre d'1mètre 60 dont l'agrandissement va servir à réaliser la version grandeur nature de la statue (3,70 mètres et 3,85 mètres pour le socle).

C’est à la Fondation Coubertin, à Saint-Rémy-lès-Chevreuse, qui abrite la fonderie d'art que la statue a été façonnée. Sur le socle, des formules prononcées par le général de Gaulle sont inscrites : du côté de l'Étoile, un extrait tiré des Mémoires de guerre : "Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde." Du côté de la Concorde figure le "Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré..." que le Général prononça à l’Hôtel de Ville 26 août 1944.

La statue est installée à son emplacement définitif en novembre 2000. Le 9 novembre, elle est inaugurée en présence du Président de la République Jacques Chirac, du Chancelier de l'Ordre de la Libération Jean Simon et du maire de Paris Jean Tiberi.

 


Extraits du discours de Jacques Chirac, Président de la République :

"L'héritage du gaullisme, c'est une certaine idée de la démocratie qui sous-tend nos institutions. Par trois fois, en 1945 quand il donna aux femmes le droit de vote, en 1958 quand il fit adopter la nouvelle Constitution, en 1962 quand il voulut que le président de la République soit élu par tous les citoyens, c'est la confiance dans le peuple souverain qui a inspiré le fondateur de la Ve République. [...] L'héritage du général de Gaulle, c'est la volonté d'unité et le respect de l'autre. [...] La France qu'il a reconstruite était une France de concorde. L'union n'était pas seulement une réponse aux temps de crise, mais l'idée même qu'il se faisait de notre nation."


Extraits du discours du Général Simon, Chancelier de l'Ordre de la Libération :

"Imaginez ce que représenta pour nous l'Appel du 18 juin. C'était un appel de trois cents mots, trois cents mots seulement, des mots très simples qui répondaient aux rêves têtus de ceux qui ne voulaient pas admettre que la défaite fut définitive. Trois cents mots qui refusaient la résignation, l'humiliation, trois cents mots qui appelaient tous les Français, de France et hors de France, à venir rejoindre à Londres un soldat sans crédit particulier pour reprendre le combat, car "rien, disait-il, n'est perdu pour la France.Trois cents mots qui, à l'évidence du désastre, substituaient l'intuition de la victoire. Cet appel si étonnant, si audacieux, fut un jalon sur notre route : pour nous, il n'y avait plus d'errance, il n'y avait que l'espérance avec laquelle nous venions de renouer."