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Inauguration du Musée Charles de Gaulle à Lille - 1983

INAUGURATION DU MUSÉE CHARLES DE GAULLE A LILLE – 20 NOVEMBRE 1983

Discours de G. de Courcel :



« De Gaulle était un homme du Nord. Il l'était par sa famille maternelle comme par sa naissance à Lille... »

« Il l'était aussi par le caractère élevé de son patriotisme. Il m'a toujours paru que le souvenir de Faidherbe (lui aussi Lillois) avait marqué ses vacances d'enfant... »

« De Gaulle est aussi un homme du Nord en raison de ses préoccupations économiques... il est aussi un homme du Nord par sa préoccupation sociale, par ce souci de fraternité qui est en lui. »

C'est en ces termes que le président Gaston Palewski préfaçait en quelque sorte l'exposition Charles de Gaulle en juin 1980 à Lille et annonçait «la présentation permanente » de la maison natale de Charles de Gaulle, 9, rue Princesse, « lorsqu'elle aura été restaurée ».

Depuis le 20 novembre 1983, c'est chose faite.

Grâce à la participation efficace et généreuse de la municipalité de l'île de Sein, du journal La Voix du Nord, du Mobilier national, de la société Citroën, de la Ville de Paris...

Grâce aussi à une petite équipe de bénévoles qui, depuis plus de trois ans, a permis avec foi et abnégation, patience et obstination, la restauration et l'implantation des multiples composantes du musée ; grâce à tous ceux qui, à quelque corps de métier qu'ils appartiennent, ont travaillé avec enthousiasme et conviction à l'aménagement de la rue Princesse...

Grâce enfin à Mlle Wouters qui, depuis des années, a veillé et veille jalousement et avec un enthousiasme rare auquel il convient de rendre hommage, sur la maison du Général.

Le 20 novembre dernier, donc, le musée était inauguré ; Il revenait à M. Geoffroy de Courcel, vice-président de l'Institut, représentant le président Gaston Palewski, victime d'un malencontreux accident, d'accueillir tous ceux qui, de près ou de loin, ont participé à i|a mise en place du musée : les personnalités officielles dont M. Pierre Mauroy, en sa qualité de maire de Lille, les membres de l'Institut enfin et surtout l'amiral de Gaulle entouré des parents du Général.

Parmi les excusés, M. Jacques Vendroux, frère de Mme de Gaulle, M. Jules Maillot que le froid en ce 20 novembre a tenu éloignés de la rue Princesse.

Excusés aussi le général et Mme de Boissieu.

C'est avec un vif sentiment de curiosité, d'intérêt eu égard à l'aspect historique du musée, que les présents visitèrent d'abord la maison natale de Charles de Gaulle, à commencer par l'ancien atelier de dentelle


De la famille du général de Gaulle étaient, entre autres, présents le 20 novembre 1983 :

  • L'amiral Philippe de Gaulle
  • M. et Mme Anthonioz de Gaulle
  • M. et Mme Henri Cailliau
  • M. Joseph Cailliau et sa fille Mme Albert
  • Portera venue spécialement de Madrid
  • M. Rerolle
  • Mme Louis Tardif
  • Mme Dutoyat Tardif et ses trois filles
  • M. et Mme Hubert Tardif
  • M. et Mme Wache (née de Corbie)
  • Mme Daniel de Bosquillon de Jenlis (née de Corbie)
  • M. Philippe Jaspar
  • M. et Mme Paul  Desrousseaux-Jaspar
  • Mlle Lucie Maillot
  • M. Jean Maillot
  • M. et Mme Jacques Maillot
  • Mme Louis Watrigant
  • M. et Mme Michel Debré-Watrigant et leur fils Bertrand
  • Mme Jacques Watrigant-Maillot
  • Mme Alliaume-Watrigant
  • M. et Mme Marc Maillot et leurs trois filles
  • Mlle Monique Maillot


M. et Mme Alain Maillot appartenant au grand-père du Général et qui abrite désormais les rétrospectives chronologiques et photographiques de la vie du Général. C'est en se dirigeant vers l'autre corps de bâtiment du 9 de la rue Princesse que devait être dévoilé, dans la cour, elle aussi restaurée, le buste du Général par André Journet et qui se dresse sur un bloc de granit de l'ancien phare de l'île de Sein, détruit par les Allemands le 4 août 1944.

Est-il utile de rappeler que les Sénans furent parmi les tout premiers à rejoindre Londres après avoir entendu l'Appel et que l'île de Sein a été faite Compagnon de  la Libération... Symbole entre un passé toujours présent et l'avenir personnifié par Nicolas Masurel, 12 ans, petit-fils d'Antoine Masurel, Compagnon de la Libération, qui dévoila le buste recouvert pour la circonstance, autre symbole, du drapeau de la Section Nord des Forces Françaises Libres. Puis devant la véranda, les invités s'attardèrent devant la voiture où le Général et Mme de Gaulle avaient pris place le 22 août 1962, jour de l'attentat du  Petit-Clamart ; puis, au premier étage, ils découvrirent la robe de baptême et le berceau de Charles de Gaulle.

Sobre, émouvante dans sa simplicité fut l'inauguration du musée de la rue Princesse à Lille. Comme toute chose est perfectible, qu'il nous soit permis de souhaiter que ce musée s'enrichisse de documents, d'objets qui évoquent, comme le Général se voulait être, « le Petit Lillois de Paris ».

Les amis de l'Institut, arrivés en fin de matinée, devaient à leur tour se rendre rue Princesse, où ils auraient aimé s'attarder ; ils visitèrent ensuite la très belle citadelle, construite sur les plans de Vauban. Avant de regagner Paris, ils s'arrêtèrent à Villeneuve-d'Ascq pour déposer une gerbe au pied du monument élevé près de la voie ferrée à la mémoire des victimes du massacre d'Ascq, perpétré par les Waffen SS du lieutenant Hauck.

Pas une famille de Villeneuve-d'Ascq ne fut épargnée en cette nuit tragique du 1er au 2 avril 1944, à l'origine le sabotage de la cabine d'aiguillage au point kilométrique 7/530 sur la ligne de Lille à Tournai. 86 fusillés, adultes et jeunes. Bref hommage, certes sans protocole, mais combien poignante fut la minute de silence alors que la nuit tombait sur Villeneuve-d'Ascq, et qu'en ce 20 novembre 1983 les pensées des amis de l'Institut Charles de Gaulle se portaient 39 ans en arrière, vers cette sinistre nuit du 1er au 2 avril 1944, durant laquelle 86 adultes dont 22 cheminots et jeunes furent fusillés ; le plus âgé, Pierre Briet, avait 74 ans, le plus jeune, René Trackoen, n'avait pas encore 16 ans.

20 novembre 1983, une date qui restera présente dans la mémoire de tous ceux qui demeurent attachés à l'action, à l'œuvre, à la pensée du général de Gaulle.