LA MEMOIRE

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SYMBOLES



Présentation des aménagements la maison de Lille

 

La maison natale du général de Gaulle



La Fondation Charles de Gaulle a entrepris en 1995, avec le concours du ministère de la Culture, un projet culturel visant à faire de la maison natale du général de Gaulle un lieu de mémoire consacré à celui qui par deux fois a redonné à la France sa grandeur, mais aussi un monument d'histoire régionale représentatif de la bourgeoisie catholique lilloise de la fin du XIXe siècle. La première tranche de ce projet, qui s'appuie sur une enquête historique menée en particulier auprès des membres de la famille ayant connu la maison à l'époque de la naissance du Général, a pu être réalisée grâce au mécénat de la banque Scalbert-Dupont et a permis la restitution de l'ameublement de la maison. La deuxième tranche verra l'ouverture d'un centre de documentation multimédia interactif et d'un espace destiné à recevoir des expositions et des conférences.



Au XIXe siècle, les enfants naissaient souvent sous le toit familial. Ce fut le cas de Charles de Gaulle, dont la mère vint accoucher à Lille, chez ses parents Monsieur et Madame Jules Maillot. Fils de Jeanne Maillot et d'Henri de Gaulle, le petit Charles possédait des attaches solides avec le Nord par sa mère, dont les ancêtres habitaient Valenciennes depuis le début du XIXe siècle et par son père dont la famille avait résidé dans cette même ville de 1834 à 1841. Le père du futur Général avait épousé en 1886 sa cousine en l'église Saint-André où Charles devait être baptisé le jour de sa naissance le 22 novembre 1890.

La maison acquise en 1872 par Jules Maillot, le grand-père du Général comporte 25 pièces. En forme de U, dont la base se trouve sur la rue, elle se divise en deux parties distinctes : la partie droite nommée « petite partie » (anciens ateliers) et le côté gauche « grande partie », reliés par une pièce située au-dessus de la porte cochère permettant le passage entre les deux maisons. Cette même année, dans la partie droite de la maison est installé un atelier de fabrication de tulles et de guipures, dont Monsieur Maillot est propriétaire. On y confectionne aussi des tentures, des couvre-lits et des châles de dentelle noire. En 1878, il cède son affaire et les anciens ateliers sont transformés en pièces fonctionnelles, telles qu'une buanderie et une salle de jeu pour les enfants.

Si à la fin du XIXe siècle, la bourgeoisie se fait construire et aménager de somptueux hôtels particuliers, la demeure des Maillot n'affiche pas un tel luxe. Les finances de Madame Maillot, veuve en 1891, lui assurent un certain confort, mais elle n'est pas attirée par le luxe. Elle attache beaucoup plus d'importance à sa famille et à Dieu qu'aux objets matériels. La demeure de la rue Princesse est donc la maison d'une personne âgée et très pieuse. Les journées de Madame Maillot sont faites d'habitudes. Elles débutent par la messe de 7 heures à l'église Saint-André ; les menus sont semblables d'une semaine sur l'autre et sont servis à heures fixes. Comme le rappelle Jules Maillot, son fils, Madame Maillot ne connaît « que le côté sérieux de la vie ». Ces horaires réguliers ne sont troublés que par les visites de ses enfants et petits-enfants.

Bien que la famille de Gaulle n'ait jamais habité la maison, Charles reviendra de nombreuses fois chez sa grand-mère à l'occasion des vacances de Pâques, de la Saint-Nicolas et au mois de septembre pour la foire de Lille. Il en gardera un souvenir si chaleureux que, sur la fin de sa vie, il reconnaîtra que ses meilleurs moments furent sans doute ceux qu'il avait connus dans la demeure familiale de la rue Princesse.



Le rez-de-chaussée

L'accès à la demeure se faisait par le vestibule, mais les visiteurs attendus pénétraient également par le petit salon qui donne directement sur la cour. En effet, ce salon intime et confortable était une pièce de réception. Madame Maillot s'y tenait souvent pour recevoir ses visiteurs et s'entretenir avec eux, mais aussi pour lire. Ce petit salon commande l'accès du grand salon.

Beaucoup moins sombre que le petit salon, car bénéficiant de la lumière de deux grandes fenêtres, le grand salon est décoré de portraits de famille. On y trouve le portrait des deux grand-mères Mac Cartan, un petit médaillon figurant Madame Maillot-Kolb, arrière-grand-mère du Général, un dessin représentant Andronic Mac Cartan, son épouse Françoise Flemming et leurs enfants, ainsi que deux copies des portraits de Marie-Anne Creuze, ascendante d'Henri et Jeanne de Gaulle et de son époux Charles Sagniez.

Ce grand salon était à la fois une pièce de réception, de repos et de distraction. On note la présence d'un piano. La grand-mère du Général n'en jouait sûrement pas, laissant ce soin à ses enfants. En effet, Madame Maillot disait aimer les arts et les « productions de l'esprit », à condition « qu'ils pussent mener à Dieu ». Aussi, s'empressait-elle d'aller vérifier ce qui se passait au salon lorsqu'elle entendait jouer du piano. Elle était d'ailleurs tout aussi méfiante en ce qui concerne le théâtre, qu'elle considérait comme « la maison du diable » et la danse qu'elle interdisait à ses enfants. Les enfants n'étaient admis au salon qu'à de très rares exceptions : pour réciter leur compliment devant leurs parents et grands-parents par exemple.

C'est dans la salle à manger, autour de la table en acajou qui était très certainement celle présentée aujourd'hui, que se réunissaient pour de grands déjeuners les familles Maillot, de Corbie et de Gaulle. La desserte-buffet existait également au moment de la naissance de Charles de Gaulle. Parfois, en été, les repas avaient lieu dans la véranda.
La véranda était une pièce particulièrement appréciée en raison de sa clarté. Elle permettait de profiter du jardin tout en restant à l'intérieur. Elle servait parfois de salle à manger, mais on s'y tenait surtout pour lire et converser. Les enfants y étaient accueillis lorsqu'ils rendaient visite à leur grand-mère.




Le premier étage


La première pièce sur la droite était réservée à la couture et au repassage et assurait donc la fonction de lingerie. Elle était à ce titre essentiellement fréquentée par la femme de chambre.

La chambre de Madame Maillot communiquait directement avec un cabinet de toilette. Cette vaste pièce, qui comportait une alcôve, était décorée de cadres pieux et de crucifix qui, comme dans toutes les autres pièces, conférait à la demeure une ambiance de grande piété. Madame Maillot, en femme stricte et prude, n'a certainement pas cédé sa chambre à sa fille lors de l'accouchement de cette dernière. C'est donc dans la chambre suivante que Charles de Gaulle vint au monde.
La chambre natale n'était pas différente des autres. Un lit bateau double en acajou, une commode toilette, une travailleuse, des statues de saints, un crucifix, des cadres pieux en assuraient la décoration. Le berceau de Charles de Gaulle y est aujourd'hui présenté.

À côté de la chambre natale, se trouve une pièce de communication où est aujourd'hui exposée la robe de baptême de Charles de Gaulle.



Le jardin


Les témoignages recueillis auprès des membres de la famille ayant connu la maison au début du siècle décrivent très précisément le jardin. En effet, il a laissé aux jeunes habitants de la rue Princesse le souvenir d'un lieu de jeux, de bonheur et de gaîté qui faisait oublier l'austérité de la maison. Le jardin a subi de nombreuses transformations depuis la naissance de Charles de Gaulle. À l'époque, il comportait deux pelouses : une grande pelouse ovale au centre entourée d'une allée, une petite pelouse parsemée de quelques fleurs et de petits arbustes en face de la véranda. Neuf arbres y étaient plantés. Des buissons de houx dissimulaient le mur du fond. Les hauts murs entourant le jardin étaient bordés d'arbustes et de végétation diverse dont une vigne qui s'étendait sous la marquise.
Un petit kiosque à musique occupait le coin gauche du jardin. On y rangeait les outils de jardinage et les jouets encombrants, mais c'était également un refuge pour les enfants.




Les anciens ateliers


À l'époque de la naissance de Charles de Gaulle, les anciens ateliers étaient composés d'une pièce avec un point d'eau et des toilettes pour les domestiques. Contre le mur de cette pièce, à l'extérieur, était installée une petite fontaine.
La pièce suivante était une buanderie divisée en deux parties où on lavait le linge qui n'y séchait que lorsque le temps ne permettait pas de l'étendre au fond du jardin.

Enfin, la dernière pièce était la salle de jeu réservée aux enfants. Éclairée par plusieurs fenêtres, cette pièce présentait un aspect vieillot en raison de son plancher raboteux. Le mur du fond était entièrement couvert de rayonnages où s'alignaient des livres pieux et austères. Un jeu de grenouille s'y trouvait également. Cette salle de jeu fut le théâtre de batailles de soldats de plomb, mais également le décor de pièces de théâtre écrites et jouées par les enfants de la demeure.

Y sont présentés (…) quelques objets personnels, et la DS présidentielle dans laquelle se trouvaient le Général, madame de Gaulle et le général Alain de Boissieu, leur gendre, lors de l'attentat du Petit-Clamart le 22 août 1962.